‹ Transformations socialesChapitre 5 sur 58 · AVANT-PROPOS XI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XI

dent et nous sourient du fond des siècles, et qui nous convient à les suivre et à les imiter!

La révolution, entrevue dans son universalité et dans sa continuité, prend alors son plus haut caractère; elle s'élève ii la ressemblance d'une véritable loi du monde. Au lieu d'être le champ clos de nos disputes et de nos fureurs, elle devient lo dévei()[)pcment progressif de l'ordre, qui s'identifie au développement progressif de la justice. L'ordre ne peut être que la justice visible et tangible, le dessin, le relief, l'architecture de la justice. Lorsque l'iniquité a le dessus et impose sa loi au monde, il est possible que le silence et l'immobilité régnent avec elle, et on dit que c'est l'ordre. Mais cette immobilité glacée et muette est aussi difîérente de l'ordre que la mort l'est de la vie; cette stupeur que nous avons vue s'étendre sur le monde moral est le désordre porté à sa perfection et l'anarchie consolidée; tandis que les efforts, le mouvement et l'excitation pour atteindre à un degré supérieur du droit, sont déjà le commencement de l'ordre et le prélude de l'harmonie vivante.

La tâche de notre temps dans l'oeuvre de justice et de lumière paraît être surtout de relever le travail, de lui faire la place d'honneur à laquelle il a droit. Le travail perpétuellement sacrifié, pillé, rançonné et piétiné, relégué au dernier rang, doit arriver au premier, comme il convient. Le travail sous toutes ses formes, matériel et intellectuel, est le père de toute légitimité. Il sera de moins en moins matériel, de plus en plus intellectuel, avec le développement

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