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CHAPITRE IV

De la putréfaction des cadavres dans le fumier.

Le ni novembre 1829, on a placé à un pied et demi de profondeur, dans un tas de fumier exposé à l’air, le cadavre d’un enfant femelle âgé de huit jours, et qui avait succombé deux jours auparavant. La peau offrait partout la couleur naturelle , excepté à la partie pos-

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tériéure du tronc, où il y avait quelques lividités cadavériques, et à l’abdomen et aux flancs, qui étaient . déjà verts.

• Le 27 novembre , le cadavre est entier et de même couleur, si ce n’est dans plusieurs parties qui présentent une teinté rosée; l’épiderme ne se détache nulle part, niais il commence à se rider aux pieds; l’odeur esta peine sensible; Le'cadavre est promptement remis dans le. tas de fumier.

Le 4 décembre , même intégrité du cadavre. La peau, encore couverte d’épiderme, est généralement rosée; celle de l’abdomen est toujours verdâtre, mais d’une nuance moins foncée qu’au commencemént de l’expérience. L’épiderme commence à se détacher, quoique assez difficilement, et non pas par lambeaux; lorsqu’on l’enlève, il reste sur le scalpèl avec lequel on le gratte, sous forme d’un enduit graisseux : toutefois, on peut en séparer quelques fragmens, à la vérité de peu detendue. Les pieds et les mains sont les parties auxquelles cet épiderme tient le moins ; celui des mains est très-ridé. L’œil droit fait une saillie assez considérable au-delà du bord de l’orbite ; les paupières qui le recouvrent, fortement distendues, sont colorées comme si elles eussent été contuses. Les lividités de la partie postérieure du tronc sont moins rouges et entremêlées de plaques verdâtres. Le cadavre n’est pas resté plus dé dix minutes hors du fumier.

Le i3 décembre, le cadavre est encore entier.; les membres offrent, dans une grande partie de leur éteE' due, une couleur jaune d’ocre, due à un enduit

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consistance de pommade , qui est appliqué sur l’épiderme et qui se détache avec facilité, en même temps que celui-ci. Dans plusieurs points de cés membres ; des plaques de moisissure d’un blanc d’albâtre et d’un blanc grisâtre recouvrent cet enduit; çà et là, on trouve à la place de la matière onguentacée dont nous parlons, une couche humide vert bistre, qui paraît devoir son origine aux liquides qui ont filtré â travers le fumier. L’épiderme étant enlevé, la peau est humide, d’un rose clair, ridée, flasque, sans pourtant avoir perdu notablement de sa consistance : en effet, elle ne se déchire pas lorsqu’on la tire avec des pinces. La partie interne d’un des membres thoraciques, de , celui qui étaitappliqué contre le corps,est dépourvue de toute espèce d’enduit ; l’épiderme y existe encore : il est de couleur blanche tirant légèrement sur le rose, et s’enlève assez facilement, surtout en haut. L’autre bras présente partout l’enduit graisseux, excepté au pli du coude et au poignet, parce que la main étant fléchie sur l’avant-bras, et celui-ci étant fléchi sur le bras, ces parties n’ont pas été en contact immédiat avec le fumier.

On voit à la partie supérieure et antérieure du tronc ce même enduit et deux plaques assez larges de moi-sissure blanche ; l’épiderme s’enlève moins aisément qu’aux membres, et la peau sous-jacente est assez résistante et de couleur mélangée de vert et de rose trèspâle. L’épiderme de l’abdomen est ridé dans toute son étendue, d’une couleur verte ardoisée à droite, et

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béàueoup plus claire à gauche; il se détache sansef. fort, et la peau qu’il recouvre est verdâtre. -

Les traits de la face sont méconnaissables. Cettepartie est également couverte d’une couche onguentacée bru- ' nâtre et jaune d’ocre par places ; cet enduit est plus humide que celui des membres ; la portion qui est appliquée sur la région frontale, et sur une partie de la région temporale, est sous forme de petits mamelons un peu plus gros qu’une forte tête d’épingle; en cet endroit, l’épiderme s’enlève, avec facilité. Les cheveux tiennent encore au crâne; mais, par une légère traction, on les détache avec l’épiderme, et l’on voit alors | que la peau sous-jacente est d’un rose tirant plus sur le rouge que celle des membres; elle offre assez de consistance. Les. oreilles sont entièrement déformées et recouvertes d’un enduit jaunâtre peu épais. On voilencore les paupières ; l’œil droit est très-affaissé, probablement parce qu’il s’est vidé. T

La partie postérieure du tronc est recouverte dans plusieurs endroits d’une couche de fumier que l’on ne peut, détacher qu’avec l’épiderme ; on trouve vers les épaules le même enduit graisseux déjà décrit; au côté droit et en bas , il existe des taches d’un vert ardoisé qui intéressent à la fois l’épiderme et la peau ; dans d’autres parties, l’épiderme offre une couleur jaunâtre due au fumier; la peau sous-jacente est rosée. ‘ :

On a trouvé quelques vers à la surface du corps; plusieurs d’entre eux sortaient cle la bouche.

