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LA CHAÎNE CÔTIÈRE

Cette zone de montagnes a généralement une largeur de 60 à 80 milles : c'est une masse granitique où batholithique profondément hachée où le. sommets rapprochés de la mer ont une altitude de 4,000 à 5,000 pieds. Près de l'axe de la chaine, on trouve les sommets à 7,000 ou 8,000 pieds, Les monts sont massifs, ayant des rampes aiguës, souvent déchiquetées, et des pinacles arrondis en domes. Les altitudes sont raisonnablement uniformes, avec quelques pies isolés qui dominent le niveau général.

Les vallées sont profondes et envahissent les montagnes dans toutes les directions. Les glaciers sont nombreux, surtout dans les latitudes supérieures ; ils occupent les parties élevées des vallées. Des forêts épaisses couvrent les versants inférieurs jusqu'à une altitude de 4,000 pieds. Un régime de fjords dentelle la chaîne, qui ressemble au régime norvégien, tout en étant plus vaste. L'affouillement profond du tronc, au cours d'une période de soulèvement continental plus prononcée, peut avoir été influencé et facilité par les fractures structurales: mais dans quelques cas les vallées rentrantes plus vastes indiquent l'existence de canaux d'écoulement qui remontent aux débuts du Crétacé, où du moins à une période qui est aussi lointaine que la forination de la chaîne de montagnes. Les sommets arrondis caractéristiques des collines, et les vallées abruptement murées, proviennent d'une profonde glaciation, qui a modifié les pies rugueux primitifs et les trouées de vallée,

L'affouillement, l’affaissement et la glaciation postérieures ont produit un littoral excessivement penné, vis-à-vis duquel des groupes d'îles se séparent de la terre ferme, et l’une de l'autr+, assez souvent. par d'étroits canaux. Ces canaux sont importants au sens commercial côtier, en ce qu'ils offrent de longues nappes d'eau abritées pour le cabotage,

Les montagnes dentelées qui se dressent tout près des canaux navigables offrent un aspect des plus impressionnants, avee leur revêtement de conifères sombres et de cèdres, et leurs sommets couronnés de glaciers ou de roche massive.

Les grands canaux d'écoulement qui coupent la chaîne à divers endroits servent de débouchés au drainage des terres intérieures. Les principaux canaux sont les vallées de la Fraser et de la Skeena, tous deux traversés par les voies ferrées des réseaux transcontinentaux. La vallée Fraser, qui touche à la frontière américaine vers son débouché, vient d'un écoulement qui commenca au Crétacé où aux débuts du Tertiaire; et les dépôts deltaires de son embouchure, qui se prolongent vers le sud jusque dans le Washington, prouvent l'érosion active du plateau intérieur. La vallée suit une marche qui est influencée fortement par les traits structuraux, Un courant glaciaire très lourd l'a élargie, redressée et adoucie par son frottement. Une période tardive d'érosion, provenant sans doute du soulèvement post-glaciaire, est indiquée par le creusement d'un canal rocheux étroit dans le fondement de l’ancienne vallée, laissant des bancs de roches au-dessus du cours d'eau actuel, et des gorges et cañons dans les pentes plus rapides.

La vallée de la Skeena, large dans la majeure partie de son lit, se rétrécit dans sa traverse de l'alignement côtier. C'est ici un bassin abrupt, du même genre que les dépressions fjordiques du littoral; mais, en contraste avec le Fraser, elle n'a pas été ravivée par le soulèvement post-glaciaire : et sur une distance de quarante bons milles à partir de son embouchure, elle est dentelée en fjords. Plus haut, sur un parcours de trente milles, la vallée est obstruée de dépôts, et la rivière passe dans une platière alluviale. On trouve en amont des dépôts glaciaires à travers lesquels la rivière se creuse encore activement un lit. Par endroits, toutefois, ces dépôts ont été enlevés et, sur quelque distance à l'ouest de la bordure est de l'alignement côtier, le fondement de roche a été attaqué, et l'on trouve des cañons murés de roche dans lesquels les pentes plus fortes rendent la navigation difficile. Les montagnes apereues le long de ee canal n'atteignent pas une haute altitude: elles indiquent l'effet du grand courant glaciaire poussé par cette dépression vers la côte.

DOC. PARLEMENTAIRE No 25d

LA RÉGION APALACHIENNE.

