‹ Transformations socialesChapitre 38 sur 58 · UNE GREVK DANS LE PAS-DE-CALAIS · texte numérisé non relu

UNE GREVK DANS LE PAS-DE-CALAIS

nous estimons pour leurs lumières et leur patriotisme, (le bons républicains, de bons Français, lis ont des idées et du senliment. Pourquoi ne prendraient-ils pas cette initiative? Pourquoi les compagnies houillères du Pas-de-Calais ne créeraientelles point un comité d'explication et de conciliation au centre de leur district?

Et s'il paraît que les compagnies du Pas-de- Calais sont trop nombreuses et diverses pour créer d'un commun accord un comité unique, pourquoi l'une d'entre elles ne le ferait-elle pas pour son propre compte? Que ce soit à Liévin, àCourrières, à Béthune, n'importe où, que quelqu'un commence et les autres suivront! Que celui qui a plus de lumières et de sagesse se décide !

La création de ces comités dépend de vous : il n'est pas besoin de loi. Proposez-les aujourd'hui à ces travailleurs, qui sont rentrés vaincus et sans conditions, mais non pas sans ressentiment, dans les mines, et vous ne serez pas refusés. Vous aurez fondé une institution qui peut nous épargner, et à vous-mêmes, de grands malheurs. Ce sera sage, ce sera juste, et c'est facile.

On sait comment ces comités s'organisent et fonctionnent : ils ne suppriment pas les chambres

syndicales d'ouvriers et de patrons; au contraire, ils s'appuient sur elles. On nomme un président, un vice-président, deux secrétaires : les deux parties sont également représentées au bureau. Ouvriers et patrons se partagent les frais d'organisation du comité; cela coûte moins cher que des grèves. Tous les mois on se réunit et on examine ensemble les conditions du travail. On dissipe les malentendus, on redresse les torts. On se dispute quelquefois « à coups de gueule » ; cela vaut mieux qu'à coups de fusils et de bombes explosibles.

Pendant les sept semaines de cette triste grève, ma question a été sans cesse agitée et débattue par-dessus toutes celles qui y ont été confusément mêlées. C'a été la question primordiale. Qu'on l'appelle prétexte, qu'on l'appelle raison, c'est de là que tout est venu. Oui ou non, y a-t-il baisse des salaires? Les ouvriers disent oui, les compagnies disent non. Est-il donc impossible de savoir la vérité?

Nous avons vu paraître une quantité innom-

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