CULTURE DE LA BIENVEILLANCE
monts de la même espèce, supposent nécessairement ou une absence de réflexion, ou un fonds d'inhumanité, puisqu'ils entraînent pour des êtres sensibles les souffrances les plus ^'ives, la mort la plus longue et la i)lus douloureiLse dont on puisse se faire une idée. Il doit être j^ermis de tuer les animaux, et défendu de les tourmenter. La mort artificielle peut être moins douloureuse que la mort naturelle, Y)iiT des procédés simples qui valent bien la peine d'être étudiés, et de devenir un objet de police. Poiu'quoi la loi refuserait-elle sa protection à aucun être sensible ? Il \iendra un temps où l'humanité étendra son manteau sur tout ce qui respire. On a commencé à s'attendrir sur le sort des esclaves : on finira par adoucir celui des animaux qui servent à nos travaux et à nos besoins.
Je ne sais si les législateurs chinois, en instituant leur cérémonial minutieux, ont eu pour objet de cultiver la bienveillance, ou seulement de maintenir la paix et la subordination. La poKtesse, à la Chine, est une espèce de culte ou de rituel, qui est le grand objet do l'éducation et la principale science. Les mouvements extéiieurs de ce peuple immense, toujours réglés, toujours prescrits par l'étiquette, sont presque uniformes, comme ceux d'mi régiment qui répète l'exercice. Cette pantomime de bienveillance peut être destituée de réalité, comme une dévotion chargée de menues prati(pies peut être séparée de la morale. Tant de gêne semble s'accorder mal avec le coeirr humain, et ces démonstrations de commande ne confèrent point d'obligation, parce qu'elles n'ont point de mérite.
Il existe des principes d'antipathie qui sont quelquefois entrelacés dans la constitution politique des États et qu'il est bien difficile d'extirper. Ce sont des religions ennemies qui excitent leurs partisans à se haïr et à se persécuter ; des vengeances héréditaires entre des familles puissantes ; des conditions pri^"ilégiécs qui forment des barrièi'cs insurmontables entre les citoyens ; d(>s siiites do conquêtes après lesquelles le peui")le conquérant n'a jamais pu s'incorporer et se fondi-e avec le peuple conquis ; des animosités fondées sur d'anciennes injustices, des gouvernements factieux qui s'élèvent par un triomphe, et qui tombent par une défaite. Dans ce malheureux état, les cœui'S se rapprochent plus souvent par le besoin de haïr, que par celui d'aimer. Il faut les soulager de la crainte et do l'oppression pour les rendre à la bienveillance.
Détruire les préjugés qui rendent les hommes ennemis est un des plus grands services à rendre à la morale.
Le voyage de Mimgo-Park en Afrique a représenté les noirs sous le point de vue le plus intéressant ; leur simplicité, la force de leurs affections domesriques, la peinture de leurs uKPurs inuneentes, a augmenté l'intérêt public en leur fincui'.