LES MUNICIPALITÉS OUVRIÈRES
)uvners et leurs ramilles », et que « d'un seul 'Oup » les travailleurs seront « allrancliis ».
Cette affirmation est démentie par toute Tliisoire des longs progrès de riiumanilé et par outes les notions de la science sociale.
Si une élection pouvait produire de tels résula(s, est-ce que l'élection de M. Lafargue à Lille le les aurait pas produits? Est-ce que l'élection lu député de la 1" circonscription de Lille n'est )as un fait extraordinaire et prodigieux, quand on îonnaît et un tel candidat et une telle ville?
ependant la journée de travail n'a pas été dimiluée d'une heure, les salaires n'ont pas été augiientés d'un sou.
Nous aurions été profondément heureux si 'élection de M. Lafargue s'était traduite « par un )ien-être immédiat pour les ouvriers et pour leurs amilles. » J'aurais été le premier à saluer le léputé de Lille et à le proclamer le père du )euple!
Mais le bien de l'humanité ne se fait pas ainsi Tun seul coup, par l'eiTet d'un miracle : cela l'est pas et cela ne peut pas être.
Alors, pourquoi ne pas dire la vérité? Pourquoi romper le peuple des travailleurs? Pourquoi pré-
senter aux ouvriers des contre-vérités, des idées anti-historiques et anti-scientifiques, qui peuvenl produire dans les actes de la vie les erreurs les plus funestes et les plus meurtrières?
N'ont-ils pas déjà été assez trompés, meurtris, traînés sur tous les champs de bataille de la guerre étrangère et de la guerre civile par les monarchies et les empires? Veut-on recommencer sous la République, et cela au nom du socialisme et de l'émancipation ouvrière?
Ceux qui prennent le langage des prophètes, qui viennent exciter des sentiments de fanatisme et de superstition, en annonçant que l'élection de quelques ouvriers dans les conseils municipaux va produire immédiatement le bonheur social et changer de fond en comble la situation de la démocratie française, ceux-là se posent tout simplement en sauveurs du peuple!
Or, nous l'avons appris depuis un siècle, par de terribles expériences, par des coups d'Etat et des coups de force, ceux qui se posent en sauveurs du peuple deviennent souvent les meurtriers du peuple.
Au lieu du bonheur qu'ils ont promis ils n'apportent que la misère et la servitude.
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Ce qu'il y a di; ()liis dôrcctiicux et même de plus inquiétant dans le socialisme révolutionnaire et collectiviste de MM. Guesde et Lafargue, c'est qu'il est toujours imprégné des vieilles utopies dont notre siècle d'industrie et de science devrait être entln débarrassé.
Toujours ces chefs du socialisme révolutionnaire parlent de réformer la société de fond en comble, et d'un seul coup, par une entn^prise audacieuse et par Tusage de la force ou encore par quelques élections retentissantes, comme celle de M. Culine ou de M. Lafargue lui-même.
Or ces coups d'audace ne servent absolument à rien. S'il est vrai que le socialisme est devenu une science, il doit procéder comme la science par des expériences successives; il doit s'efforcer d'obtenir d'abord les améliorations les plus nécessaires et les plus aisément réalisables, afin d'arriver de degré en degré à des améliorations plus complexes et plus difficiles.
Mais les théories de MM. Guesde et Lafargue sont absolument opposées aux procédés de la méthode scientifique; ces théories n'appartiennent nullement à l'ordre expérimental, mais à Tordre utopique et apocalyptique.
Hector Dépasse. 7
Oq ne nous parle que de révolutions, de bouleversements, d'expropriations en bloc de toute la société contemporaine : c'est absolument comme si Ton nous parlait de la tin du monde!
MM. Guesde et Lafargue sont comme des moines et des prédicateurs du moyen âge, transportés dans notre xix° siècle et allant de ville en ville, de village en village, comme ces moines d'autrefois, prêchant la terreur et l'épouvante, et annonçant des cataclysmes à la société si elle ne se hàle pas de se convertir.
