CHAPITRE II
Autre moyen d'acquérir. — Consentement.
Cependant il peut arriver qu'après avoir possédé une chose (à titre légitime) on voudrait s'en dessaisir, en abandonner la jouissance à un autre. Cet arrangement sera-t-il confirmé par la loi? Sans doute, il doit l'être : toutes les raisons qui plaidaient en faveur de l'ancien propriétaire ne sont plus de son côté, et plaident en faveur du nouveau. D'ailleurs, il faut que le propriétaire antérieur ait eu quelque motif pour abandonner sa propriété. Qui dit motif à\X plaisir ou l'équivalent : plaisir d'amitié ou de bienveillance, si la chose se donne pour riQH'^ plaisir â/ acquisition , s'il en fait un moyen d'échange ; bien de la sûreté, s'il l'a donnée pour se sauver de quelque mal ; plaisir de réputation, s'il se propose par là d'acquérir l'estime de ses semblables. Voilà donc la somme des jouissances nécessairement augmentée pour les deux parties intéressées dans la transaction. L'acquéreur se met en place du coUateur pour les avantages anciens, et le coUateur acquiert un avantage nouveau. Nous pouvons donc établir comme une maxime
COIVSENTEMENT. SqS
générale que touie aliénation emporte avantage. Un bien quelconque en est toujours le résultat.
S'agit-il d'un échange? Voilà deux aliénations dont chacune a ses avantages séparés. Cet avantage pour chacini des contractans est la différence entre la valeur qu'avait pour lui la chose qu'il cède et la valeur de la chose qu'il acquiert. A chaque transaction de cette espèce, il y a deux masses de jouissances nouvelles. C'est en cela que consiste le bien du commerce.
Observez que dans tous les arts il est beaucoup de choses qui ne peuvent se produire que par le concours d'un grand nombre d'ouvriers. Dans tous ces cas, le travail d'un seul n'aurait aucune valeur ni pour lui ni pour les autres , s'il ne pouvait être échangé.