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CHAPITRE IV

Des enfants arriérés ou retardés .

Et d’abord, commençons par vider une question accessoire et presque personnelle. On s’est plu à dire que je confondais les enfants idiots avec les enfants simplement arriérés ou retardés; et on l’a dit précisément parce que, moi, le premier, j’ai signalé les extrêmes différences qui les séparent : Continuez votre œuvre, Messieurs, je poursuis la mienne.

L’idiot, même superficiel, offre un arrêt de développement physiologique et psychologique ; l’enfant retardé ne s'arrête pas dans le, sien, seulement il se développe plus lentement que les enfants de son âge ; il est en arrière sur toute la ligne de leurs progrès ; et ce retard, chaque jour plus considérable, finit, par établir entre lui et eux une différence énorme, une distance infranchissable.

DE L’IDIOTIE

Chez un enfant arriéré, le tempérament est généralement lymphatique, les tissus mous, la circulation peu active, le pouls lent, la respiration courte, la poitrine étroite, les menbres grêles, les doigts mous, la face pâle, les lèvres sans fermeté, les narines aplaties et petites, l’oeil terne et peu mobile, les cheveux mous et souvent rares, le front bas et le crâne pauvrement conformé, sans présenter, toutefois, de choquantes anomalies.

Ses mouvements sont lents on ramassés, et incapables d'actes énergiques, qui demandent de fortes contractions musculaires. Il y a faiblesse, mais non désordre, ni balancement dans sa locomotion ; sa sensibilité cutanée trèsvive est incapable de supporter le froid; ses appétits sont peu développés, et ses fonctions excrétives régulières ; sa parole est souvent lente, embarrassée, vicieuse, entrecoupée, quelquefois inintelligible, tantôt par vice d’articulation, plus souvent par la brièveté de la respiration qui ne fournit pas assez d’air au larynx pour former des sons durables et modifiables au gré des organes de l’articulation.

Sa compréhension est juste, mais limitée, et s’embarrasse particulièrement lorsqu’on lui présente plusieurs objets de comparaison. 11 perçoit bien un fait simple, comprend une idée simple, mais il ne peut comparer deux, trois, quatre choses ou idées entre elles : donc il perçoit mieux qu’il ne raisonne, comprend mieux qu’il ne compare. Du reste, il est d’ordinaire imitateur, a de la mémoire, de la gaieté, de la timidité, de la grâce, de la malice souvent. Son entêtement ne dure pas, mais aussi sa volonté morale est presque nulle ; et ses défauts, à moins qu’une mauvaise éducation ne les ait aggravés ou augmentés, sont presque tous négatifs, c’est-à-dire des négations de qualités désirables dans un enfant. S’il est pris d’accès de rire ou de pleurs involontaires sans motif, ou pour des causes légères et presqu’indifférentes à d’autres enfants, on devra prendre garde, et lui appliquer une partie des soins dont nous parlerons en traitant de l’hygiène des idiots. Enfin on doit particulièrement garder ces pauvres enfants des entraînements funestes de la

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