Les discours de ces orateurs sont toujours pleins des images de l'enfer; on n'y voit que des diables et des monstres grimaçants qui feront cuire les bourgeois, si les bourgeois ne se convertissent pas à la vraie foi socialiste et à l'évangile de M. Jules Guesde.
Ces procédés et ces manières de voir sont dia métralcment opposés à l'esprit scientifique doni notre siècle est justement fier et dont les socialistes senties premiers à se réclamer. Les orateun en question ne prononcent pas un discours sam invoquer la science, mais toute leur conduite et toute leur propagande sont un défi perpétuel ù| l'esprit scientifique!
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Or nous disons que cela est inquiétant, non point parce que nous redoutons l'enfer de M. Guesde, non point parce que nous pensons que M. Lafargue précipitera en elï'et la société nnodernc dans les abîmes et qu'il nous fera embrocher et griller par ses diables; mais parce que ces procédés ne peuvent apporter aucune solution aux problèmes du travail.
Et alors il arrive ceci, c'est que les ouvriers qui croient à la parole de ces chefs sont les victimes de désillusions très pénibles et qu'ils ne voient jamais se réaliser les rêves nébuleux et les utopies décevantes dont on les entretient avec tant d'éloquence.
Alors ces travailleurs se rebutent et se découragent; ils finissent par désespérer même des progrès que l'on peut réaliser chaque jour par le travail, la science et le sens commun.
Des ingénieurs sont descendus, il y a une trentaine d'années, dans une campagne que bornent d'un côté un cours d'eau, de l'autre une ligne de chemin de fer : ils y ont élevé une filature, puis un tissage. Les paysans ont laissé la bêche et la faucille, ils se sont mis à filer et à tisser à la mécanique, dans des ateliers communs, sous un même règlement.
Comme les gens du pays ne suffisaient plus, on en a appelé du dehors : les uns ont amené femmes et enfants, d'autres ont épousé les jeunes filles de la localité. Ils ont été logés dans des maisons faites exprès pour eux, dont ils ont payé régulièrement le loyer. Ce coin de terre ainsi transformé
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est devenu un villng(3 indiislricl, (jiii s\'ilim(;iite tout entier du travail de ces établissements.
Les conditions de la vie écononnique et sociale se sont modifiées à leur tour, les ouvriers ont réclamé un meilleur salaire et moins de travail, ils ont formé un syndicat pour appuyer leurs réclamations. Les dilticultés se multipliaient, les patrons avaient acquis une aisance lionorahle, sans compter les dividendes qu'ils avaient distribués aux actionnaires : ils ont jugé que c'était le moment de fermer leurs fabriques, et ils ont dit que chacun serait libre de reprendre sa liberté dans quinze jours. — Quelle liberté?
Les paysans, devenus fileurs et tisseurs, déshabitués de la terre, sont-ils libres de retourner à la terre? Mais il n'y a plus de terre! Sur le sol de leurs champs et de leurs jardins se sont élevées ces fabriques, dans lesquelles ils ont travaillé, eux et leurs enfants, pendant un quart de siècle. Ils ont identifié leur existence à celle de ces machines, de ces rouages, de ces ateliers, qu'ils arrosaient de leur sueur et quelquefois de leur sang, qu'ils ont fécondés de leur énergie nuisculaire et nerveuse, comme autrefois les plantes de la terre.
