‹ Traités des exhumations juridiquesChapitre 8 sur 18 · TUAI TE · texte numérisé non relu

TUAI TE

à l’extérieur 5 cette teinte est marquée près du sinus longitudinal supérieur, entre la scissure interlobaire, et. surtout dans la partie qui répond h la tente du cervelet. A l’intérieur, la substance cérébrale est rosée, et l’on distingue difficilement les deux "substances à la différence de couleur. Le cervelet est encore plus mou . et plus rouge que le cerveau. Les nerfs paraissent dans l’état naturel.

La membrane muqueuse de la bouche est en partie détruite à la région palatine antérieure; les os sont à nu et en partie détruits eux-mêmes. La langue est molle, un peu livide et de volume ordinaire; elle est entièrement renfermée dans la bouche. La partie postérieure du voile du palais, le pharynx et le cominen- v cernent de 1’œsophage offrent une teinte rougeâtre livide qui est d’autant plus foncée qu’on approche davantage de l’œsophage : celui-ci présente à sa face interne, et dans toute son étendue, une couleur lie de vin qu’il partage avec toutes les parties molles qui l’avoisinent,: comme la trachée-artère, le cœur, les muscles du cou et les gros vaisseaux : cette coloration est le résultat évident de là putréfaction. On sépare avec assez de difficulté la membrane muqueuse oesophagienne, qui est lisse et nullement emphysémateuse, et Ton voit alors que c’est surtout la tunique musculeuse qui est le siège de la lividité dont nous parlons. L 'estomac, de volume ordinaire, contient une très-petite quantité d’un liquide brunâtre épais : sa membrane muqueuse offre généralement une couleur jaune orangée : on remarque vers le pylore une large

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plaque d’un vert noirâtre ; du reste, cette membrane est lisse, de consistance ordinaire, et ne se détache pas facilement ; la teinte orangée dont nous parlons est un peu plus foncée à l’extérieur-de ce viscère, tandis que la plaque d’un vert noirâtre l’est moins : il n’y a point d’emphysème. Les intestins sont dans l’état naturel ; on voit çà et là dans le canal qu’ils forment quelques parties colorées en vert par une matière fluide de' même couleur.

Le foie est mou, livide, exceptéflans une partie de sa face inférieure, où il est ardoisé; il se précipite au fond de l’eau : quand on l’incise, on voit qu’il commence à s’altérer, car on né reconnaît plus bien sa texture, quoi qu’on y aperçoive l’orifice des vaisseaux ; et en le grattant avec un scalpel, on enlève une bouillie claire d’un jaune d’ocre. La vésicule est pleine de bile, et paraît dans l’état naturel. La rate est d’un vert bouteille ardoisé, très-facile à déchirer, et fournit par la compression un liquide épais, paraissant noir quand il est en masse, et d’une couleur bistre foncée lorsqu’on l’étend. On n’aperçoit point de granulations sablonneuses sur le foie ni sur la rate. .Le tissu cellulaire qui environne! les reins est emphysémateux; les capsules surrénales sont très-ramollies et un peu rougeâtres. Les reins sont aussi plus mous que dans l’état naturel, mais on peut bien y reconnaître les trois substances. La vessie est vide et dans l’état naturel; il en est de meme de l’utérus et des épiploons. Les parties génitales externes sont ramollies et rougeâtres.

Le larynx , la trachée-artère et les bronches sont

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colorées en rouge livide comme 1 œsophage. Les pou* irions, de volume et d’apparence ordinaires, surnagent avec le cœur lorsqu’on les met sur l’eau 5 ils sont de couleur rosée tirant un peu sur le rouge , postérieurement où l’on aperçoit quelques plaques livides; ils sont crépitans et emphysémateux ; ils contiennent à peine du sang; la face inférieure des poumons droits offre quelques granulations blanchâtres, comme sablonneuses, semblables à celles qui ont été trouvées plusieurs fois sur le foie des cadavres laissés long-temps dans la terre. Le cœur est très-flasque, livide, ainsi que les gros vaisseaux qui en partent ou qui s’y rendent; les ventricules contiennent un peu de sang fluide, épais, noirâtre. Le diaphragme , un peu plus rouge qu’à l’ordinaire dans sa partie hépatique, est recouvert dans sa partie musculeuse d’une grande quantité de ces granulations blanches, dures, fortement adhérentes, dont nous venons de parler.

Le cadavre n’exhale pas une odeur très-fétide ; on ne trouve pas sensiblement plus de vers à sa surface que lors du^dernier examen.

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N***, du sexe féminin, âgée de quatre jours, bien conformée, et n’offrant aucune coloration insolite à l’extérieur, a été placée dans un tas de fumier exposé en plein air le 2 décembre 1829, vingt-quatre heures après la mort, et n’en a été retirée que le 10 janvier i 83 o, trente-neufjours après le commencement del’ex-

périence. Pendant ce temps, la température de l’atmosphère a presque toujours été à plusieurs degrés audessous de zéro. Le fumier, presque entièrement formé de crottin de cheval, est dur et comme gelé ; on n’en retire le corps qu’avec peine.

