‹ Traitment moralChapitre 21 sur 97 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Circonstances dans lesquelles un enfant peut naître ou devenir idiot.

Autre chose c’est à mon sens que la cause d’un mal et les circonstances dans lesquelles il se peut produire.

La cause amène à coup sûr l’effet tôt ou tard, la circonstance ne saurait que passer pour en favoriser le développement, ou tout au plus, pour en être, ou en paraître la cause, dans un certain nombre de cas donnés.

Je désire qu’on ne prenne pas à mal l’extrême circonspection avec laquelle je sens le besoin de traiter cette partie de mon sujet. J’aime autant que personne l’affirmation franche et précise, et quand un fait me semble

DE L’IDIOTIE

évident comme fait, une idée évidente comme déduction, je n’amoindris jamais les termes de ma formule du fait ou de l’idée. Mais, ici, il ne s’agit ni d’une opinion rationnellement démontrable, ni d’un fait logiquement assis sur des faits ; il s’agit pour moi de dire quelles sont (parmi les circonstances qui m’ont été communiquées comme ayant pu influer sur l’état primitif des innombrables sujets, que j’ai été à même d’observer), quelles sont, dis-je, celles de ces circonstances qui peuvent être considérées comme ayant le plus influé sur la production

Or, rien de ce que j’ai à dire sur les circonstances dans lesquelles l’idiotie a pu se produire n’est positif, rien n’est certain. Non-seulement j’ai dû m’en rapporter dans mon appréciation de ces circonstances au dire d’autrui; mais encore les personnes qui me devaient peut-être cette communication, ne s’y voulant sans doute pas croire obligées, et moi ne pouvant les y contraindre, il en est résulté, que les unes m’ont célé quelques parties essentielles de ces circonstances, tout en les reconnaissant pour la plupart ; que les autres m’en ont allégué de chimériques par ignorance ou par dissimulation bien ou mal fondée ; tandis que, pour les mêmes motifs probablement, plusieurs ont gardé sur le même sujet un silence dont je n’ai pu les faire sortir. Le mauvais coté de ces réticences, de ces réserves, de ces suppositions et de ce silence, c’est que les circonstances dans lesquelles l’idiotie se produit, sont encore presque toutes peu assignables ; et que si je me crois obligé de relater celles que ma longue expérience et la confiance, toute personnelle, que l’on m’a souvent témoignée, m’ont mis à même de recueillir, je ne puis et ne dois le faire qu’avec une extrême circonspection, et en ayant soin de répéter que j’attache une importance véritable à ce qu’elles ne soient considérées que comme des documents que j’apporte pour aider à débrouiller l’étiologie si obscure de l’idiotie.

Parmi les circonstances qui m’ont été le plus souvent alléguées comme ayant pu contribuer à l’idiotie ou la provoquer, je signale les suivantes, en les donnant dans

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