RÉSULTAT DES MESURES
$ 1. Il nous reste à indiquer les corps sur lesquels ont porté les recherches, ainsi que le but et les résultats de ces recherches.
On peut réaliser des couches minces sur l’eau avec un certain nombre de corps solides tels que l'acide myristique, l'acide palmitique, l'acide stéarique, l'alcool cétylique, la trilaurine, la trimyristine, la tripalmitine, la tristéarine, la tribenzoïne, le palmitate de cétyle, etc. Nous nous sommes demandé s’il ne serait pas possible, pour ces substances dont la température de fusion est comprise entre o° et 1000, d’observer, lors de leur fusion, une modification moléculaire directement perceptible, telle qu’une variation dans la grandeur de la surface qu’elles recouvrent. L'expérience a montré une action très nette et très importante de la température pour certaines de ces substances qui sont :
Formule Masse Temp.
Corps chimique mol. de fusion Acide myristique CSEREODE 212 53° Acides Acide palmitique Gi6 H3? 02 250 620 Acide stéarique CSSS O2 28/, 6o° Alcool { Alcool cétylique CSS 0 2142 500 £ Trilaurine C39 H7# O6 638 449 Ethers Trimyristine C5 H86 Of 722 539 sels Tripalmitine CS1 H98 O5 806 Go Tristéarine CHBHÉBOE 890 710
On n’a, au contraire, observé aucune modification avec la tribenzoïne C2*H206 Lo! 790 Rappelons enfin que M. A. Marcelin (!) n'a trouvé aucune
(11 Cf. Historique, $ 3,
198 IH, LABROUSTE
influence de la température sur loléine qui fond à 14°, en faisant varier la température de 0° à 50°. g Nous commencerons l'examen de ces diverses substances par les éthers-sels.
S 2. Ethers-sels. — Trilaurine. 1° Mesures absolues. — On a vu (précédent chap. $ 6) que l'épaisseur de la couche monomoléculaire e est fournie par la relation
k étant une constante pour une solution déterminée et une cuve de largeur donnée, à la masse spécifique de la substance, [ la longueur qu’elle occupe sur cette cuve.
Le tableau suivant donne les valeurs trouvées pour eù à la température ordinaire (voisine de 14°) pour huit solutions titrées différentes dont sept effectuées dans le toluène et une dans l'éther.
Et) Solvant 0,93 Toluène 0,80 Ether 1,08 Toluène 0,87 id.
0,09 id.
0,94 id, 1,01 id, 1,00 id.
0,90 id.
La valeur moyenne 0,95 fournit pour l'épaisseur : des molécules supposées cubiques
0,99 EE ———imu,ol.
Comparons cette valeur à celle que fournit la relation
on trouve
É— ON < | 638 Æ 6 ==} Ve — omz,00,
L'accord de ces résultats nous autorise à penser que la
trilaurine forme à température ordinaire uue couche monomoléculaire.
20 Mesures relatives. — Les variations de surface avec la température sont beaucoup plus intéressantes à étudier avec les termes suivants de la série : trimyristine, palmitine et s(éarine. Pour la trilaurine, la surface ne commence à varier notablement qu’à basse température, un peu au-dessus de o°. Elle diminue constamment avec la température, mais, la transformation n'étant pas terminée à o°, il sera plus intéressant d'en faire l'étude à propos des termes suivants.
Trimyrisline. — 1° Mesures absolues. — Suivant qu’on effectue la miesure de la surface couverte d’ane couche de trimyristine à température ordinaire où à température supérieure à 320, on trouve des résultats nettement différents. A température supérieure à 32°, on obtient :
ed — 1,14 (solution dans le toluène) 9 — 1,15 (solution dans l’éther de pétrole) d’où e— 1mu,20 (toluène) <— 1m4,21 (éther de pétrole).
A température ordinaire, la valeur de + aurait été voisine
de
1 Mu,9.
Si l’on calcule la valeur de e à partir de la relation