ET D ANTIPATHIE. U
sympathie doivent se soumettre à liii pour ne pas devenir malfaisantes : mais il est à lui-même son propre régulateur ; il n'en admet point d'autre, et il est impossible de lui donner trop d'étendue.
Résumons. Le principe de Vascétisme heiu'te de fi'ont celui de V utilité. Le pri^icipe de sympathie ne le rejette ni ne l'admet, il n'en tient aucun compte, il flotte au hasard entre le bien et le mal. — L'ascétisme est tellement déraisonnable, que ses plus insenséssectateurs ne se sont jamais avisés de le suivre jusqu'au bout. Le principe de sym^îathie et d'antipathie n'empêche pas ses partisans de recomii- à celui de l'utilité. Ce dernier seul ne demande et ne souffre aucune exception. Qui non sub me, contra me : voilà sa devise. Selon ce principe, la législation est xme afiaire d'observation et de calcul : selon les ascétiques, c'est luie afiaire de fanatisme : selon le principe de sympathie et d'antipathie, c'est une affaire d'humeiu-, d'imagination et de goût. Le premier doit plaii'e aux philosophes ; le second aux moiues ; le troisième au peuple, aux beaux-esprits, au vulgaire des moralistes et aux gens du monde.
SECTION II
DES CAVS£S d'antipathie.
Ce piincipe exerce un si grand ascendant en morale et en législation, qu'il est important de remonter aux causes secrètes qui lui donnent naissance,
Premijère CArsE, Répugnance des sens. Eien n'est plus commun que la transition d'une antipathie physique à une antipathie morale, surtout dans les esprits faibles. Une foule d'innocents animaux souffrent ime persécution continuelle, parce qu'ils ont le malheur de nous paraître laids. Tout ce qui est inusité peut exciter en nous un sentiment de dégoût et de haiae. Ce qu'on appelle un monstre n'est qu'un être qui n'est pas conformé comme tous ceux de sou espèce. Des hermaphrodites, qui ne savent à quel sexe ils appartiennent, sont regardés avec une sorte d'horreur, imiquement parce qu'ils sont rares,
Secoxde cause. Orgtteil blessé. Celui qui n'adopte pas mon opinion déclare indii'ectement que sur ce point il fait peu de cas de mes lumières. Une pareille déclaration offense mon amoui*-propre, et me montre un adversake dans un homme qui non-seulement me témoigne ce degré de mépris, mais encore qui propagera ce mépris à proportion de ce qu'il fera triomjAer son opinion siu' la mienne.
Tnoisij-niE CAUSE, Puissance repoussée. Quand notre vanité ne souffrirait pas, nous sentons par la différence des goûts, par la résistance des opinions, par le choc des intérêts, que notre puissance