Le régime montagneux de la partie orientale du continent américain n'est sous aucun rapport aussi imposant que le régime de la région oc‘identale. Deux chaines parallèles divisent côte à côte les bassins intérieurs de la côtière Atlantique, dans le sud-est des Etats-Unis. Au nord du fleuve Hidson, on constate moins de régularité de forme et de structure, et le régime des Apalaches est représenté par les montagnes Vertes du Vermont, et les montagnes Blanches du New-Hampshire. Le prolongement des montagnes Vertes dans le Canada peut être retrouvé dans les monts Notre-Dame, qui se rapprochent du Saint-Laurent en aval de Québec, et, continuant dans une direction plus orientale, forment les hauteurs de la péninsule gaspésienne, Ces hauteurs atteignent à peine la dignité des mntagnes, sur une grande partie de leur étendue; mais des pics, se dressant à 3,200 pieds au-dessus de la côte prochaine, se rencontrent dans la péninsule gaspésienne, Le prolongement des montagnes Blanches est retrouvé dans les hauteurs du Maine et du Nouveau-Brunswick : il est indiqué assez clairement par le plissement rocheux et d'autres preuves des grands mouvements terriens qui ont produit la topographie. Une crête supplémentaire forme apparemment la province actuelle de la Nouvelle-Ecosse, et bien que les hauteurs de cette province s'élèvent à une altitude supérieure à 1,500 pieds dans quelques endroits, la structure rocheuse indique que c'était là un pays montagneux dans une période géologique assez récente. Ilest difficile d'imaginer les contours qui se sont suecédés sur la bordure du continent, durant tous les changements de niveau qui se sont produits: car dans le cours d'une longue période de son histoire— jusqu'aux dérangements des temps dévoniens—les aires terriennes n'étaient pas très visibles. Cette période de dislocation était l'une de celles au cours desquelles les efforts croûtiers, provenant en partie de l'affaissement et en partie du déplacement du fardeau, ont été soulagés par un ridage à la facade du continent, formant les terres anciennes au sud de la dépression représentée par le Saint-Laurent. La fin de la période dévonienne nous prouve, dans Gaspé et dans la Nouvelle-Ecosse, L'existence de dépôts terrigènes contenant des plantes, et nous pouvons supposer que les aires terriennes actuelles étaient alors rudement dessinées, et que le dépecage de la croûte avait commencé. Pendant le Carboniférien qui suivit, il y avait apparemment dépression de parties des terres nouvelles au-dessous de la mer, et un lent rétablissement au cours duquel se formait probablement une aire beaucoup plus vaste qu'il n'en existe aujourd'hui, comme on le constate dans la présence de couches houillères sous-marines.

Les grands mouvements terrestres qui ont provoqué le faillage et le plis-

sement de la croûte, semblent avoir att: © leur maximum avant le Crétacé, et une période d'érosion éolienne s'est a! dirmée, Les montagnes des terres pré-carbonifériennes et les surfaces bris et fracturées plus récentes ont été

lentement atténuées,—les plus hautes crêtes en un contour plus arrondi, et la majeure partie de la région en une plaine de relief bas. Cette période de dénudation qui se prolongeait dans le Crétacé avait presque produit une topographie définitive lorsqu'un renouveau d'activités érosives se produisit au commencement du Tertiaire dans un soulèvement continental général. On doit à ce second cycle d'érosion une grande partie de la topographie diversifiée des hauteurs d'aujourd'hui, Les terres basses tertiaires se prolongent loin au-deià de la mer actuelle, et les parties inférieures des plaines plus grandes, comme les platières du Saint-Laurent, de Ristigouche et de Miramichi, ainsi que celles des rivières de la côtière atlantique vers le sud, ont été noyées par un affaissement général de la côte avant l'avènement d'une grande calotte glaciaire de la période glaciaire.

Un rétablissement partiel d'élévation, au retrait de la lame de glace, est indiqué par les anciennes grèves de constructions laminées et les argiles marines contenant une faune arctique qu'on trouve le long de la côte à des altitudes variant de 50 à 600 pieds au-dessus de la mer. A Québec, sur les collines qui se dressent en arrière de Château-Richer, les ter asses de gravier les plus élevées sont à 600 pieds au-dessus de la marée. Plus en aval sur la rive laurentienne, à la Rivière-du-Loup. on trouve des grèves concenant des coquillages marins à 370 pieds au-dessus de la marée, indiquant le soulèvement du sol depuis l'invasion de la mer de glace. Il y a actuellement peu de preuves d'un mouvement de la croûte dans une partie quelcona'e du Canada. .

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