‹ Traitment moralChapitre 37 sur 97 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Du sexe.

Au nombre des questions qui se rapportent à l’influence du sexe dans l’idiotie, la plus intéressante, celle que Ton doit naturellement se poser la première, à savoir : s’il y a plus d’idiots de l’un que de l’autre sexe, cette question ne saurait être résolue positivement aujourd’hui. Aucune statistique, aucun relevé sérieux n’existe à ce sujet, car les données individuelles ne signifient rien, quand l’individu, livré à ses propres forces, traite dans un coin, sans concours, sans secours, une matière qui devrait attirer l’attention des moralistes, des physiologistes, des économistes et des gouvernants. Tout ce que ma pratique me permet d’avancer à ce sujet, c’est que, en dehors des hospices, j’ai soigné plus de jeunes filles que de jeunes garçons. Cela veut-il dire que le nombre de ces derniers, atteints d’idiotie, est moins grand? que les parents sont plus effrayés des anomalies intellectuelles d’un sexe que de celles qui frappent l’autre ? que l’affection des parents est plus vive pour les filles que pour les garçons? je ne saurais répondre à toutes ces questions, et je pourrais aisément y échapper, en disant: j’estime qu’il y a plus d’idiots parmi les femmes que parmi les hommes. Mais cette estimation, fondée sur des quantités restreintes à ma pratique personnelle, ne prouverait pas grand’chose, et, dans le doute, moi, je m’abstiens.

On peut, en outre, se demander si l’idiotie affecte plus gravement les filles que les garçons et vice versa. Pour ma part, je regarde l’idiotie comme un mal primitivement

Page 1