La vie de ces fabriques florissantes a été faite
en partie de leur vie à eux, ils en ont cimenté les briques et graissé les ressorts du meilleur de leur substance. Dans ces foyers brûlants, dans ces chaudières à vapeur, dans ces conduites et ces tuyaux, dans ces cheminées qui vomissent de noirs tourbillons vers le ciel, ce n'est pas seulement de la houille, de l'eau, du gaz, de la fumée qui bouillonnent et circulent, c'est leur propre vie en fusion et leur âme ardente; c'est l'huile de leurs os qui adoucit les frottements de ces essieux et de ces pistons, le souffle de leur poitrine qui sort, haletant et sifflant, de ces bouches d'acier, et l'on peut considérer positivement que tout cet organisme industriel, avec ses articulations multiples, est la forme représentative de l'énergie humaine qui l'a créé et qui l'habite.
Les ouvriers étaient jeunes quand ils ont commencé à travailler, ils sont vieux; leurs enfants à leur tour ont pris de l'âge au milieu des outils auxquels ils ont communiqué leurs forces naissantes. Mais les patrons arrêtent d'un commun accord la vie de cette fabrique : les ouvriers sont libres, ils peuvent emporter et utiliser ailleurs la portion d'activité refroidie qui leur reste, le rebut de leur puissance de travail que, depuis vingt-cinq ans,
ils n'ont pas immobilisé ot capitalisé dans les conslrnclions, dans les machines, et dans les prodnits de la fabricjiie.
Ceux que l'on a fait venir du dehors sont libres de retourner dans leur pays d'origine, qui ne les connaît plus, avec les femmes qu'ils ont épousées ici. La famille ouvrière est dissoute en même temps que la filature et le tissage, la commune est condamnée à la dispersion.
Les travailleurs, ainsi expropriés successivement des formes principales du travail, expropriés d'abord comme paysans, expropriés ensuite comme ouvriers, expropriés de leurs logements, de leurs familles, de leur village, de leur patrie, peuvent entrer dans la liberté idéale des purs esprits dégagés de tous les liens terrestres...
Croyez-vous que l'ordre social où ces faits sont possibles garantit, comme il le faut, les droits individuels de travailler et de posséder et l'existence de la famille humaine?
Je consens à déplorer avec vous les progrès du socialisme et à revendiquer l'intégralité du droit individuel, lorsque nous aurons réellement fondé l'individualisme, lorsque nous aurons assuré à chacun son dû, sa propriété légitime, et une
maison sur la terre, avec un lit et un berceau; alors, si vous le voulez, nous parlerons d'individualisme.
Les chartes de la Révolution française ont spécifié que « les Droits de l'homme sont la liberté, l'égalité et la propriété, et que la personne de l'homme, propriété inaliénable, ne peut se vendre ni être vendue. » Mais celte propriété élémentaire, consacrée et définie par la Révolution française, la personne de l'homme, s'il n'a ni nne terre, ni un domicile, ni de l'argent, ni des outils, ni une matière première en quantité suffisante, ni un arbre, ni une pierre fichée en terre pour s'y accrocher de ses mains meurtries, que devient-elle?
Ce corps humain, sans domicile et sans caution, errant, fugitif, jouet de toutes les forces extérieures, victime de toutes les tyrannies, traqué par toutes les polices, oh! quelle belle propriété inaliénable pour la conscience qui erre avec lui, et quelle garantie elle trouvera pour sa liberté morale dans cette morne et flottante figure que tous les vents du ciel se disputent!
Il n'y a point de liberté du travail dans une société puissamment organisée; il n'y a partout qu'une nécessité inexorable de travail, presque
toujours priv(''o du rlioix des inoyons et dos occasions. La liberté individuelle et la propriélé individuelle sont également absentes pour un nombre immense d'individus, qui ne retrouvent un appui fragile à leurs droits (pie dans leurs coalitions passagères.
On n'a pas oublié avec quelle force singulière M. Cballemel-Lacour démontrait an Sénat que dans l'organisation moderne et sous le régime légal de la liberté absolue de la presse, le droit d'écrire et de publier sa pensée existe cependant pour un si petit nombre, et avec de telles restrictions matérielles et morales, que la liberté de la presse n'est plus qu'une ficlion.