Examen du cadavre. Le cadavre est entier, et recouvert dans presque toute son étendue par du fumier qui y adhère tellement, qu’on ne peut en enlever les dernières portions qu’en grattant avec un scalpel, et alors on détache l’épiderme sous-jacent. Excepté la partie supérieure de la tête, qui est couverte de cheveux blonds, entre lesquels se trouve une moisissure blanche, ce qui lui donne un aspect gris-cendré, et les mains où l’on voit quelques plaques tirant légèrement sur le rose, toutes les autres parties du corps présentent une teinte jaune abricot clair.

L’épiderme n’est détaché que dans les parties que l’on a grattées avec un certain effort pour séparer le fumier ; niais il s’enlève très-facilement, excepté à la face palmaire de la main droite et à la tête; celui qui recouvre l’intérieur des mains et des doigts est fortement plissé, blanc, et assez translucide pour qu’on puisse apercevoir la couleur rosée du derme sous-jacent ; il est mince et facile à déchirer. A la face dorsale des mains, il est moins plissé, plus épais, moins translucide et d’un jaune abricot; cette couleur tient à un enduit graisseux, assez résistant, qui le recouvre. Les différences qui existent sous ce rapport entre les faces palmaire et dorsale dépendent de ce que les mains ayant été constamment fermées et les doigts rapprochés.

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l’épiderme de l’intérieur des mains et des doigts n’a pas été en contact avec le fumier. L’épiderme de la face plantaire dés pieds ressemble assez à celui de la face dorsale des mains, si ce n’est près des orteils et entre ' eux, là où le fumier touchait à peine : partout ailleurs il offre les caractères de celui de la face dorsale des •mains, excepté à la partie supérieure de la tête; là il adhère fortement, comme nous l’avons déjà dit, et il présente à peu près la couleur, la consistance et l’aspect ordinaires. Vers les paupières, à la partie supérieure de la tête; sur les parties latérales du tronc, Sur les avant-bras et sur la partie externe des jambes et des cuisses, on trouve une légère couche de moisissure blanche, cotonneuse , immédiatement appliquée sur l’épiderme. Les ongles et les cheveux existent encore et sont assez adhérens. '

Le derme est très-résistant, de couleur jaune abricot clair, excepté aux doigts des deux mains, à la face pal- ' maire de la main gauche, et à la portion de la face palmaire de la main droite, dont l’épiderme est enlevé ou prêt à se détacher, et où il offre une Couleur rose : cette nuance qui augmente sensiblement d’intensité par Vaction de T air, et qui aurait fini par être celle de tout le derme, si le cadavre fût resté plus long-temps dans le fumier, se manifeste plus promptement dans les parties où l’épiderme est séparé ou sur le point dë s’enlever. A la partie inférieure de l'abdomen, le derme offre un aspect granulé que l’on ne saurait mieux comparer qu’à la chair de poule. Le derme pris sur une partie quelconque du corps, et séparé du tissu cellulaire graisseux

sur lequel il est appliqué, est translucide, jaune à sa face externe et grisâtre intérieurement;.il n’est point saponifié.

Le tissu cellulaire sous-cutané est dur et jaune, excepté aux aisselles et aux parties latérales du thorax, où il est rouge et assez mou, parce que là, à raison de sa laxité, il s’est laissé facilement imbiber d’une sérosité rougeâtre ; il n’est pas non plus saponifié.

Les muscles , encore très-résis tans, paraissent dans l’état normal, si ce n’est qu’ils ont une couleur moins rouge ; toutefois, ceux de l’abdomen sont d’un violet livide, tandis que la peau qui les recouvre est jaune abricot clair, et n’offre aucune trace d’une pareille teinte.

Le tissu nerveux est dans l’état naturel. Les os sont d’un blanc tirant sur le gris. Les tendons et les ligamens sont dans l’état naturel. Les cartilages, de cônsistancé ordinaire, sont d’un blanc tirant légèrement sur le gris jaunâtre.

La face est écrasée, quoique ses traits soient parfaitement reconnaissables. Les paupières sont entières et fermées; il reste encore quelques cils. Les yeux sont pleins; la cornée a perdu une grande partie de sa transparence : aussi n’aperçoit-on la pupille qu’avec peine à son centre ; la sclérotique et les autres membranes ne paraissent pas avoir éprouvé de changement notable. Les humeurs vitrée et aqueuse sont rouges comme la gelée de groseilles ; le cristallin est rosé. Le nez et les lèvres sont entiers, mais aplatis. Le tissu . cellulaire sous-péricranien est infiltré d’une sérosité

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rougeâtre, comme gélatineuse. La dure-mère est dans l’état naturel. Le cerveau est ramolli ; mais on y reconnaît aisément les circonvolutions et les anfractuosités; les vaisseaux qui rampent à sa surface contiennent une certaine quantité de sang noir ; sa substance est rougeâtre à l’extérieur et d’un blanc grisâtre à l’intérieur. Le cervelet, beaucoup plus ramolli que le cerveau, est d’un rouge plus foncé à l’extérieur et rosé à l’intérieur.

