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CHAPITRE IL Divisions antérieures de l’Idiotie

Après avoir défini l’idiotisme ou l’idiotie, comme nous venons de le voir, les auteurs ci-dessus nommés et autres ont tenu à en donner leur division par genres : cela était rationnel. Malheureusement partis du même point dans la recherche des genres que dans la caractérisation du fait lui-même, leurs divisions de l’idiotie ne portent pas plus que leurs définitions ce caractère de positivisme qui consacre les théories.

Les uns ont admis une idiotie congéniale et une idiotie consécutive, laissant spirituellement dans les nuages le sens du dernier mot. C’est pourquoi l’on ignore encore ce que signifie leur pythique consécutive. Consécutive à quoi? à la naissance, aune affection scrophule.use, rachitique, épileptiforme, inflammatoire, aiguë comme la fièvre cérébrale, chronique comme le crétinisme; consécutive à

DE L’IDIOTIE

quoi? Vous parlez comme des oracles, messieurs, mais non comme des savants : Delphes n’est plus, et la faculté de médecine ne se contente de coq-à-l’âne qu’en attendant mieux. D’ailleurs qu’importe au traitement, à l’éducation, à l'avenir des idiots, le congénial et le consécutif de l’idiotie? L’idiotie est ce qu’elle est, là où elle est, modifiable ou non, nous verrons ; mais qu’elle soit une affection idiopathique ou sympathique ; que les appareils nerveux soient lésés primitivement ou consécutivement, cel-a importe à savoir sans doute, mais ce n’est point là le fait capital, ni le motif capital d’une division de l’idiotie en espèces distinctes.

Les autres ont divisé l’idiotie en deux genres : l’idiotie propre et l’imbécillité. Dans le premier, ils ont jeté les sujets repoussants ; dans le second, ils ont admis les sujets tolérables : de telle sorte qu’idiotie et imbécillité, selon eux, seraient tout simplement les corrélatifs de dégoût et pitié. Mais cette division philanthropique n’a pas seulement l’inconvénient de son origine, elle laisse encore percer deux petits défauts dont un seul est un cas rédhibitoire. Le défaut le plus sensible de cette division des idiots, en idiots et imbéciles, c’est qu’elle ne les divise pas, et qu’entre cent sujets donnés il sera impossible d’établir cette importante démarcation au vingtième, au quarantième, au soixantième, car on trouvera entre eux autant de nuances d’idiotie que de sujets : tel est le défaut le plus sensible de cette division artificielle. Mais son défaut fondamental, défaut qui, pour ne pas choquer au premier aperçu, n’en est pas moins sérieux, c’est que cette division ne repose, comme toutes les études superficielles dont l’idiotie a été l’objet, que sur les caractères psychologiques de l’idiotie, et encore sur des caractères psychologiques mal observés, comme j’espère le prouver plus loin,

Enfin qualifierai-je les divisions de l’idiotie en trois, quatre, ou cinq genres qui reposent également sur le plus ou le moins d’aptitudes intellectuelles de chaque sujet? A quoi bon; j’aime mieux citer les textes mêmes : quand chacun parle pour son compte il est plus sûr d’être compris.

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