CHAPITRE XXX
Des bains.
Les bains sont utiles aux idiots, les lotions leur sont
DE i/lDIOTIE.
fréquemment indispensables, et les étuves peuvent leur être appliquées avec avantage.
Les bains, considérés sous le point de vue de la propreté, comme lotion générale, ne sauraient leur être refusés sans barbarie ; des enfants malpropres, comme le sont beaucoup d’idiots, ont, sous ce rapport, des besoins plus impérieux que les autres ; leur santé l’exige, leur sentiment à venir de la propreté en dépend, leurs progrès dans la vie sociale en sont sérieusement affectés en bien ou en mal. Considérés comme agents hygiéniques, les bains n’ont pas une utilité moins décisive ; bains généraux, ils développent la sensibilité des papilles nerveuses ; pris courts, ils donnent du ton aux tissus cellulaire et musculeux, à la peau en particulier ; pris alternativement chauds et froids, ils déterminent des sensations perçues par le sensorium de l’enfant, et le disposent à reporter son attention, et ses facultés perceptives, sur le rapport du moi physiologique avec les phénomènes extérieurs ; bains partiels, comme du pied, de la main, ils prédisposent ceux dont les sensations spéciales sont obtuses à une irritabilité plus normale, leur font percevoir des différences de température qui n’existaient pas pour leur tact émoussé ; ils donnent enfin la vie à ce sens dont le sommeil est une cause de tant d’erreurs et de tant d’ignorance. Appliquée ou versée sur la tête, notamment pendant la durée des bains tièdes, l’eau froide est un agent tonique qui fortifie le cuir chevelu, hâte le rapprochement des os de la tête, et la formation des os vormiens ; dans le jeune âge, elle éloigne les congestions cérébrales, active et régularise la circulation, particulièrement chez les microcéphales et les hydrocéphales. Et quand bien même ces lotions ne seraient recommandables qu’au point de vue de la propreté est- ce une raison pour les négliger ? les bains, si fréquents qu’on les suppose, n’en dispensent pas, etje les exige dans beaucoup de cas plusieurs fois chaque jour.
La question de l’emploi des étuves, est plus complexe. Sans doute, les bains de vapeurs ont l’avantage inappréciable de développer au plus ha u' peint la transpiration, et de prédisposer les papilles nerveuses des surfaces cutanées