Le thymus est légèrement ramolli et de couleur ordinaire. L’intérieur du 3 arynx et de la trachée-artère est lisse, d’un rouge tirant légèrement sur le violet.; à l’extérieur, ces parties sont d’un rouge moins foncé. Les poumons crépi tans, nullement emphysémateux, de couleur normale, plus légers que l’eau, paraissent dans l’état naturel. Le cœur est plus mou et d’une couleur plus foncée qu’à l'état normal ; on trouve dans son ventricule droit du sang noir assez épais et en partie sous forme de petits grumeaux ; le ventricule gauche en contient à peine. On ne découvre aucun liquide dans la cayité des plèvres. Le péricarde offre une couleur un peu plus foncée. 'Le. diaphragme est violacé dans les parties qui correspondent au foie et à la rate ; du reste, il n’est le siège d’aucune de cës granulations blanches dont nous avons fait mention dans l’observation première ( v. page 170 ). La langue est à peu près dans l’état naturel, si ce n’est quelle est ùn peu ramollie ; le pharynx et l’œsophage sont rougeâtres ; l’estomac, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, est lisse et d’un rouge livide clair; Hu reste, sa consis-

tance est ordinaire, et il ne présente aucune tache verte, comme celui de l’observation première ( ‘voyez page 168), ni aucune trace d’emphysème. Les intestins seraient dans l’état normal , s’ils n’avaient une teinte légèrement rosée qui annonce manifestement leur tendance à rougir; il y a quelques matières fécales molles dans le colon et dans le rectum.

Le foie est d’un rouge foncé, livide par places et trèsramolli : on y reconnaît à peine sa structure granulée, et lorsqu’on gratte les parties incisées avec le scalpel, on enlève une bouillie d’un rouge brique foncé. La vésicule biliaire renferme un peu de bile, et n’offre rien de remarquable. La rate diffère peu de l’état naturel. Les reins sont ramollis et en partie réduits en bouillie; ils sont rouges, et on ne peut plus y reconnaître les substances qui les constituent ; les calices seuls sont apparens. La vessie est vide, blanche à l’intérieur et légèrement rosée à sa face externe. L’utérus et les ovaires sont à l’état normal : on peut facilement reconnaître les parties génitales externes qui participent de la couleur jaune abricot clair dont nous avons parlé.

OBSERVATION f,

N**, enfant mâle, âgé de d-ix-huit jours, mort le 2 décembre 1829, fut mis dans un tas de fumier le 5 du même^ mois à midi. L’ombilic était parfaitement cicatrisé, le ventre légèrement bleuâtre. La région postérieure du tronc offrait çà et là une couleur rosée. La peau de cette partie était ridée.”Les oreilles, le

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nez et les lèvres étaient d’un rouge rosé, les pieds et les mains d’un violet clair. La partie interne des bras était rosée, et la paume des mains violacée. Le corps n’exhalait aucune odeur fétide.

Examen le 21 février i 83 o , soixante-dix-neuf jours après le commencement de l’expérience (1). Le cadavre est entier et exhale une assez mauvaise odeur; il est difficile d’enlever plusieurs brins de fumier qui y sont adhérens, sans détacher l’épiderme dans les parties qui sont encore recouvertes de celui-ci. La teinte du corps est olivâtre à la face et à la tête, livide à la partie droite du thorax, blanchâtre à la partie inférieure de l’abdomen, tandis qu’ellë est livide dans la moitié supérieure de cette région ; les membres sont d’üne couleur aurore, mêlée d’une teinte olivâtre à leur partie externe; car à leur face interne, surtout pour les bras, qui sont appliqués contre le tronc, ils sont presque pâles.

L’épiderme est détaché dans plusieurs endroits, et là ou il existe, il s’enlève'avec Ja plus grande facilité ; les parties qui en sont aépouillées sont la presque totalité de la face, tout le côté gauche du thorax, la portion sus-ombilicale de l’abdomen , la presque totalité des membres abdominaux, la partie externe des

(1) Depuis le 5 décembre jusqu’au 10 février, la température atmosphérique a été presque toujours au-dessous de zéro , et souvent même à 8 , 10, 12 et i 4 degrés au-dessous ; depuis le 10 jusqu’au 21 , on peut considérer la température moyenne comme ayant été de 4 ° 4 " o°.

DES EXHUMATIONS JURIDIQUES; .. l*]']

membres thoraciques dans presque toute leur étendue, -et la partie inférieure du dos. Cet épiderme est blanc , translucide, ridé, peu consistant. Dans quelques points, lorsqu’il recouvre des parties dé peau fortement colorées, il paraît coloré lui-même, ce-qui tient à la présence d’un enduit diversement coloré, dont le derme est recouvert : cet enduit est poisseux à la face et aux parties des membres qui manquent d’épiderme; il est liquide au thorax, et il offre en général la coloration des parties qu’il recouvre. Les ongles existent encore.

Le derme présente assez de consistance pour n’être pas déchiré par de fortes fractions opérées avec des pinces ; sa co uleur très-variée est en général la même que celle des diverses régions du corps que nous avons déjà fait connaître; toutefois, il faut excepter la peau du crâne qui est d’un rouge cuivré, parsemée çà et là de petites taches vertes. La portion du derme qui recouvre le côté gauche du thorax et la majeure partie de l’abdomen, est recouverte d’une multitude de petites granulations , comme sablonneuses, sorte d’incrustations calcaires, dures, réunies en quelques points par petites plaques de couleur blanche, mais paraissant diversement colorées, suivant la couleur de l’enduit avec lequel elles sont mêlées ; ces incrustations sont formées de phosphate de chaux.

