DESSIN
soit avec d’autres lignes, une idée trop complexe pour être appréciée sans préparation. En outre de cela, une ligne n’est oblique que relativement à d’autres lignes réelles ou fictive;-: per sa nature, elle n’a avec celles-ci que des dissemblances de positions, puisqu’à partir du point où elle commence, elle peut suivre toutes les directions, géométriques, sauf deux ( l’horizontale et la verticale) , sans cesser d’être une ligne oblique ; elle n’est donc pas démontrable avec la même précision que les précédentes, qui sont identiques à elles-mêmes partout, ni que la courbe, qui est courbe par elle-même, indépendamment de l’étendue de son rayon, de toutes les directions et de toutes les positions que peut lui imprimer, et qui paraît cependant au premier coup d’œil plus difficile à saisir.
Pour donner aux courbes une direction constante, je leur crée un point de départ et un point d'arrivée, j’appuie ja courbe sur une ligne droite comme j’ai engendré l’horizontale de la verticale: par exemple, étant donné une droite verticale, je pars à d oite de son sommet, et décrivant une courbe continue, j’arrête le tracé de cette portion de cercle à la base de la verticale; mà’s j’opère à droite de la verticale, l’enfant étant toujours à ma gauche; afin que la distance à garder de l’une à l’autre ligne soit constamment visible pour l’idiot : car si je cherchais d’abord la verticale, comme d’un point à un autre on ne peut tirer qu’une seule ligne droite, vainement l’élève essayerait-il de confondre la seconde ligne, la courbe, qu'il doit tracer dans la première, avec la droite, qui est déjà tracée par moi; car je développe ma courbe à tnesure qu’il rétrécit la sienne, et il finit par sentir et par reproduire la convexité du trait que je lui donne pour exemple. Mais, pour cela faire, il importe de former la première courbe à droite de la verticale de droite à gauche. autrement la main de l’enfant lui cacherait la ligne droite dont il doit s’efforcer de s’écarter en courbant le plus possible, comme la sienne lui cacherait son modèle. Pareillement quand ou veut lui faire appuyer la première
DE LTDIOTIE.
courbe sur une horizontale. on doil commencer par la courbe inférieure, pour que la main ne cache pas le point de comparaison que présente l'horizontale. La somme de quatre courbes ainsi acquises successivement par ce procédé donne pour résultat final le cercle, celte figure si simple à percevoir, si difficile à reproduire approximativement, que l’idiot ne l’exécuterait certes pas par d’autres voies que celle que j’indique ci-dessus.
Dois-je dire, en passant, que si la main de l’enfant est affectée d’une irrégularité de mouvements noable, de mouvements saccadés ou d'une incapacité réelle, on doit lui faire décrire mécaniquement des milliers de cercles sur le tableau tantôt de gauche à droite, tantôt de droite à gauche.
Pour le contraindre à suivre de la main et du crayon, la courbure demandée, il suffit quelquefois de tracer sur le tableau noir un cercle blanc que l’idiot suit comme un sillon ; d’autres fois on devra inscrire un petit cercle dans un grand, en laissant l’espace compris entre ces deux cercles, comme latitude autorisée aux dév ali >ns de son trait ; il faudra enfin, dans les cas extrêmes, avoir recours à deux cercles saillants, qui, adaptés ou vissés sur le tableau, empêclu ronl les écarts du trait de l’enfant en retenant son crayon par leurs rebords saillants internes et externes.
Pour les obliques, j’use du même artifice, je les appuie sur les extrémités opposées de d< ux parallèles lin aires ou solides. Ainsi se trouvent résolus les problèmes que je cherchais : h s lignes droites verticales, les lignes horizontales et obliques, et les quatre courbes, dont la réunion forme le cercle, qui contiennent en principe toutes les lignes possibles, toute l'écriture et plus que l’écriture.
Arrivés à ce point de la question du dessin, nous avons été arrêtés bi n longtemps. M. T tard et moi. Les lignes étant connues, il s’agissait de faire tracer à un enfant des figures régulières en commençant, bien entendu, par la plus simple. Selon l’opinion reçue, M. Iiard m avait conseillé de commencer par le cairé; et j’ai suivi ce conseil