PROPORTION ENTRE LES DELITS ET LES PEINES
épargner au malade mi degré de doulem% laisserait la guérLson imparfaite ? Serait-ce ime humanité bien entendue que d'ajouter à la maladie le toui-ment d'une inutile opération ?
Deuxième règle. Plus il manque à la peine, du côté de la certitude, plus il faut y ajouter du côté de lu gramleur.
On ne s'engage dans la carrière du crime que par l'espoir de l'impunité : quand la peine ne consisterait qu'à ôter au coupable le finit de son crime, si cette peine était immanquable, il n'y aurait plus de tel crime commis ; car quel homme assez insensé voudrait eouiir le risque de le commettre avec la certitude de n'en pas jouir, et la honte de l'avoir tenté ? Mais il se fait un calcul de chances poiu' et contre, et il faut donner ime plus grande valeur- à la peine pour- eontre-balancer les chances de l'impunité.
Il est donc vi-ai aussi que plus on peut augmenter la certitude de la peine, plus on peut en diminuer la grandem-. C'est un avantage qui résulterait d'une législation simplifiée et d'une bonne procédure.
Par la même raison, il faut que la peine soit aussi près du crime qu'il est possible ; car son impression sxu' l'esprit des hommes s'affaiblit par l'éloigiiement, et d*ailleiu-s la distance de la peine ajoute à rincertitude en donnant de nouvelles chances d'échapper.
Troisième règle. Si deux délits viennent en concurrence, le plus nuisible doit être soiimis à une peine plus forte, afin cpie le délinquant ait un motif poxir s'arrêter au moindre.
On peut dii-e de deux délits qu'ils sont en conciuTcncc lorsqu'un homme a le pouvoir et la volonté de les commettre tous deux. Un voleur de grand chemin peut se borner à voler, ou il peut commencer par l'assassinat et finir par le vol. Il faut C[ue l'assassinat soit puni plus sévèrement que le vol, pour le détoui'ner du délit le plus nuisible.
Cette règle serait dans sa perfection s'il se pouvait faii'c que pomchaque portion de mal il y eût une portion correspondante de peine. Qu'im homme fût pimi pom- avoir volé chx écus comme pour en avoir volé ^*ingt, il serait bien dupe de voler la petite somme plutôt que la grande. Une peine égale pour les délits inégaux est souvent im motif en faveur du plus grand délit.
Quatrième règle. Plus un délit est gratul, plus on peut hasarder une peine sévère pour la chance de le prévenir.
N'oublions pas qu'ime peine infligée est une dépense certaine pour acheter un avantage incertain. Appliquer de grands supphces à de petits délits, c'est payer bien chèrement la chance de s'exempter d'mi mal léger. La loi anglaise qui condamnait au supplice du feu les femmes qui avaient distribué de la fausse monnaie renversait entièrement cette règle de proportion. La peine du feu, si on