Le tissu cellulaire sous-cutané, partout où il est graisseux, offre moins d’épaisseur que dans letat naturel ; dans les autres parties il est à l’état normal.

Les muscles des membres supérieurs ont conservé leur aspect naturel, seulement ils sont plus pâles et a.

un peu moins consistons ; ceux des membres inférieurs sont encore plus ramollis, plus pâles et infiltrés; au thorax, ils sont rouges et infiltrés de sérosité sanguinolente ; à la partie inférieure de l’abdomen, ils sont d’un rouge pâte , tandis que supérieurement et à droite, dans là partie qui correspond au foie , ils sont très-ramollis, d’un rouge noir, et imprégnés d’un liquide de cette même couleur. Ceux du dos sont encore plus ramollis et plus infiltrés inférieurement, où ils sont couleur lié de vin; à la partie supérieure du dos , leur teinte violacée est moins foncée, et quoique ramollis, ils sont moins infiltrés.

Les tendons et les nerfs paraissent à l’état normal ; les cartilages-offrent une couleur lie de vin clair, mais leur consistance est ordinaire. Les ligamens m semblent pas avoir perdu non plus de leur consistante. Les os , excepté ceux du crâne, ne sont pas colorés, et ne diffèrent pas de l’état naturel.

La tête est recouverte en entier d’épiderme et de cheveux qui adhèrent fortement. La face est tellement déformée, qu’il serait impossible de reconnaître l’individu; elle est aplatie latéralement, et semble alongée par l’affaissement des parties molles qui récouvrent la mâchoire inférieure, qui est notablement abaissée. Les paupières, qui existent encore, sont parfaitement reconnaissables, et quelques cils y sont accolés.'Les orbites paraissent vides au premier abord ; mais on trouve dans leurs cavités les globes oculaires affaissés, entiers : on reconnaît dans jce s organes les diverses membranes qui les constituent, mais les humeurs sont

remplacées par une manière noire, poisseuse; toutefois, on peut découvrir encore le cristallin très-ramolli, déformé et noirâtre. Les musclés ' des globes oculaires sont distincts, de couleur de lie de vin et peu consistans. Le nez est déprimé sur ses parties latérales ,en sorte qu’on n’aperçoit ses ouvertures qu’avec difficulté; du reste, il est entier; La bouche est fermée; les lèvres sont flasques et pendent de l’un ou de l’autre côté , suivant que la tête est inclinée à droite oa à gauche, ce qui produit une déformation notable de la bouche ; ces lèvres sont encore assez résistantes pour ne pas se déchirer lorsqu’on soulève le cadavre à l’aidé de pinces appliquées sur elles. La langue est entière, enfermée dans la bouche, ramollie, d’un vert olivâtre, et couverte d’une matière demi-fluide, d’un jaune sale. La membrane muqueuse de la bouche et le voile du palais sont olivâtres ; à la partie postérieure du pharynx , on trouve des granulations semblables à celles dont nous avons déjà parlé.

Il n’existe entre les os du crâne et les parties molles qui les recouvrent aucune trace d’infiltration ; les os sont en général colorés en rose mêlé de vert ; les commissures du crâne Sont entières. Le cerveau, dont les circonvolutions sont très-apparentes, remplit touté la cavité du crâne : il est de couleur lie de vin à l’extérieur, grisâtre àTintérieur, un peu ramolli; cependant il ne coule pas facilement quand on incline la tête en bas. La dure-mère est d’un blanc légèrement rosé et trèsconsistante. Le cervelet est d’un rouge beaucoup plus foncé et très-ramolli, et n’offre plus de trace de sub-

ï8o traité

stance grise ni d’organisation ; il est presque sous forme d’une bouillie homogène. La moelle épinière est ramollie et grisâtre; la membrane qui l’enveloppe est aussi de cette couleur. Le larynx, la trachée-artère et les bronches sont d’un rouge livide à l’intérieur comme à l’extérieur ; mais leur consistance n’est guère diminuée. Les poumons sont de volume ordinaire, emphysémateux, très-crépitans et de couleur rouge, si ce n’est en arrière et dans quelques autres points où l’on voit des plaques noires ; ils surnagent l’eau et se déchirent très-facilement ; leur texture ressemble assez à celle des poumons enflammés (i), Le péricarde renferme un peu de sang noir fluide; il est imbibé par ce liquide ; cependant il est encore assez consistant : sa couleur est rouge lie de vin. Le cœur est flasque, facile à déchirer, de couleur lie de vin foncée, surtout à l’intérieur ; les ventricules renferment une certaine quantité de sang noir, en partie coagulé ; du reste, toutes les parties de cet organe sont distinctes. Les gros vaisseaux sont vides et colorés en violet, surtout à l’intérieur ; leur consistance ne paraît que peu diminuée. Le diaphragme est vert bouteille inférieurement; en hkut, cette teinte est moins prononcée, et tire un peu sur la couleur lie de vin.

