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CHAPITRE XXIX

De l’habillement.

Convenablement logés, on doit vêtir les idiots convenablement ; et luxe et misère semblent, au contraire, s’être

(1) Je dis ici le moins pour le plus. J’ai vu entre autres deux malheureux idiots épileptiques soignés dans un entresol dont mon chapeau touchait le plafond. Leurs deux seules petites pièces contenaient quatre lits et une foule

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donnés la main pour les affubler des vêtements qui provoquent le plus à la saleté, ou qui du moins, semblent faits en vue de les empêcher de s’habiller seuls aussi longtemps que possible.

Deux choses, en effet, sont, bien avant la mode, à considérer dans le système de costume désirable pour mës élèves : c’est la facilité de se tenir propres et de s’habiller seuls.

Pour la propreté, d’abord, comment n’a-t-on pas reconnu pour un détestable moyen celui qui consiste à ensevelir l’enfant, avec ses ordures, sous un large et long sarrau de n’importe quelle étoffe? La facilité qu’il a de salisfaire ses besoins sans presque salir les parties apparentes et adhérentes à son corps de son costume, sans en être incommodé, et par conséquent, sans y porter la moindre attention, éloigne son esprit du moment où !ces fonctions se renouvellent; et la volonté n’entrant pour rien dans ces actes quotidiens, les sphincters, relâchés d’ailleurs primitivement, se détendent presque toujours, perdent leur contractilité ou ne l’acquièrent pas, et échappent finalement à toute action volontaire. Donc, les blouses, tuniques, paletots avec et surtout sans pantalons, offrent cet inconvénient et ce double danger, de dissimuler d’abord à l’idiot sa malpropreté, et ensuite de la rendre chronique, en habituant les muscles volontaires qui doivent présider à certaines excrétions, à une paresse dont les résultats équivalent plus tard à la paralysie.

Le costume de l'idiot doit donc, sous ce premier rapport, être ramené le plus possible aux formes communes. Dans sa coupe, et dans sa division en pièces distinctes ; on doit donc avoir égard, premièrement, aux soins que réclame la propreté ; et ces soins sont de deux sortes : les uns ont pour but de permettre à l’enfant de s'apercevoir de ses besoins avant, ou du moins aussitôt après leur satisfaction, de manière à ce qu’il puisse les prévenir et parer à leurs inconvénients ; les autres, de permettre que lui ou les

de meubles, rebuts d’un splendide appartement contre lesquels ils tombaient presque tous les jours ; et leur père est millionnaire, et leur mère les adore : style vulgaire.

DE L’IDIOTIE

personnes qui le soignent puissent pourvoir aux préparatifs que nécessitent ces mêmes besoins rapidement et facilement.

Sous le second rapport, de la facilité de l’habillement dans son ensemble et dans ses détails, les pièces doivent être détachées nettement les unes des autres, se fermer et s’ouvrir comme d’elles-mêmes, quoi qu'à l’aide d’accessoires solides et préhensibles.

Les pièces essentielles, gilet, veste, pantalon, quelque nom qu’elles portent d’ailleurs, doivent être percées de larges boutonnières et garnies de boutons assortis, solidement cousus ; les jambes et emmanchures, amples dans toutes leurs dimensions, doivent être aussi aisées à mettre qu’à ôter; le gilet et la veste, longs et croisés sur la poitrine, devront toujours être, sur le devant, de deux doigts plus larges que ne l’exigent l’aspiration la plus forte et les mouvements pectoraux les plus énergiques, tandis que le dos et la taille, bien dessinés par derrière, retiendront les omoplates dans la position la plus naturelle. D’ailleurs, les boutons et les boutonnières seront le plus gros et le plus larges possible, pour en rendre le maniement sensible et possible à l’enfant lui-même.

Le pantalon peut être taillé assez amplement pour que l’ouverture pratiquée sur le devant, et dessous au besoin, reste perdue dans les plis de l'étoffe, quand l’enfant se baissera presque jusqu’à terre : la décence l’exige ainsi. Pour ce qui est de la manière dont le pantalon tiendra au corps, on ne peut donner que des conseils relatifs. Aux enfants dont les hanches saillissent suffisamment, il suffit d’une large et forte ceinture, terminée sur le devant par deux boutons ou'une boucle avec une courroie percée de trous rapprochés et distincts les uns des autres. Pour ceux dont les hanches sont encore peu marqués, on recourra aux bretelles; mais alors qu’elles soient simples, faciles, fermes, quoique élastiques dans foute leur étendue, pour qu’elles ne se retournent et ne se perdent pas dans les plis du linge : tout autre système d’attache qui maintient le pantalon au gilet, limitant ainsi forcément l’étendue des mouvements du corps en hauteur, doit être

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