‹ Traités de législation civile et pénale;Chapitre 26 sur 299 · DES SANCTIONS DE LA MORALE · texte numérisé non relu

DES SANCTIONS DE LA MORALE

quelqu'une de ces mêmes peines qu'il faut faire subir au coupable. Cette théorie des peiaes et des plaisirs est donc le fondement de toute la science.

Plus on examine ces deux catalogues, plus on y trouve la matière première de la réflexion.

Je vois d'abord qu'on peut diviser les plaisirs et les peiaes en deux classes: 2>f(f>sirs et peines relatifs à autrui; — -j^laisirs et peines purement personnels. Ceux de bienveillance et de malveillance composent la première classe : tous les autres appartiennent à la seconde.

J'observe en second Heu que plusiem-s espèces de plaisù's existent sans avoir des peiaes correspondantes : 1° Les plaisirs de la nouveauté : la vue des objets nouveaux est une source de plaisirs, tandis \ que la simple absence d'objets nouveaux ne se fait pas sentir' comme une peiae. 2° Les jjlaisirs de V amour : leur privation n'entraîne poiat de peines positives, lorsqu'il n'y a pas de désir trompé : quelques tempéraments poiuraient en souffrir, mais la continence en général est une disposition au plaisir, qui n'est rien moins qu'un état pénible. 3° Les ^j7a/s/rs de lu richesse et de V acquisition ; ils n'ont poiat de peines correspondantes, lorsqu'il n'y a pas d'attente trompée : acquérir est toujoiurs un sentiment agréable ; la simple non-acquisition n'est pas sentie comme \me peiae. 4° Les plaisirs du pouvoir sont dans le même cas. Leur possession est un bien ; leur simple absence n'est pas un mal ; eUe ne peut se fah-e sentir comme un mal que par quelque circonstance particulière, telle que la privation ou l'attente trompée.

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