‹ Traités de législation civile et pénale;Chapitre 281 sur 299 · CULTURE DE LA BIENVEILLANCE · texte numérisé non relu

CULTURE DE LA BIENVEILLANCE

en grande partie il est le produit de la culture, le fruit de l'éducation. Car où trouve-t-on une plus grande mesure de bienveillance, chez les Anglais ou chez les Iroquois, dans l'enfance de la société ou dans sa matui'ité ? Si le sentiment de bienveillance est susceptible d'augmentation, comme on n'en saurait douter, c'est à l'aide de cet autre principe du cœur humain, l'amour de la réputation? Qtx'un moraliste peigne la bienveillance sous les traits les plus aimables, et l'égoïsme, la dureté de cœur, sous les couleui's les plus odieuses, que fait-il par là ? Il cherche à réimir au principe purement social de la bienveillance le principe demi-personnel et demi-social de la réputation. Il cherche à les combiner, à Iciu' donner la môme direction, à les armer l'un par l'autre. Si ses efforts sont couronnés de succès, auquel des deux principes faut-il en fah'e honneur? Ni à l'un ni à l'autre exclusivement, mais à leur concours réciproque, à l'amoui' de la bienveillance comme cause immédiate, à l'amoiu- de la réputation comme cause éloignée. Un homme qui cède avec plaisir aux doux accents du principe social ne sait pas et ne désire pas savoir que c'est un principe moins noble qui leur a donné le premier ton. Telle est la délicatesse dédaigneuse du meilleur élément de notre natiu'e : il ne veut devoir sa naissance qu'à lui-même, et il rougit de toute association étrangère.

1° Augmenter la force des sentiments de bienveillance ; 2° en régler l'application siu" le piincipe de l'utilité ; voilà les deux objets du législateur.

1. Veut-il inspirer riiumanité aux citoyens, il faut qu'il leui' en donne le premier exemple, qu'il montre le plus grand recpect, nonseulement pour la vie des hommes, mais pour toutes les circonstances qui influent sur leui" sensibilité. Des lois sanguinaii'es ont ime tendance à rendi'e les hommes cruels, soit par crainte, soit par imitation, soit par vengeance. Des lois dictées par un esprit de douceur humanisent les mœiu's d'une nation, et l'esprit du gouvernement se retrouve dans celui des familles.

Le législateur doit interdire tout ce qui peut ser\ir d'acheminement à la cruauté. Les spectacles barbares des gladiateui*s, introduits à llomc vers les derniers temps de la réj^ublique, contribuèrent sans doute à donner aux llomains cette férocité qu'ils déployèrent dans leurs guerres civiles. Un peiiple qui s'est accoutumé à mépriser la vie humaine dans ses jeux la respectera-t-il dans la fiu-eur des passions ?

Il convient, par la même raison, de défentke toute espèce de cruauté exercée en^■ers les animaux, soit par manière d'amusement, soit pour flatter la gourmandise. Les combats de coqs et de taureaux, la chasse au lièvre, au renard, la pêche et d'autres amuse-

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