‹ Traitment moralChapitre 75 sur 97 · DES NOTIONS ET DES IDÉES · texte numérisé non relu

DES NOTIONS ET DES IDÉES

donné des notions, je leur ai bien imposé l’obligation de discerner les choses par leurs propriétés sensibles, et d’appeler rond une figure circulaire, et carré une figure qui a ses côtés égaux el ses angles droits.

De ces distinctions, qui ne seraient que de misérables arguties, si elles n’avaient une valeur pratique, j’ai tiré les conséquences suivantes :

1° Les notions s’acquièrent par l’intermédiaire des sens :

2° Les idées s’acquièrent par Y induction et la déduction,| opérations purement intellectuelles.

Et j’ai con lu de ces deux proposition, que l’éducation de tous les enfants, et celles des idiots à plus forte raison, devait être commencée par l'élude des notions qui embrassent tous les phénomènes perceptibles par les sens.

Une fois acquises, ces notions serons autant de matériaux dont le rapprochement produira la pensée : pensée matérielle si l’on veut, idée sensible si l’on tient au mot; mais idée propre, personnelle, distincte des on-dit, des préjugés, des routines; idée résultant de la nature essentielle des choses, acquise par la perception individuelle de chacun, et non par l’opinion d’autrui.

Quand il possédera les notions, l’enfant établira les rapports qui peuvent exister entres elles, il pensera; sa pensée sera limitée, je l’avoue, mais il ne pensera pas avec sa mémoire, et ne sera pas un petit prodige, à la vérité. Et d’ailleurs, de ce qu’il n’embrassera pas encore les abstractions familières â l’homme, devra-t-on induire que son intelligence ne s’éveillera jamais? Non certes. Laissez son esprit grandir dans le vrai, de la même manière, et par le même procédé intellectuel dont il a jugé les choses, il jugera les abstractions, et les hommes qui sont des abstractions vivantes. Avançons donc, calmes et confiants, dans cette voie où nous ne saurions faire un pas sans nous appuyer sur les bases immuables de la logique.

DE L'IDIOTIE

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