I.A HESPUNSABILITE DES ACCIDENTS
L'hygiène des alcliors et des fabriques a précisément pour ()])jet de réduire, autant qu'on le peut, cette quantité infinie de maux et cette dégénérescence qui atteint les populations ouvrières, non seulement dans leurs corps, mais dans leur volonté et dans leur énergie morale vers rémancipation économi([ue et politique.
Il faut s'imposer plus de dépense pour avoir de bonnes machines bien installées, des ateliers et des fabriques répondant à toutes les notions d'une hygiène bien comprise. Ceux-là même qui ne reculent pas devant les sacrifices, ceux qui font le plus, font-ils assez pour remplir en ce point tout leur devoir social? Qui voudrait le prétendre? Qui oserait méconnaître la part toujours trop grande de l'incurie, de la négligence, de l'économie funeste et quelquefois criminelle dans l'installation des engins du travail? Il y a en ce sens des progrès à accomplir, dont Tidée devrait poursuivre jour et nuit les chefs de travail et ne pas leur laisser un moment la conscience tranquille, s'ils n'ont introduit dans leurs ateliers quelque amélioration nouvelle.
La loi votée par les deux Chambres se borne à donner des indications générales et elle en laisse
aux ingénieurs, aux constructeurs, aux entrepreneurs (l'industrie l'entière initiative. Mais même ces indications générales sont-elles respectées partout avec assez de soin?
C'est là qu'il y a des responsabilités profondes et étendues, — d'autant plus étendues qu'on ne les saisit pas toujours sur le fait et qu'on ne voit pas les conséquences lointaines de l'incurie et l'influence pernicieuse qu'elle exerce en secret sur l'avenir des familles ouvrières.
On ne devrait pas avoir le droit de mettre de l'argent de côté pour alimenter la caisse aux dividendes, pour grossir les bénéfices de l'entreprise, pour amortir les dépenses de première installation, aussi longtemps qu'on n'a pas pris toutes les précautions indiquées par la science contemporaine pour protéger la vie et la santé des travailleurs.
Il faudrait au moins appliquer loyalement, sincèrement la loi actuelle, si insuffisante encore.
Il faudrait un service d'inspection qui aurait réellement ces deux qualités : l'expérience professionnelle et l'indépendance.
Il faudrait une collaboration cordiale et de tous les instants entre les inspecteurs et les chefs d'industrie pour améliorer les conditions matérielles