L’œsophage et l’estomac sont d’un rouge violacé à l’intérieur comme à l’extérieur. Ce dernier viscère ne contient qu’une petite quantité d’un liquide épais et

(i) Peut-être cet enfant avait-il succombé à une pneumonie.

DES EXHUMATIONS JURIDIQUES; ' l8l

noirâtre ; sa membrane muqueuse, en général, d’une teinte lie de vin foncée, offre dans plusieurs parties > notamment dans le grand cul-de-sae, des taches intéressant à la fois les trois membranes; mais c’est la membrane muqueuse qui présente la coloration la plus foncée. Quoique au premier abord cette couleur lie de vin puisse faire croire que l’estomac est fortement enflammé, on ne voit pas d’injection vasculaire : du reste, les trois membranes existent et ne sont pas très-ramollies. Les intestins, d’une teinte beaucoup moins foncée, sont cependant rouges.

Le/o/e, très-ramolli, conserve cependant sa forme ; il est d’un vert bouteille tellement foncé qu’il paraît noir ; sa membrane externe se détache avec la plus grande facilité ; sa structure est méconnaissable, et on ne peut guère y reconnaître que les orifices des vaisseaux sanguins. La rate est absolument dans lé même état. Les reins sont parfaitement distincts , d’un gris ardoisé dans quelques points et rougeâtres dans d’autres ; leur membrane externe se sépare facilement : quand on les incise, on y reconnaît toutes les substances, quoique leur couleur soit beaucoup plus foncée et qu’ils présentent un ramollissement marqué. La vessie est vide, et ne participe pas à cette teinte rouge foncée qu’offrent les autres tissus membraneux ; cependant elle est d’un gris légèrement rosé, surtout à l’extérieur. La verge est parfaitement reconnaissable, mais ramollie ; le scrotum est presque dans l’état naturel.

On ne voit point de vers sur le cadavre.

iBà . •• •. TRAITÉ

N...,, enfant du sexe masculin, âgé de seize jours, mort le 3 février 183o, fut mis le surlendemain dans un tas de fumier exposé à l’air. Voici l’état extérieur du corps au moment où il a été placé dans ce milieu: couleur générale d’un blanc très-légèrement rosé, excepté au dos et aux fesses, où il existe quelques lividités cadavériques d’une nuance, fort claire ; ombilic (cicatrisé.

Examen du cadavre le 4 - avril i83o, cinquante-trois jours après le commencement de ï’expérienee. Depuis le ii février jusqu’au 4 avril, la température avait beaucoup .varié ; le maximum avait été de io° 4- o° pendant les derniers jours de février, et la moyenne, pendant le mois de mars, de 8°,5 -j- o° tn. centig. Le cadavre paraît entier; sa surface est recouverte de brins de fumier, dont-quelques-uns sont tellement adhérens, qu’il est difficile de les séparer sans altérer les tissus ; on y voit aussi beaucoup de vers. Coloration. Il est impossible d’indiquer une teinte générale, car on voit que les, cuisses', les jambes et les avant-bras, sont d’un rougé aurore, que la partie antérieure du thorax et de d’abdomen offre la même couleur dans certains points; mais quelle est plus généralement d’un blanc mat ou jaunâtre, que les parties latérales de.ces deux régions sont d’un gris verdâtre sale, excepté dans les portions sur lesquelles les bras étaient appliqués, qui sont d’un blanc très-légèrement rosé ; dans ces parties, qui évi-

BBS EXETJMATIÔWS •JURIDIQUES, î;83

déminent n’ont pas été én contact avec le fumier, il y a encore de l’épiderme. Le bras droit et le col sont d’un gris verdâtre sale; toute la partie droite de la face est d’un vert foncé et humide; la partie gauche est aurore dans les deux tiers supérieurs et verdâtre dans son tiers inférieur. Le crâne est tellement couvert de fumier, qu’on ne voit pas d’abord sa couleur, qui est verdâtre. Le dos est moins humide que les autres parties du corps; lorsqu’on gratte avec le scalpel et qu’on enlève etle fumier et l’enduit jaunâtre qui le recouvrent, on voit qu’il est marbré de larges plaques d’un rouge foncé, grenade, aurore, jaune, blanc jaunâtre et verr dâtre. 'Dans plusieurs régions, notamment aux mains, aux jambes et au front, il existe des moisissures blanches , comme pointillées; vers le coude, ces moisissures affectent la forme de larges plaques.

Quoique nous ayons dit que le cadavre paraissait entier, nous ferons remarquer que dans certains endroits les tégumens sont détruits et offrent des corrosions, dont quelques-unes ont un pouce de longueur sur sept ou huit lignes de large, et qui intéressent mêmeles muscles ; on en voit à la partie supérieure et latérale droite du thorax, dans les deux régions iliaques, à la partie supérieure et antérieure delà cuissse droite, aux jambes au cou et àu bras gauche; il en existé encore d’autres beaucoup plus petites, disséminées sur diverses parties du corps.

