I.ES TROIS TERMES DE LA QUESTION
Répnl)li(iiic, et de laisser cependant au i)i)iiv()ir exécutir cette indépendance d'action sans lacjnelhî on n'a qno l'inipuissance et Tanarchie... »
Les politiques romains voyaient dans ce mélange de monarchie, d'aristocratie et de démocratie l'idéal de la parfaite République.
Depuis nous ne savons combien de siècles, ces maximes forment un des lieux communs les plus fréquentés de la politique, et, tout rebattu qu'il soit, on ne se lasse pas d'y revenir et de s'y donner rendez-vous.
Le mélange toujours variable de monarchie, d'aristocratie et de démocratie s'est retrouvé et se retrouve dans notre République, sous le régime du suffrage universel et de la souveraineté nationale.
Le Sénat, la Chambre des députés et le Président de la République, avec le Conseil des ministres, sont chargés de satisfaire à ces trois grands intérêts que Rome et Sparte ont reconnus avant nous.
Et de même, quand nous envisageons le problème social, il s'agit de satisfaire à trois grands intérêts et de reconnaître à chacun d'eux sa part : la part du socialisme, la part de l'individualisme
et la part du gouvernement, qui a pour rôle de maintenir la balance entre la liberté des individus et la socialisation des forces.
Si le problème paraît nouveau, c'est que la proportion des éléments vivants qui le composent est aujourd'hui en singulière fermentation, cherchant un nouvel équilibre, alors qu'en vérité, c'est un des antiques problèmes de notre humanité remuante et progressive.
La proportion et la mesure qui conviennent, voilà en etfet la grande question sur laquelle on peut discuter à l'infini, écrire, parler, batailler, à travers mille vicissitudes de victoires et de défaites, chacun aspirant à réaliser sa proportion à soi et pour soi, qu'il déclare être la seule équitable et légitime.
Le socialisme a fait depuis le commencement du siècle des progrès considérables; la proportion se modifie à son avantage : croit-on cependant que les partis ouvriers contemporains et les groupes socialistes ont donné l'impulsion à ce mouvement?