LKS TROIS TERMES DE LA QUESTION
lis se coalisont, ils se donnent une discipline et un gouvernement, pour lutter et se défendre; et, sans doute, dans celte organisation volontaire, ils cèdent encore une partie de ce qui leur reste de liberté, de ce pauvre et misérable reste de liberté qu'ils ont arrachée aux étreintes du patronat impersonnel; mais de ce quelque chose qu'ils abandonnent ainsi volontairement, ils veulent faire le fondement de la régénération de leur classe et la base de leur liberté future.
S'ils prélèvent deux sous sur leur salaire pour les déposer dans la tirelire et de là dans la Caisse d'épargne, ou s'ils déposent une partie de leur liberté dans l'organisation du syndicat, ils font la même opération de libre prévoyance et le môme effort vers une liberté plus complète.
C'est du socialisme? Mais c'est de l'individualisme au premier chef, c'est la lutte de la liberté ouvrière et de l'émancipation prolétarienne contre la domination de forces collectives et irresponsables.
Il y a une part de socialisme dans leur conception et dans leur effort, mais il y a une part supé-
rieure de liberté; c'est à la liberté qu'ils tendent, à la libération et à rémancipation de leur classe, de leurs familles, de leurs personnes; c'est là l'idéal, la conquête à faire, et pour cette conquête ils se sont enrégimentés et disciplinés. Cette discipline est le premier succès de leur libre effort.
Ils ressentent un violent désir de posséder parmi les biens de ce monde leur part de propriété, qui sera le fondement de leur liberté même.
N'est-il pas vrai que l'absence de toute propriété effective entraîne la ruine immédiate de la liberté économique, morale et politique? La liberté de l'esprit subsistera la dernière dans le fort intérieur, mais elle sera bien près de s'éteindre ellemême si, pour respirer et s'exprimer, elle n'a pas l'entière possession de libres organes.
Dans l'indigence absolue de ce sage antique qui, voyant un enfant boire l'eau de la source au creux de sa main, brise la tasse, son unique ustensile, et dit : « Je puis encore me pjsser de cela! » vous trouvez cependant la propriété fondamentale toujours présente.
Il demeure et entend demeurer le maître de son âme, de son corps, de ses membres et de sa