Le cadavre a été remis dans le tas de fumier au bout d’une demi-heure.

Le 2.5 décembre (i), l’aspect général du corps est à peu près le même, si ce n’est que les divèrses teintes sont plus foncées, et que l’enduit de consistance de pommade et de couleur jaune d’ocré qui recouvre plusieurs parties, est plus mou et même fluide sur certains points, notamment, à la partie postérieure de la tête.

Tète.EWe est généralement d’une couleur brune plus foncée que les autres parties du cadavre; on voit aux régions pariétale et temporale gauche des petites plaques arrondies de moisissure d’un blanc éclatant. L epidermese détache facilement. Lës cheveux tiennent encore. Le derme de la tête, d’une couleur rouge assez foncée, offre çà et là des taches assez larges d’un vert clair. Il existe sur le côté droit de la tête, entre les os et la peau, une assez grande quantité de matière sanguinolente, comme gélatineuse, semblable à celle que l’on remarque quelquefois sous la peau du crâne des nouveau-nés. Les yeux sont vidés, et tellement rentrés dans les ofbites, qu’on les aperçoit difficilement en écartant les- paupières; celles-ci sont entières et dépourvues de cils. Le nez est écrasé et aplati au point qu’au premier abord on pourrait crôire qu’il n’existe pas. La bouche est ouverte. Les oreilles , particulièrement la gauche , sont encore plus déformées que lors du dernier examen.

(ï) Depuis le i3 décembre', la tempéra tare de l’atmosphère a toujours été de plusieurs degrés âu-dessous de zéro.

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Col. L’épidérme du col se détache facilement; il est d’un vert ardoisé très-clair; le derme sous-jacent est j d’un vert bouteille très-foncé dans certains endroits, tandis que dans d’autres il est d’un rose livide. Les muscles sont ramollis, livides, et imprégnés d’une sanie couleur de lie de vin,

Thorax. L’épiderme et l’aspect extérieur du thorax sont à peu près comme lors du dernier examen;des muscles seraient dans l’état naturel, s’ils n’offraient pas une teinte violette, et s’ils n’étaient pas légèrement infiltrés.

Abdomen. L’épiderme qui recouvre le côté droit de l’abdomen est d’un vert ardoisé très-clair à sa face externe ; il est d’un vert noirâtre à l’intérieur; on l’enlève , très-facilement; le derme qu’il recouvre est marbré de plaques d’inégale grandeur , dont les unes sont d’un bleu très-foncé, presque noir, les autres blanches ou d’un bleu très-clair. Le côté gauche de l’abdomen, beaucoup moins putréfié que le droit, est couvert d’épiderme qui est ridé, moins facile à enlever, et qui ne se détache que par petits lambeaux d’un blanc gri? sâtre, comme celui qui a macéré pendant quelque temps; le derme sous-jacent offre la même couleur blanche grisâtre, sauf dans certains points où l’on voit quelques taches d’un vert ardoisé clair. Les muscles de 1 abdomen sont pâles , légèrement olivâtres ; à droite, leux surface externe est teinte légèrement en bleu, comme les tégumens qui les recouvraient.

Dos. L’épiderme 4$ dos s’enlève aisément. Depuis le milieu de cette région jusqu’à la nuque , le derme

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est d’un rose orangé, excepté dans quelques endroits où l’on voit des taches d’un vert clair. Dans les autres parties du dos , on remarque la même maj^rure blanche et verte dont nous avons parlé à l’occasion du côté droit de l’abdomen, et en outre çà et là quelques taches d’un rose orangé.

Membres. On détache facilement l’épiderme des membres, dont l’aspect est à peu près le même que 1® i3 décembre, et alors on aperçoit le derme d’une teinte généralement rose orangée; à la partie externe dii feras, ce derme est ridé et comme soulevé dans plusieurs points, de manière à imiter la lésion que déterminent les orties appliquées sur la peau ; toutefois, ces élévations affectent toutes sortes de formes, et il suffit,; pour les faire disparaître, de les applatir fortementavecla lame d’un scalpel. A la partie interne des,bras, le derme est lisse, et parcouru çà et là par des stries et des plaques d’un vert clair. Des membres inférieurs présentent une disposition presque semblable, ^Les muscles sont à peu près comme dans l’état naturel ; ils sont seulement un peu plus rouges et plus mous.

Le demie est partout très-consistant, car il ne se déchire pas quand on le tire fortement avec: des pinces.

Le tissu cellulaire sous-cutané est d’un blanc grisâtre, serré, et n’offre aucune apparence de gras.

Les os et les ligamens sont dans l’état naturel.

Les cartilages articulaires et les épiphyses sont de couleur lie de vin ; -leur consistance paraît être sensiblement la même. ^

Le cerveau est fétide, mou et d'un rouge livide clair .

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