‹ Transformations socialesChapitre 30 sur 58 · LA RESPONSABILITE DES ACCIDENTS · texte numérisé non relu

LA RESPONSABILITE DES ACCIDENTS

qnehiue sorte vaincu; il s'olïaco, j'allais dire : il abdique. On ne considère plus que des forces aveugles, des machines, avec leur jeu forniidai)le. Mais nous ne connaissons aucun moyen d(; faire aulrement, si l'on veut légiférer sur les accidents, dans l'état actuel de l'industrie, et il nous reste seulement à espérer que la liberté, la responsabilité et la volonté prendront un jour une triomphante revanche, avec le perfectionnement de la science et des institutions humaines.

Avec la meilleure loi que l'on puisse imaginer sur la responsabilité des accidents, avec le règlement le plus rapide et le plus large possible des indemnités pécuniaires, comment donnerez-vous jamais une compensation efficace à l'ouvrier, à l'ouvrière, qui a laissé sa santé et ses membres dans la lutte contre les engins industriels et dans l'atmosphère méphitique où s'accomplissent les opérations du travail?

La main, le doigt, le pied, l'œil de cet homme, de celte femme, de cette jeune fille pour toujours estropiée et défigurée, combien cela vaut-il, à votre avis?

Celui qui pour toute fortune, pour tout orgueil, possède la vigueur de son corps intact, à quelle somme croyez-vous qu'il estime cet honneur de son existence sur terre?

Cela ne se paie pas; et nous ne pouvons que sentir profondément la misère des lois qui offrent de l'argent, pour toute réparation, à ces blessés des deux sexes, qui tombent sur ce champ de bataille du travail, où les femmes, les hommes, les jeunes filles, les enfants, sont tous des combattants de la grande armée.

Mais il y a une chose qui est plus puissante que les lois, c'est la science. Est-il impossible d'espérer que la science trouvera les moyens de réduire au minimum les accidents, les mutilations, qui atteignent les travailleurs dans l'atelier, dans la fabrique, dans la mine?

Il ne s'agit pas seulement des blessures atroces, des membres arrachés, du sang qui coule; mais ce dépérissement silencieux et presque insensible, qui s'opère au jour lejour etde génération en génération, et qui s'étend sur une multitude d'êtres humains, n'est-il pas plus affligeant que toutes les mutilations partielles et personnelles, au jugement des hommes qui savent voir et comprendre ce qu'ils voient?

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