‹ Traitment moralChapitre 28 sur 97 · ÉTATS PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

ÉTATS PATHOLOGIQUES

remarquons qu’elle peut précéder l’idiotie, et aussi lui être originairement contemporaine. Les même remarques doivent être faites pour l’hémiplégie et la paralysie des membres inférieurs. La chorée ne se manifeste pas avant que les premiers symptômes de l’idiotie ne puissent être observés; il n’y a donc, par conséquent, aucune raison de croire que la chorée précède et provoque l'idiotie : du reste l’une peut persister quand l’autre s’efface. Les dépravations du goût et de lodorat sont fréquentes dans l’idiotie ; et doivent être regardées, je l’ai montré plus haut, comme faisant partie de ses caractères accidentels; la myopie et le strabisme sont communs parmi les idiots, la cécité les affecte moins souvent que la surdité d’où résulte le mutisme, la dyssenterie se rencontre aussi dans cette classe d’infortunés, qui est également sujette aux épistaxis et à diverses affections cutanées, comme la teigne, les dartres, les aphthes, etc.

Enfin, quant aux maladies aiguës qu’ils semblent disposés à contracter, on doit particulièrement redouter pour eux les inflammations cérébrales et les fièvres typhoïdes, auxquelles ils sont sujets. Telles sont les infirmités, les maladies et incommodités dont les idiots sont plus généralement atteints que les autres hommes. Sans doute, cette complication est fâcheuse dans tous les cas, et terrible dans plusieurs ; sans doute aussi, il serait à désirer que l’on connut les rapports possibles, qui existent sans doute, entre ces affections et celle que nous considérons ici comme la principale, l’idiotie ; sans doute encore, il serait urgent de classer ces affections selon leur ordre d’importance relativement à l’idiotie, et selon le genre d’idiotie que pourrait révéler la présence de chacune d’elles; mais toutes ces questions, loin d’être résolues, sont à peine posées aujourd’hui; je ne puis en ce moment que les indiquer.

Mais, de ce que ces questions sont encore dans le vague de l’indécision, est-ce un motif pour les rejeter toutes confusément sur la question même de l’idiotie, question si grosse par elle-même, qu’il suffit de l’aborder pour être effrayé de la quantité de problèmes qu’elle soulève. Les

DE L’IDIOTIE

gens qui grossissent ainsi l’idiotie de toutes les infirmités qui lui sont accessoires, me font l’effet de ces besogneux qui empilent sur leur bureau des masses de dossiers, et qui s’y enterrent la tête.... pour dormir. Il est peut-être temps de dire à tous ces avocats de la médecine : au fait , Messieurs, venons au fait. Le fait , c’est l’idiotie ; les accessoires du fait , ce sont les infirmités aggravantes dont vous tirez si bon parti pour récuser le fait lui-même. Traitez pharmaceutiquement les infirmités accessoires, en tant qu’accessoires, s’il vous convient ; mais laissez-nous le fait, l’idiotie pure et simple, ou prenez-le une bonne fois corps à corps, seul à seul, et nous verrons.

L’idiotie etl’imbécillitépeuventdonc être, reconnaissonsle de suite, simultanées à divers états particuliers, comme l’ hémiplégie, la paraplégie, l’épilepsie, etc..., toutes affections spéciales, que le pra'icien doit savoir diagnostiquer à leurs symptômes évidemment distincts des états nerveux propres à l’idiotie. Ces complication! aggravent l’infirmité primitive, sans doute, maisil ne faut pas les confondre avec elle, et par conséquent, désespérer d’un enfant parce qu’il résume en lui plusieurs infirmités . Et particulièrement lors» que l’épilepsie ou des accès épileptiformes se joignent à l’idiotie, au lieu de laisser appliquer au hasard et successivement les formules des commères, saisissez d’une main ferme la direction du sujet; faites prédominer les exercices musculaires et sensoriels; sans doute l’état épileptiforme pourra persister; mais, à coup sûr, il ne s’aggravera pas sous l’influence du régime que je propose; et le pire qui puisse arriver, c’est que la famille continue d’avoir un épileptique au lieu d’un idiot -épileptique ; mais souvent aussi les accès cèdent à quelques mois d’activité bien dirigée, bien graduée (1), et vous avez fait, si l’on peut ainsi dire en matière grave, d’une pierre deux coups. Mais, dans ce cas et ses analogues, soyez sobre de promesses, car vous serez toujours pauvre d’espérance, agissant sur une inconnue...

(1) Voyez 4® partie, les 3e et 4® observations.

DIAGNOSTIC

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