‹ Traités de législation civile et pénale;Chapitre 30 sur 299 · CHAPITRE YIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII

DE l'estimation DES PLAISIRS £T DES PEINES.

Des plaisirs à répandre, des peines à écarter, voilà l'unique but du législateur : il faut donc que leur valeur lui soit bien connue. Des plaisirs et des peines, voilà les sevls instruments qu'il ait à employer : il faut donc qu'il ait bien étudié leur force.

* Quelques personnes seront étonnées qu'en parlant des sanctions de la morale, on ne nomme pas la conscience. Une raison suffisante poiu* ne pas employer cette dénomination, c'est qu'elle est vague et confuse. Dans le sens le plus ordinaire, elle exprime, ou la réunion des quatre sanctions, ou la prééminence de la sanction religieuse ; mais n'avoir qu'iui scid et même terme pour exprimer quatre sortes de pouvoirs moraux très-distincts, et souvent opposés, c'est se condamner à des disputes interminables.

Dans la morale pratique et sentimentale, il est d'usage de personnifier la conscience: elle ordonne, elle défend, elle récompense, elle punit, elle se réveille, elle s'éteint, etc. Dans le langage philosophique, il faut rejeter ces expressions figurées, et substituer les termes propres, c'est-à-dire, l'impression des peines et des plaisirs, qui émanent de telle ou telle sanction.

Page 1