INFLUENCE DU CARACTÈRE DU DELINQUANT
féroces par im simple motif de curiosité, d'imitation, d'amusement ? Quatrième indice d'un caractère dangereux, cruauté grahdte.
5. Le temps est particulièrement favorable au développement des motifs tutélaires. Dans le premier assaut d'une passion, comme dans un coup de tempête, les sentiments vertueux peuvent pUer un moment: mais si le coeui- n'est pas perverti, la réflexion leur rend bientôt leur première force, et les ramène en triomphe. S'il s'est écoulé im temps assez long entre le projet du crime et son accomplissement, c'est une preuve non équivoque d'ime méchanceté mûrie et consolidée. Cinquième indice d'un caractère dangereux, préméditation.
6. Le nombre des complices est une autre marque de leur dépravation. Ce concert suppose réflexion, réflexion longtemps et particulièrement soutenue. La réimion de plusieurs personnes contre un seul innocent montre de plus une lâcheté cruelle. Sixième indice d'un caractère dangereux, conspiration.
A ces moyens d'aggravation on peut en ajouter deux autres moins faciles à classer : \a fausseté et la violation de confiaiice.
La fausseté imprime au caractère une tache avilissante et profonde, que même de biillantes qualités n'effacent pas. L'opinion pubHque est juste à cet égard. La vérité est un des premiers besoins de l'homme : c'est un des éléments de notre existence ; eUe est pour nous comme la lumière du jour. À chaque instant de notre vie, nous sommes obligés de fonder nos jugements et d'asseoir notre conduite sur des faits parmi lesquels il n'en est qu'un petit nombre dont nous puissions nous assurer par nos propres observations. Il s'ensuit la nécessité la plus absolue de nous fier aux rapports d'autrui. Y a-t-il dans ces rapports un mélange de fausseté, dès lors nos jugements sont erronés, nos démarches fautives, nos attentes trompées, xs'ous vivons dans ime défiance inquiète, et nous ne savons plus où chercher notre sûreté. En im mot, la fausseté renferme le principe de tous les maux, puisqu'elle amènerait enfin dans son progrès la dissolution de la société humaine.
L'importance de la vérité est si grande, que la moindre ^"iolation de ses lois, même en matières frivoles, entraîne toujom's im certain danger. Le plus léger écart est déjà ime atteinte au respect qu'on lui doit. C'est ime première transgression qui en facilite ime seconde, et familiarise avec l'idée odieuse du mensonge. Si le mal de la fausseté est tel dans les choses qui n'importent point par elles-mêmes, que sera-t-il dans les occasions majeures où elle sert d'instrument au crime ?
La fausseté est une circonstance, tantôt essentielle à la nature du délit, tantôt simplement accessoire. Elle est nécessairement comprise dans le parjure, dans l'acquisition frauduleuse et toutes ses
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modifications. Dans les autres délits, eUe n'est que collatérale et accidentelle. Ce n'est donc que par rapport à ces derniers qu'elle peut fournir wa. moyen séparé d'aggravation.
La violation de confiance se rapporte à une position particulière, à un pouvoir confié qui imposait au délinquant quelque obligation stricte qu'U a violée. On peut la considérer, tantôt comme le délit principal, tantôt comme un délit accessoire. H n'est pas nécessaire d'entrer ici dans ces détails.
Faisons ici une observation générale sur tous ces moyens d'aggravation. Quoiqu'ils fournissent tous des indices défavorables au caractère du délinquant, ce n'est pas ime raison pour augmenter proportionnellement la peine. Il sufiira de lui donner une certaine modification qui ait quelque analogie avec cet accessoire du délit, et qui serve à réveiller dans l'àme des citoyens une antipathie salutaire contre cette circonstance aggravante. Ceci deviendra clair quand nous traiterons des moyens de rendre les peines caractéristiques*.
Passons maintenant aux atténuations qiu peuvent se tii'er de cette même source, et qui ont pour effet de diminuer plus ou moins la peine. J'appelle ainsi les circonstances qiu tendent à diminuer l'alarme, parce qu'elles fournissent un indice favorable par rapport au caractère de l'individu. On peut les réduire à neuf.