- Il n’y a àéépiderme que dans les parties qui n’ont pas été en contact avec le fumier; ainsi on en trouve à la partie interne du bras droit, et à la portion cor-

respondante du thorax sur laquelle ce bras était appliqué , et dans l’aine gauche, là où la cuisse était en contact avec la région pubienne; il est blanc, translucide et facile à déchirer. Partout, ailleurs, c’est-à-dire dans les parties dépouillées d’épiderme, il existe un enduit différemment coloré, qui leur donne un aspect humide et même gras dans quelques points; cet enduit est liquide, plus ou moins épais ou même de consistance d’onguent; il est un détritus évident de l’épiderme mêlé à une certaine quantité de gras des cadavres provenant de la décomposition des tégumens; ce gras est surtout apparent à la partie antérieure de 1 abdomen et\du thorax, au bras et à l’avant-bras droits. Quand on a enlevé cet enduit* en grattant avec le scalpel, on s’assure que la moitié environ de la peau de la partie antérieure du corps a été saponifiée ; celle qui reste est diversement colorée dans les diverses régions, et affecte partout les nuances indiquées à l’occasion de la coloration de la surface du cadavre; ces teintes sont surtout marquées au dos, où la peau est conservée en entier, si ce n’est un peu en haut, vers l’épaule gauche; du reste, cette peau, quoique amincie, résiste encore assez à la traction. Les ongles sont détachés ; queiques'-uns cependant sont maintenus dans leur position par Un mélange.d’enduit graisseux et de fumier qui les accolé en quelque sorte aux doigts et aux orteils ; ils sont flexibles, élastiques, translpeides, grisâtres ét trèsfaciles à déchirer. Les ôheveux, très-nombreux, sont entremêlés de l’enduit déjà indiqué et de fumier; ils tiennent à peine aux tégumens.

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Le tissu cellulaire sous-cutanë est transformé en gras, excepté dans les parties qui étaient couvertes par l’épiderme et au dos, et encoré commence-t-il déjà à se saponifier.

En général, les muscles sont d’un rouge foncé et ramollis ; quelques-uns même sont réduits en une bouillie rougeâtre ou verdâtre ; là où nous avons dit exister des corrosions à la peau, le tissu musculaire est détruit. Au dos, les muscles sont violets, et beaucoup moins ramollis que ceux de la partie antérieure du corps qui n’étaient pas sous forme de bouillie. Les tendons et les aponévroses sopt très-faciles à déchirer et de couleur blanche. Les nerfs sont rosés et même rouges dans certaines parties, et ramollis. Les ligamèns , également de couleur rosée, offrent encore beaucoup de résistance. Les cartilages sont couleur de betterave, et les os paraissent dans l’état naturel.

Tête. La face est méconnaissable; le front qui est encore presque entièrement couvert de peau, est d’un rouge vineux par places et d’un rouge plus foncé dans d’autres portions. Les orbites, au premier abord, paraissent vides; cependant on trouve dans leur fond quelques débris des membranes des yeux, d’un rouge violacé, et dans lesquels il serait difficile de reconnaître autre chose que le tissu de la sclérotique et le nerf -optique. Il n’y a à la place des paupières que des lam-beauxminces de parties molles, encore humides, d’un rouge vineux et d’un rouge plus foncé par places. La peau du nez est en partie détruite, oar il n’existe que la portion qui recouvre les os propres et l’apophyse mon--

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tante de l’os maxillaire ; cette peau est d’un vert noi-, râtre ; du reste, les diverses pièces osseuses qui entrent dans la composition du nez et des fosses nasales ne sont plus articulées entre elles, et sont tombées pêlemêle dans les cavités de ces fosses. La joue gauche est presque entièrement détruite, excepté dans la région, de la pommette, où l’on voit une masse de gras des cadavres recouverte de petites lamelles de peau trèsamîucie et facile à déchirer, de couleur rougeâtre sale mêlée de vert. La joue droite est mieux conservée, plus humide, et la transformation graisseuse n’y est pas aussi avancée; on y trouve'encore des débris du masséter qui offre l’aspect des autres muscles. On n’aperçoit plus à la place des oreilles qu’une matière molle, moitié membraneuse, moitié grasse, dans laquelle il est impossible de reconnaître la forme de ces organes. Les os maxillaires sont presque entièrement désarticulés et de couleur olivâtre très-foncée. La bouche est ouverte; il ne reste à la place des lèvres que quelques petits lambeaux de parties molles, d’un vert noirâtre, peu humides. La voûte palatine est olivâtre. Le voile du palais est violacé et perforé vers la partie supérieure gauche. Les dents, qui à cet âge sont réduites en quelque sorte à la couronne , ne sont plus dans les alvéoles et sont tombées dans la bouche ; elles sont noires. La langue est détruite dans sa moitié gauche; la partie qui reste est très-ramollie, d’un rouge violacé, surtout à l’intérieur de sa substance; sa surface est enduite d’un fluide vert foncé qui au premier abord la fait paraître de cette couleur.