Combien ces observations seraient encore plus justes et plus frappantes si on les appliquait à l'organisation du travail industriel et agricole et comme on verrait clairement alors que la liberté du travail n'est qu'un mot!
Ainsi, assurons d'abord au monde ouvrier les droits, les garanties et l'honneur de l'individualisme et nous pourrons discuter avec plus de calme d'esprit sur les exagérations et les abus du socialisme.
Nous ne disons pas que l'individualisme n'a
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pas fait des progrès, il en a fait par le développement du bien-être, par l'instruction et par le suffrage universel; matériellement, moralement et politiquement Tindividu ouvrier a pris une valeur qu'il n'avait pas au commencement du siècle, et cette valeur s'affirme en toute occasion. Cependant l'ouvrier du dix-neuvième siècle n'a pas encore fondé son individualité, sa personne, sa famille sur des bases nécessaires, et c'est à cela qu'il aspire avec agitation et tourment, c'est ce rêve de personnalité et de propriété que l'ouvrier français poursuit et qu'il cherche à réaliser par le socialisme même.
Eh quoi? Lorsque des femmes, des épouses, des mères travaillent toute la nuit à la machine et rentrent au jour à la maison pour laver, nettoyer, raccommoder les habits, préparer la soupe, en sorte qu'il leur reste à peine un moment vers le milieu de la journée pour tomber anéanties dans un morne sommeil, vous appelez cet esclavage la liberté? N'est-ce pas un épouvantable abus de mots?
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Si ces ouvrièi'os, si ces leimiics d(; l^'raiice avaient Tombre de la liberté, pensez-vous (prelles vivraient ainsi? Pensez-vous, si elles élaienl libres, qu'elles accepteraient cet assujettissement de toute leur vie et de tout leur être? Vous appelez ces serves, ces prisonnières de la fabrique, ces captives du macbinisme, des personnes libres, des personnalités conscientes, faites à Timage de la liberté idéale, avec un rayon du ciel dans le cœur, et vous osez dire qu'en diminuant leur servage d'une beure, vous attentez à leur liberté? Est-il un plus audacieux sopliisme?
J'ai entendu développer à la tribune cette théorie que les ouvriers et les ouvrières avaient pour toute propriété leur travail, et que si vous diminuez d'une beure le travail de ces femmes, vous les expropriez de leur patrimoine naturel.
L expropriation des femmes, des épouses, des mères, des jeunes filles, où est-elle davantage, avec son caractère le plus triste et le plus pénible, si ce n'est dans une situation où la femme ne possède pas une heure à elle, expropriée par la mécanique, expropriée par la concurrence industrielle, expropriée le jour, expropriée la nuit, expropriée de ses enfants, de son mari, de son ménage,
de sa conscience? Mais la bête de somme est plus libre dans son râtelier, dans son étable, dans l'berbe des prairies fleurissantes, où elle respire et hume en liberté l'air du ciel.
Tous les patrons humains et intelligents que j'ai rencontrés sont les premiers à réprouver du fond du cœur ce travail forcené, ce travail ininterrompu ; mais pour y mettre une borne et une mesure, ils ont besoin d'une loi, ils ne peuvent rien faire sans une loi, car ils seraient écrasés par la concurrence de leurs voisins moins consciencieux.
Et même la plus généreuse des nations se déclare impuissante, si la loi ne s'impose pas aux nations ses voisines.
On cite cette affiche placardée par les soins du comité de la grève d'Angers : « Si quelques-uns veulent rentrer à l'usine, votre devoir est de les en empêcher par tous les moyens; car loin de conserver leur liberté de travailler, ils y mettent une entrave, ainsi qu'à celle de tous leurs camarades. C'est donc faire acte d'humanité que de les empê-
cher, même par la force, de renlrei* à l'atelier. »
Empêcher « par tous les moyens et même par la force » un ouvrier de rentrer à rat(ilier, s'il veut y rentrer, est cerlain(»ment un acte d'usurpation, une violation éclalante de la liberté de l'individu. Mais combien il est difficile de savoir si cet ouvrier veut réellement rentrer de sa volonté libre et consciente!
