DE L’INFLUENCE DES AGENTS ATMOSPHÉRIQUES
ces deux agents atmosphériques produisent des actions dissemblables, principalement sur les systèmes nerveux et cutanés, ne dois-je pas ajouter que l’opposition dans les effets physiologiques de la chaleur et de la lumière, me semble indiquer des différences de principes, et accuser en eux deux agents distincts ? Pour nous, en effet, cette différence est plus essentielle à signaler que dans la pratique ordinaire ; car, nuis plus que nos élèves n’ont besoin de lumière, et nuis ne sont plus qu’eux, en général, sensibles à l’action énervante de la chaleur.
Pour eux, le froid, au contraire, quand il n’est pas porté à l’excès, au moins par sa durée, est un élément de santé et de progrès beaucoup plus sûr que la température élevée de l’été. Ils supportent bien huit à douze degrés de froid, et plus même, pendant leurs exercices, pourvu qu’on ait soin de leur préparer un lieu chauffé convenablement pour les recevoir, après une heure ou deux passées à l’air libre et au froid sec. J’ai lu quelque part le contraire de ce que j’avance ; mais si je ne me trompe, il s’agissait bien plus de la température qui plaît à des idiotes majeures, abandonnées à elles-mêmes dans les asiles, que de ce qui convient le mieux aux jeunes sujets dont je m’occupe : là, où l’expérience fait défaut, la théorie n’est plus qu’une charmante causeuse qui perd ses droits au rang que lui assigne le sens-commun.
Dans tous les cas, l’idiot doit être soustrait à l’air humide autant que faire se peut, que l’humidité soit chaude ou froide, il n’importe. On doit éviter également de le plonger dans une atmosphère chargée de gaz délétères, d’émanations odorantes, ammoniacales, fétides ou putrides, de poussières répandues dans l’air par les machines de nos fabriques, etc...
DE L’IDIOTIE