Le crâne est en partie dénudé; les parties molles qui existent encore, surtout en arrière, sont fortement accolées à du fumier; elles sont brunes et formées par des restes de peau très-amincie, sous laquelle on voit uné grande quantité de vers blancs ; à gauche, on trouve, sous une membrane mince, jaunâtre, du tissu cellulaire transformé en gras. La dure-mère est d’un vert clair à l’extérieur, et d’un vert bleuâtre à sa face interne; du reste, elle ne diffère pas beaucoup de l’état naturel. Le cerveau offre une teinte verdâtre à sa surface; mais pour peu qu’on en enlève une légère couche, on voit qu’il est transformé en une bouillie d’un rose sale dans les parties les plus superficielles, et lie de vin dans celles qui sont plus profondément situées ; il est impossible de reconnaître ni circonvolutions, ni sillons? ni aucune des'parties qui composent l’organe. La bouillie que l’on remarque à la place du cervelet est enpore plus fluide et d’un rouge plus foncé que celle qui provient du cerveau.

Le larynx offre encore toutes les parties qui le composent; sa membrane muqueuse est d’un rouge brun sale et comme “incrustée çà et là de petites granulations ressemblant à des grains de sable : la tunique interne de la trachée-artère et des bronches paraît au premier abord d’un gris ardoisé verdâtre ; mais en l’examinant de plus près, on voit qu’elle est violacée sur les cerceaux cartilagineux et d’un gris verdâtre entre eux; elle est sensiblement ramollie. Les poumons sont assez volumineux, très-emphysémateux, crépitans et nagent sur l’eau, même avant d’être séparés du

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cœur, et après avoir été fortement comprimés sous ce liquide ; ils sont d’un rouge foncé par places et d’un rouge plus clair dans d’autres ; en général, ils sont d’un vert bouteille à leur face interne; ils ne contiennent point de sang ; on peut encore assez bien reconnaître leur structure, quoiqu’ils soient notablement ramollis. Le péricarde contient une petite quantité d’un liquide verdâtre; il est d’un vert foncé tirant sur l’ardoise, et il a perdu de sa consistance. Le cœur est très-mou, d’un vert tirant aussi sur l’ardoise dans toute sa partie.droite, surtout en arrière , et d’un violet foncé en avant et à gauche ; il conserve sa forme, et renferme dans le ventricule droit un peu de liquide sanguinolent, assez fluide; le ventricule gauche est à peu près vide; linté^ rieur des cavités de cet organe èst d’un rouge brun à droite et d’un violet foncé à gauche : du reste, on distingue encore parfaitement les colonnes charnues, les valvules, l’orifice interauriculaire, etc. Les artères ne contiennent point de sang, mais un liquide roussâtre; leur tunique interne est de couleur auroré. Les veines sont amincies, translucides, et couvertes d’une légère couche d’une matière rosée. Le diaphragme est coloré en vert tirant sur l’ardoise, surtout dans la partie qui recouvre le foie; il est ramolli; mais on y distingue très-bien les fibres musculaires et le centre tendineux, quoique.cclui-ci soit d’une couleur grise ardoisée, et n’offre par conséquent pas la différence de couleur, par rapport aux fibres musculaires, qu’on remarque dans l’état ordinaire.

\] œsophage est d’un rouge violet à l’extérieur, d’un

rouge vineux à l’intérieur ; il est mou et facile à déchirer. L ’estomac est vide et très-ramolli; il est d’un vert foncé tirant sur l’ardoise dans sa partie antérieure correspondante au foie; partout ailleurs, en avant, il est d’un rouge vineux ; sa face postérieure et externe est d’un bleu clair dans le voisinage de la rate, et d’un jaune rose dans le reste de son étendue. Il est emphysémateux; car, dans plusieurs points, la membrane séreuse est soulevée par des gaz, de manière à former des bulles assez grosses. La tunique muqueuse est entièrement couverte d’un enduit ardoise foncé sale, assez fluide, qui, étant enlevé, la laisse apercevoir colorée exactement de la même manière qu’à l’extérieur, c’est-à-dire que les plaques d’un vert foncé, d’un rouge vineux, d’un bleu clair et d’un jaune rosé, correspondent aux parties externes ainsi colorées : du reste, cette membrane muqueuse est lisse et moins villeuse que dans l’état naturel. Le canal intestinal est jaunâtre, légèrement rosé à l’extérieur, excepté dans les portions du colon qui avoisinent le foie,,et qui sont couleur d’ardoise foncée ; ces deux premières couleurs passent promptement au rose et même au rouge par l’action de l’air. Leur surface interne contient des matières fécales ramollies et sous forme d’un enduit jaunâtre, qui communique cette teinte à la membrane muqueuse sous-jacente. Les parois des intestins sont sensiblement ramollies.

Le foie est d’un vert tirant sur l’ardoise; il a beaucoup perdu de sa consistance ; lorsqu’on l’incise, on y remarque encore bien l’orifice de certains vaisseaux;

TRAITÉ

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mais on ne voit plus l’aspect granulé qu’offre çet organe dans l’état normal. La rate est encore plus ramollie; sa couleur est la même que celle du foie à l’extérieur; intérieurement elle est presque noire. Les reins , d’un gris foncé, sont très-mous aussi ; il est difficile de reconnaître les différentes substances qui les composent ; on y distingue bien les calices. La vessie a une légère teinte rosée.

