VIII. Liberté de la presse
Écoutez tous les conseils, vous pouvez vous en trouver mieux, et vous ne risquez pas d'en être plus mal. Voilà ce que dit le simple bon sens. Établir la liberté de la presse, c'est admettre les conseils de tout le monde. Jl est vrai que dans plusieurs occasions le jugement public n'est pas écouté avant qu'on ait arrêté une mesure, mais après qu'elle est exécutée. Cependant ce jugement peut toujours avoir son utilité, soit par rapport aux mesxires de législation qu'on peut réformer, soit par rapport à celles d'administration qui peuvent se réitérer. Le meilleur avis donné en particulier au ministre peut être perdu ; mais un bon avis donné au public, s'il ne sert pas à Vxm, peut servir à l'autre ; s'il ne sert pas aujourd'hui, il peut servir dans la suite ; s'il n'est pas offert sous une forme convenable, il peut recevoir d'une autre main les ornements qui le feront goûter. L'instruction est une semence qu'il faut poiir ainsi dire essayer dans une grande diversité de terrains, et cultiver avec patience, parce que ses fruits sont souvent tardifs.
Cette mesui-e est bien préférable à celle des pétitions pour émanciper le souverain. — Quel que soit son discernement dans le chois de ses ministres, il n'a pu les prendre que sur im petit nombre de candidats que les hasards de la naissance ou de la fortime lui ont présentés. Il peut donc penser raisonnablement qu'il y a d'autres hommes plus éclairés qu'eux ; et plus il étend sa faculté de connaître et d'entendi'e, plus il augmente son pouvoir et sa liberté.
Mais dans la manière de donner ces avis, il peut se mêler de l'insolence et de l'humeiu': au Kcu de se borner à l'examen des mesures, on portera la critique siu' les i^ereonnes. Et en effet, queUe adresse ne faudrait-il pas pour tenii' ces deux opérations bien séparées? Comment peut-on censurer ime mesure sans attaquer jusqu'à un certain point le jugement ou la probité de son auteiu"? Voilà recueil : voilà ce qui fait (jue la Uberté de la presse est aussi