DANS LA SOCIÉTÉ
Il en est du gouvernement comme de la médecine ; sa seule affaii-e est le choix des maux. Toute loi est un mal, car toute loi est une infraction de la Liberté : mais, je le répète, le gouvernement n'a que le choix des maux. En faisant ce choix, quel doit être l'objet du législateui' ? — Il doit s'assurer de deux choses : 1° que, dans chaque cas, les incidents qu'O. s'efforce de prévenir sont réellement des maux ; et 2° que ces maux sont plus grands que ceux qu'il emploie pour les prévenir.
n a donc deux choses à observer, le mal du délit et le mal de la loi ; le mal de la maladie et le mal du remède.
Un mal vient rarement seul. Un lot de mal ne peut guère tomber siu' un individu, sans s'étendre de là comme d'un centre. Dans le cours de sa marche, nous le veiTons prendre différentes formes : nous verrons im mal d'une espèce sortir d'im mal d'une autre espèce ; et même le mal provenir du bien, et le bien du mal. Tous ces changements sont importants à connaître et à distinguer ; c'est même en ceci qu'est l'essence de la législation. ^Mais heiu-eusement ces modifications du mal sont en petit nombre, et les différences sont fortement marquées. n nous suffira de trois distinctions principales et de deiLx subdivisions pour résoudi-e les problèmes les plus difficiles.
Mal du premier ordre.
Mal du second ordre.
Mal du troisième ordre.
Mal primitif. — Mal dérivatif.
Mal immédiat. — Mal conséqveMiel.
Mal extensif. — Mal répartible.
Mal permanent. — Mal évanesceni.
Voilà les seuls tenues nouveaux dont nous aurons besoin pour exprimer la variété des formes que le mal peut prendi'c.
Le mal résultant d'ime mauvaise action peut se diviser en deux lots principaux : 1" celui qui tombe immédiatement sur tel ou tels individus assignables, je l'appelle mal du premier ordre; 2° celui qui prend sa sovu'ce dans le premier, et se répand sur la communauté enrière, ou sur un nombre indéfini d'individus non assignables, je l'appelle mid du second ordre.
Le mal du premier ordre peut se distingixer en deux bi-anches : 1° le mal primitif qui est particulier à l'individu lésé, au premier soufirant, à celui, par exemple, qui est battu ou volé; 2° le mal