Organes génitaux . Les parties génitales externes sont parfaitement reconnaissables, et, à l’exception des grandes lèvres qui ont été en partie détruites, on les trouve entières. Ces grandes lèvres sont rosées intérieurement et d’un gris verdâtre à l’extérieur ; les nymphes et le clitoris sont d’un rouge violacé et mous. L’utérus est aussi un peu nioins consistant qu’à l’état normal et d’un violet clair.

OBSERVATION 5 e .

Le 22 juillet 1829, à midi, on enfonça dans un tas de fumier le cadavre d’une petite fille âgée de quatre jours, morte la veille. Le corps était décoloré, à l’exception de quelques taches bleuâtres, semblables à des ecchymoses, que l’on remarquait aux membres et au côté droit de la tête. Les yeux étaient fermés, la bouche ouverte ; le cordon ombilical n’était pas encore tombé. La grande lèvre du côté droit offrait une incision.assez profonde. La" te te était couverte de cheveux courts et noirs.

Le lendemain à huit heures du matin, la portion du

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fumier qui entourait le cadavre était à la température de 45 0 th. centigr., tandis qu’à l’air le même thermomètre marquait seulement. 26°. En enlevant les couches de fumier pour chercher le corps, il se dégageait une fumée assez épaisse. Le cadavre était entier, et sans autre trace de coloration que celle que nous avons indiquée ; l’épiderme était déjà détaché dans quelques parties, et s’enlevait avec la plus grande facilité dans les autres. La peau était comme cuite et facile à déchirer 5 celle qui recouvre la partie antérieure du cou s’était en effet déchirée par le simple renversement de la tête en arrière, qui avait eu heu lorsqu’on avait sorti le cadavre en le prenant par les pieds; les muscles de la partie antérieure du cou avaient également été déchirés. Le cadavre fut replacé de suite dans le fumier.

Le jour suivant ( 24 juillet), à midi, la température était de 2 g° th. centigr., et celle du fumier qui entourait le corps , de 46°. La putréfaction était tellement avancée, que lorsqu’on cherchait à sortir le cadavre, on l’enlevait par morceaux; les os étaient désarticulés; ceux du crâne, séparés les uns des autres, laissaient voir la masse cérébrale encore entière, d’un rouge clair, teinte que présentaient aussi les différens lambeaux de chair que l’on pouvait extraire, excepté toutefois dans la partie de ces lambeaux qui était formée par la peau : celle-ci, en 'effet, était jaune, tirant dans quelques points seulement sur le rose. La consistance de ces lambeaux était celle de la viande cuite et ramollie l’odeur aussi ressemblait beaucoup à celle de cette

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viande, si ce n’est quelle était un peu fétide. On ne découvrait plus que des débris d’organes.

Le cadavre d’un autre enfant âgé de six jours, et mort la veille, ayant été mis au centre d’un tas de fumier le 7 août 1829, en fut retiré le 10. Il fut impossible de l’avoir autrement que par lambeaux; les parties molles étaient comme la chair des jeunes animaux que l’on a fait cuire.

Résumé des changemens qu’éprouvent les cadavres placés dans le fumier.

Epiderme . Il commence par se rider et se plisser, puis se soulève, se détache, et tombe sans qu’on puisse dire quelles sont les portions du cadavre qui se dépouillent d’abord, ni indiquer rien de constant dans la marche de cette chute. Assez généralement il devient mince, et conserve sa translucidité et sa blancheur; cependant, lorsqu’il recouvre des parties de peau fortement colorées, il paraît coloré lui-même en jaune, en aurore, en vert, en ardoise, et même en noir, ce qui tient souvent à.la présence d’un enduit de nuance différente et plus ou moins poisseux dont le derme est recouvert. Il arrive aussi que chez le meme sujet, les parties qui n’ont pas été en contact immédiat avec le fumier, comme les paumes des

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mains, lorsque celles-ci sont restées fermées, sont pourvues d’épiderme blanc et presque dans l’état naturel; tandis que parmi les autres quelques-unes offrent leur épiderme diversement coloré et sensiblement altéré. Plus tard, partout où ce tissu n’existe plus, on trouve à sa place un enduit de couleur variée, qui leur donne un aspect humide et même gras dans quelques points; cet enduit est liquide, plus ou moins épais, où meme de consistance d’onguent; il est un détritus évident de l’épiderme, mêlé à une certaine quantité de gras des cadavres provenant de la décomposition des tégumens. Ajoutons que même de trèsbonne heure on remarque sur plusieurs parties de ' l’épiderme des moisissures blanchâtres, d’un blanc grisâtre, etc.

Ongles et cheveux. Les ongles ne s’altèrent pas d’abord ; quelque temps après ils deviennent flexibles, plus élastiques, grisâtres et faciles à déchirer; plus tard ils se détachent et tombent, à moins qu’après avoir été séparés ils ne soient maintenus par un enduit graisseux mélangé de fumier, qui les accole en quelque sorte aux doigts. Les cheveux ne sùbissent aucun changement, mais ils finissent par adhérer à peine aux tégumens.

Peau. La peau se colore d’abord en jaune abricot, puis en rose très-clair; quelque temps après elle affecte diverses nuances : ainsi dans quelques points elle est enduite d’une matière graisseuse de couleur jaune d’ocre ou brunâtre; dans d'autres, elle est colorée par une couche humide vert bistre, qui paraît devoir son

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