CHAPITRE PREMIER
DES DKOrrS ET DES OBLIGATIONS.
Tors les objets que le législateur est appelé à distribuer parmi les membres de la communauté peuvent se réduire à deux classes :
1° Les droits.
2° Les obligations.
Les droits sont en eux-mêmes des avantages, des bénéfices pour celui qui en jouit. Les obligations au contraire sont des devoirs, des charges onéreuses pour celui qui doit les remplir.
Les droits et les obligations, quoique distincts et opposés dans leur natore, sont simultanés dans leur origine, et inséparables dans leur existence. Dans la nature des choses, la loi ne peut accorder un bénéfice aux uns, sans imijoser en même temps quelque fardeau à d'autres. Ou, en d'autres termes, on ne peut créer un droit en faveur des uns, qu'en créant une obligation correspondante imposée à d'autres. Comment me confère-t-on un droit de propriété sur une teiTe ? En imposant à tous autres que moi l'obligation de ne pas toucher à ses produits. Comment me confère-t-on im di'oit de commandement? En imposant à un district ou à un nombre do personnes l'obligation de m' obéir.
Le législateur doit conférer les droits avec plaisir, puisqu'ils sont en eux-mêmes im bien : il doit imposer les obligations avec répugnance, puisqu'elles sont en elles-mêmes un mal. D'après le principe de l'utilité, il ne doit jamais imposer une charge que pour conférer un bénéfice d'une plus gi'ande valeui*.