RÉSUMÉ DE L’HYGIÈNE
cet âge, les inflammations des muqueuses internes sont aussi difficiles à éviter que celles de la peau et des yeux, et sont bien autrement redoutables. Les bronchites et les péronites emportent tant d’enfants à cet âge, et les convulsions en frappent un si grand nombre, que l’on ne saurait épier trop particulièremt les pronostics de ces affections. Une des causes les plus fréquentes de convulsions, et par suite d’idiotie Hmz les enfants, s* mble être l’état d’ivresse et de colère dans lequel se laissent tomber trop souvent les femmes qui leur donnent le sein. Il serait si facile alors à ces malheureuses de remplacer le poison qu’elles portent en elles par de beau sucrée ou du lait de chèvre, ou du lait de vache, tiède et coupé d’eau, que l’on doit croire qu’elles ne savent ce qu’elles font quand elles négligent une précaution si simple, et qu’il suffira de les éclairer sur ce point pour leur éviter tant de crimes à l’avenir. L’hygiène des appareils sensoriaux doit occuper dès la fin du premier an, ainsi que celle des membres, des membres inférieurs surtout, qui sont si fréquemment arqués, disgracieux ou infirmes tout le reste de la vie ; mal emmaillotter un enfant, le porter toujours sur le même point, le tenir par la même main, le faire regarder constamment de bas en haut, du même côté, etc., etc... Voilà les principales causes de difformation du premier âge. Peut-on dire tous les soins que demande un enfant, et surtout un pauvre idiot, à cet âge? La fin de la première année doit être principalement marquée par ceux que l'on donne aux premières tentatives que fait l’enfant pour marcher; et l’excitation si importante des organes de la parole doit être une des occupations actives dès la seconde. année. Dans les suivantes jusqu’à sept ans, on doit tenir l’esprit en haleine par des jeux intelligents, et atténuer l’activité nerveuse et cérébrale qui est excessive en cetemps-là; fortifier sans fatiguer enfin. De sept à treize ans, on aura soin de fortifier l’appareil musculaire, dont les fibres tendant sans cesse à s’allonger, s’amincissent et diminuent de volume si l'on n’y met ordre, à l’aide d’exercices directement musculaires, qui viendront interrompre à propos les premières études sérieuses et assi-
DE L’IDIOTIE
dues. De treize à dix -sept attaquer plus directement que jamais les sens dans leur inertie, les en faire sortir, lesfaire servir d’agents immédiats à des études positives, qui peupleront l’esprit des millions d’images qu’offrent le monde extérieur, et faire littéralement du cerveau un microcosme \ puis féconder ces connaissances par le raisonnement, nourrir largement, activer les fonctions, car la vie va s’épanouir ou se replier pour jamais sur elle-même.
Que si l’on commence à s’occuper d'un idiot à cet âge, qui devrait être le moment où il n’aura plus besoin de vous, alors, sans donner trop d’espoir aux parents, conservez-en vous-même assez pour vous soutenir dans la tâche difficile que vous allez entreprendre. Il a de quinze à vingt ans, il ne peut ou ne sait pas manger seul, s’habiller seul, parler, lire, etc., etc.... Il est indolent, inapte, inappliqué, inattentif-; enfin, pour le caractériser, le privatif des latins in doit être mis devant tous les adjectifs qui expriment des qualités souhaitables ; mais enfin ne vous découragez pas. S’il vit couché, asseyez-le ; s’il est assis, mettez-le debout ; s’il ne mange pas seul, tenez ses doigts et non pas sa cuiller pendant le repas ; s’il n’agit point, incitez tous ses muscles à l’action ; et s’il ne regarde ni ne parle, parlez-lui et regardez-le. Nourrissez-le comme un homme qui travaille, et faites-le travailler, travaillant vous-même avec lui ; soyez sa volonté, son esprit, son activité, sa providence enfin, et si vous ne pouvez, en trois ou quatre ans, lui donner ni l’intelligence ni la parole, ni le mouvement volontaire, la somme d’énergie que vous aurez dépensée avec lui, ne sera pas encore perdue ; il n’aura pas fait de progrès dans le sens pédagogique du mot, mais il aura certainement fait l’un ou l’autre de ceux-ci, il se portera mieux, sera plus fort, plus obéissant ou plus moral ; n’est-ce rien? Et celui qui fait tout ce qu’il peut, n’a-t-il pas tout fait?....
Aussi, dans l’état présent, est-ce bien moins aux parents qu’aux praticiens et aux instituteurs spéciaux que ceci s’adresse. Ces derniers ne viennent que lorsqu’on les appelle, et font généralement tout ce qu’ils peuvent ; les premiers ignorentou nient qu’il y ait quelque chose à faire,