‹ Traités de législation civile et pénale;Chapitre 287 sur 299 · G USAGES QU'OX PEUT TIRER · texte numérisé non relu

G USAGES QU'OX PEUT TIRER

nous ne sommes pas assez lichcs poiu* les payer, la permission tacite de payer pour les vins de France le droit fixé pour les vins d'Espagne s'est trouve'e plus avantageuse au revenu que la rigueur de la loi. Il faut poui-tant prêter le serment que ces vins de France sont des vins d'Espagne afin de payer le di-oit en conséquence. De tels serments, dans leur origine, étaient criminels, parce qu'ils étaient une fraude contre le public ; mais aujourd'hui que le seiment n'est plus qu'une afiaire de forme, et n'implicpie ni foi donnée ni foi recrue, c'est une simple manière de parler comme les compliments de civilité banale : Votre très-humble serviteur, etc. Et dans le fait nous voyons des marchands qui vivent de ces serments, et auxquels on se confie sans scmpule dans les afiaires les plus importantes."

Qui croirait que c'est là le langage d'im moraliste et d'mi juge ? Les quakers ont élevé la simple parole à la dignité du sennent ; — un magistrat dégrade le serment à la simple fo]-mule d'ime cérémonie ; — le serment n'implique ni la foi donnée ni la foi reçiie. Pourquoi donc le prêter ? — poiu-quoi l'exiger ? — à quoi sert cette farce ? — La religion est-elle donc le dernier des objets ? — et si on la méprise à ce point faut-il la payer si cher ? — Quelle absiu'dité que de salarier un clergé à un prix immense pour prêcher la foi du serment, et d'avoir des juges et des législateiu's qui se font im jeu de la détndre ?

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