CIRCONSTANCES
trouvaient à l’époque de la conception ; et c’est particulièrement au sujet d’hydrocéphales, que cette circonstance m’a été le plus souvent signalée.
5° On accuse encore la vieillesse du père plus que celle de la mère, et surtout la sénilité précoce résultant de travaux intellectuels, de préoccupations ambitieuses, des fatigues de la guerre ; les maladies syphilitiques, ou leur traitement ; les maladies cutanées, comme la gale, les dartres, etc.
6° On a craint également qu’un contraste excessif dans le tempérament des conjoints, soit un père très nerveux, et une mère excessivement sanguine aient pu produire certain cas d’idiotie.
7° On a remarqué assez souvent qu’après des couches heureuses et très rapprochées, un enfant naît idiot, comme si la nature, lasse de produire un type parfait, s’était à peine senti la force d’ébaucher cette dernière création ; mais cette remarque s’applique également à d’autres infirmités ; car il arrive souvent aussi que ce dernier enfant est épileptique, hémiplégique, sourd, aveugle, boiteux, etc . , etc
8° J’ai personnellement observé que les idiots sont communs dans la classe des artisans qui travaillent assilûment le cuivre, battent et Jiment ce métal et en respirent les poussières ; mais je dois dire, que les parents n’ont jamais semblé tenir compte de ce fait.
9° On attribue également l’idiotie à la* suspension ou à la privation, native ou périodique, d’une ou plusieurs fonctions, comme il arrive dans l’épilepsie, l’hémiplégie, la paraplégie, la cécité, la surdité. Pour ce qui est de cette dernière infirmité, quoique les admirables travaux de Pereire et de l’abbé de l’Epée aient rendu l’éducation possible à bon nombre d’enfants muets par surdité, il paraît certain que près de la moitié des sourds-muets sont tellement dépourvus d’intelligence (par le fait de
DE L’IDIOTIE
l’absence de l’audition, sans doute) qu’ils sont incapables de profiter des bienfaits de la méthode, appropriée à leur état ; et que beaucoup d’entre eux sont, pour la même cause, véritablement idiots, au moins intellectuellement parlant.
Telles sont les circonstances congéniales auxquelles on a le plus souvent attribué l’idiotie.
Enfin, lorsque 1 idiotie n’a paru se manifester que dans les premiers mois qui suivent la naissance, on fa attribuée :
10° Aux excès de boisson de la nourrice, ou aux impressions morales qu’elle aurait pu éprouver.
11° Aux maladies aiguës et graves de l’enfant, comme congestions, fièvre cérébrale, convulsions de toute nature, à la dentition anormale qui me semble plutôt ici un effet qu’une cause, etc....
12° Aux dispositions érectiles, natives ou provoquées dans le nouveau-né.
En exposant ainsi la majeure partie des circonstances qui m’ont été présentées comme ayant précédé l’apparition de l’idiotie, je n’ai pas prétendu les admettre toutes sur le même pied de probabilité ; je les livre comme on me les a données ; seulement on me les a données comme des causes d’idiotie , je les soumets en qualité de circonstances aux hommes qui voudront bien concourir à mon oeuvre en recherchant avec moi la vérité sur ce point obscur de l’étiologie de mon sujet. Du jour où une ou plusieurs de ces circonstances , qui précèdent souvent l’idiotie , seront reconnues pour en être causes ; du jour où toutes les causes de l’idiotie seront connues, de ce jour-là on aura fait plus et mieux que moi, car on aura trouvé le moyen d’éviter presque toujours, presque partout l’idiotie, tandis que moi, je n’ai pu jusqu’à présent que tenter de la corriger . Pour me résumer à cet égard , j’affirme que Ton peut dès à présent assigner certaines causes que j’ai dites à l’idiotie, et que l’on en peut déjà vérifier un plus grand nombre, sur la voie desquels je