CHAPITRE XIX
Cadre monographique de l’Idiotie.
§ I. — Portrait.
Age;
Sexe ;
Tempérament, santé ;
Maladies, infirmités accessoires;
Configuration détaillée du crâne ;
Configuration de la face ;
Rapport proportionnel du crâne et de la face ;
Inégalité des deux côtés du crâne et de la face ; Cheveux, peau ;
Rapport proportionnel du tronc et des membres ; Inégalités des deux côtés du tronc et des membres ; Habitude générale du corps ;
Habitude de la tête ;
Habitude du tronc ;
Habitude des membres inférieurs ;
Habitude des membres supérieurs ;
Habitude du poignet, de la main et des doigts ; Configuration des organes de la parole et ses rapports possibles avec le développement des organes de la génération, dentition ;
Configuration thoracique ;
État de la colonne vertébrale ;
État de l’abdomen.
§ IL — Etat physiologique.
De l’activité générale et applicable ;
État apparent du système nerveux ;
De l’irritabilité générale du système nerveux;
De l’irritabilité spéciale de certains appareils nerveux ; Des pleurs, cris, chants, bourdonnements, etc. ;
Du changement que certains irritants, comme le froid, la chaleur, l’électricité, les odeurs, etc., impriment à l’irritabilité et à la sensibilité générales ou spéciales.
Etat probable du cerveau ;
— de la moelle épinière :
— des nerfs organiques ;
— des nerfs sensitifs ;
— des nerfs moteurs ;
Différence d’action entre les nerfs sensitifs et les nerfs moteurs ;
Inégalité d’action des nerfs moteurs et sensitifs des deux côtés du corps.
Des appareils musculaires, des rétractions musculaires et de l’état des sphinters en particulier ;
Des mouvements musculaires ;
Des mouvements volontaires;
Des mouvements automatiques qui dépendent de l’état du grand sympathique ;
Des mouvements automatiques, qui dépendent de l’état des organes centraux ;
Des mouvements spasmodiques, du balancement;
Des mouvements coordonnés ou désordonnés ;
Des flexions articulaires volontaires ;
De la locomotion ;
De la station, couché, assis, debout ;
De la marche, de monter et de descendre ;
De la course ;
Du saut ;
De la préhension des corps ;
Du jet des corps ;
De la réception des corps ;
Du lancement des corps ;
De s’habiller, manger seul, etc. ;
Du tact ;
Du goût ;
De l’odorat ;
De l’audition ;
Du regard ;
CADRE MONOGRAPHIQUE.
De l’érectilité ;
De la voix, des voix anormales ;
De la parole ;
Des fonctions assimilatrices ;
Des appétits desordonnés ;
De la préhension des aliments ;
De la mastication ;
De la déglutition ;
De la digestion ;
Des déjections alvines et urinaires, volontaire ou involontaires, des excrétions, salive, mucus nasal, larmes, humeur sébacée, sueurs, transpiration, etc... ;
Du pouls ;
De la respiration ;
Du sommeil.
§ III. — État psychologique.
De l’ attention ;
De la perception sensorielle ;
De la perception intellectuelle ;
De la comparaison ;
Du jugement ;
De la réflexion ;
De la déduction ;
De la combinaison ;
De l’invention ;
Et jusqu’à quel point ces opérations intellectuelles, quand elles existent, s’appliquent-elles aux phénomènes concrets, mixtes, c’est-à-dire concrets et abstraits, ou purement abstraits, et aux idées de l’ordre moral ?
Les notions des propriétés physiques des corps, comme la couleur, la forme, la dimension, l’agencement des parties pour former un tout, sont-elles perçues ?
Les idées générales de temps, d’espace, de mesures conventionnelles, de valeur relative, intrinsèque ou arbitraire, sont-elles comprises et sont-elles appliquées à la vie réelle ?
Les connaissances vulgaires, telles que lettres, lecture,
DE L’IDIOTIE
écriture, dessin, calcul, ont-elles ou non été données au sujet, et peuvent-elle l’être dans son état présent ?
L’aptitude à la musique et au calcul, le goût du chant ou le besoin irrésistible de chanter, se sont-ils naturellement produits ?
Des mémoires diverses ;
De la prévision, de la prévoyance.
§ IV. — État instinctif et moral.
De l’instinct de conservation personnelle ;
Des instincts d’ordre, de rangement, de conservation, ou de destruction des choses ;
De l’aggressivité, de la cruauté ;
De l’instinct d’assimilation, de possession ;
L’enfant, est-il obéissant ou révolté, respectueux ou moqueur, affectueux ou antipathique, câlin ou caressant, reconnaissant, jaloux, gai ou triste, orgueilleux, vaniteux ou indifférent, courageux ou peureux, timide ou osé, circonspect ou étourdi, crédule ou défiant, joueur et imitateur ?
L’enfant a-t-il le sentiment du bien et du mal abstraits, ou seulemeut par rapport à un petit nombre d’actes qui lui sont relatifs ?
L’enfant est-il spontané, a-t-il la volonté active, cette volonté qui est la cause initiale de tous les actes humains ayant un effet intellectuel ou social ?
L’enfant a-t-il seulement la volonté négative, qui est toute entière au service des instincts et proteste avec une suprême énergie contre toute volonté étrangère tendant à faire pénétrer l’idiot dans l'ordre des phénomènes sociaux et abstraits ?
Enfin jusqu’à quel point l’idiot est-il idiot , solitarius, seul ; en d’autres termes, sous quels rapports et dans quelle limite l’idiot a-t-il franchi la limite de son moi, pour entrer en communication physique, instinctive, intellectuelle et morale avec les phénomènes qui l’ont en touré ?
Cadre monographique. 161
§ V. -- Étiologie.
Origine du père et de la mère ;
Leur constitution ;
Maladies héréditaires ;
Pays où le sujet a été conçu, porté, enfanté, allaité ; Causes possibles de l’idiotie ;
Circonstances notables de la conception ;
— — de la gestation ;
— — de la parturition ;
— — de l’allaitement;
Maladies graves de l’enfant pendant le premier âge ; Infirmités et maladies du premier âge, ou antérieures
à l’idiotie ;
Croissance, décroissance, ou permanence de l’état de l’enfant depuis sa naissance jusqu’au moment de l’observation .
Séguin, Education des idiots .