L AVENEMENT DES NOUVELLES COUCLIES )) \>J
possédée ni la garanties du h'ndctiiaiii, ni un jn\ ciassuré où ils puissent, avec leui' larnille, passer les moments de loisir au milieu des soins et des atleclions naturels au cœur de Tliomme.
Ces ouvriers, ces mineurs, ces mécaniciens, ces guides et pilotes de tous les services de transport par la vapeur et Télectricité ont avec eux les employés de magasin et de négoce, les comptables et commis, qui sont devenus tout un peuple dans les bureaux des grandes sociétés; ils ont avec eux, conspirant de toutes les puissances de leur âme au succès de la même cause, les employés des administrations publiques, les petits fonctionnaires de tout ordre, qui attendent ardemment une amélioration de leur sort : c'est un monde cela, et ce monde malgré les barrières qui le séparent et les canaux qui le fractionnent, est animé d'un sentiment unanime qui le fait marcher ensemble.
Il ne s'agit pas là de dynamite, il s'agit d'une poussée de volontés et d'aspirations : la bourgeoisie de 1789, de 1830, del8/i8, de 1870, dont tout ce peuple a appris les révolutions dans les écoles qu'elle a fondées, peut-elle penser qu'il ne lui reste qu'à se croiser les bras devant ce mouvement et à dire : on ne passe pas !
i98 TRANSFORMATIONS SOCIALES
Nous n'avons pas rais les clefs des révolutions dans notre poche le jour où nous avons pris la Bastille. Nous n'avons pas tiré derrière nous les verrous du progrès politique et social. Nous n'avons pas relevé je ne sais quel pont-levis fantastique pour empêcher les autres d'entrer après nous dans la cité promise. Nous n'allons pas faire de l'organisation politique fondée par nos pères en 1789 une autre Bastille, dans laquelle nous nous enfermerons nous-mêmes par une incroyable dérision et moquerie de nos propres principes!
La bourgeoisie française a brisé toutes les révoltes qui ont été essayées contre sa légitimité à elle, contre la légitimité de son développement historique.
Elle est maintenant à l'apogée de sa puissance, dans toute la plénitude de son expansion politique et sociale : elle bat son plein. Et voilà qu'un autre mouvement s'élève, aussi légitime que le sien, mais incomparablement plus puissant!
Elle s'étudie, nous le savons, à perfectionner les services de l'assistance publique , à protéger
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roiilnnce abniidonnéo, les femmes ol les adolesceiils employés dans riiidiistric, h réparer, dans la mesure du possible, les accidents et les catastrophes du travail Immain, à assurer des retraites aux vieux travailleurs. Ces réformes ne sont pas réalisées, mais on les cherche ardemment : elles sont et seront toutes insuffisantes. Oserais-je dire qu'elles ne touchent pas même à la question?
Le tiers état de 189/i ne demande pas aux descendants tout-puissants du tiers état de 1789 des secours, des retraites pour ses vieillards, des hôpitaux somptueux pour ses malades : il demande ses garanties, son code, ses institutions, et la reconnaissance de sa légitimité à lui-même.
L'arrivée des ouvriers à la vie intellectuelle, esthétique, politique, leur entrée dans les conseils municipaux, comme on Ta vu cette année, et dans les assemblées parlementaires, où ils étaient déjà, où ils se multiplieront infailliblement, ne va-t-elle pas amener des changements dans les lois, dans les institutions et dans la structure même de l'État?
Il est impossible de croire que ce monde vigoureux, remuant, avide de jouir et de s'instruire, va s'installer et prendre ses positions dans les
sphères de l'influence et du pouvoir, sans rien changer autour de lui, sans adapter à ses besoins quelques-unes des formes extérieures.
Le monde bourgeois n'a-t-il pas introduit dans la constitution politique et sociale les modifications qui lui étaient nécessaires pour sa vie et son développement légitime? Le monde ouvrier fera la même chose pour sa vie à lui.
Songez à ceux qui souffrent et qui vont mourir, songez-y sans cesse, ne prenez plus une heure de repos avant d'avoir trouvé des allégements à leur situation malheureuse, mais ne nous obligez pas à mettre à néant un vain sophisme : il ne s'agit pas des conditions de la maladie et du chômage, puisqu'il s'agit des conditions du travail.