Toute la sphère économique est en état de guerre. On n'y voit qu'usurpations contre usurpalions, tyrannies contre tyrannies, forces contre forces déchaînées, les faibles pillés et rançonnés par les grands, les grands déchirés et ruinés les uns par les autres, la liberté humaine en général, la liberté individuelle du travail en particulier, partout blessées et méconnues.
De cet état de guerre sortira, on l'espère, un état meilleur, mais en attendant cette rénovation, il est impossible de raisonner sur la guerre comme si l'on raisonnait sur la paix.
Si Ton ne considère qu'un point au lieu d'embrasser l'ensemble, si l'on ne voit que l'oppression des syndicats ouvriers sur leurs propres membres et sur les ouvriers indépendants, abstraction faite de la somme générale de tyrannies, de misères,
d'injustices, de difficultés qui pèse sur le monde du travail tout entier, on ne peut rien expliquer, rien comprendre des phénomènesdu temps présent.
Pour invoquer à boa droit la liberté du travail, il faudrait au moins que cette liberté existât quelque part; que les hommes fussent libres de ne pas travailler, mais aussi de travailler quand ils le veulent. Le ciloyen libre n'a reçu aucune assurance d'avoir du travail lorsqu'il en a besoin; la matière, les outils, les occasions, la santé lui manquent sans cesse, et combien d'ouvriers, de chefs de famille se rongent les poings dans l'inaction, ayant au cœur une furieuse envie de travailler qu'ils ne peuvent satisfaire?
Travailler douze et quatorze heures par jour, sans compter les taches supplémentaires et les travaux domestiques — travailler à l'atelier, à la fabrique, dans la mine, sous une discipline étroite qui règle l'entrée et la sortie et tous les mouvements, sous la domination des machines qui vous commandent et vous écrasent, pour gagner un salaire qui permet à peine de faire vivre la femme et les enfants, c'est là un régime qui ressemble bien imparfaitement à la liberté du travail.
Les femmes, les jeunes filles arrachées à la
LA LinERTK DU THAVAIL i2'.i
maison cl enréginuMilccs sons la loi hriUaliî du tissage et (le la lilature : en quoi cela peut-il donner une idée de la liberté individiu^lh; du travail? Lorsque dix, vingt ouvriers d'un grand établissement à vapeur demandent à reprendre le travail interrompu par la grève, le patron leur répond justement : « Soyez cent, soyez deux cents, et nous rallumerons les feux... » La fabrique ne peut pas marchera moins. Que devient la liberté de l'individu en présence de ce mécanisme formidable qui ne marche que par mille bras et avec une dépense de milliers de francs? Il n'y a pas de liberté, il n'y a pas d'individu.
Les droits de l'individu, la personnalité morale de l'individu humain se développe et se forme, on y croit, on l'espère; elle se forme avec les progrès de la science, de l'instruction, et suivant les vues générales de la Révolution française. L'individu n'existe pas aujourd'hui : il pourra exister un jour. Les travaux, les luîtes, et même les tyrannies des associations syndiquées ont pour objet de donner à l'être humain et à Têlre travailleur toute sa valeur économique, politique et morale. A quoi tendraient les efforls et les souffrances si ce n'est à la liberté et au bonheur?
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Lorsque les ouvriers se mettent en grève, plus OU moins librement, à raison ou à tort, et qu'ils s'imposent à eux-mêmes, à leurs femuies, à leurs enfants, des privations très pénibles, ils sacrifient le présent à l'avenir, ils renoncent à un bien immédiat pour obtenir un bien éloigné mais plus complet : tout l'effort de l'éducation humaine n'a pas d'autre objet, et c'est le fondement même de la prévoyance.