INDICATIONS DE LA TRANSFUSION SANGUINE
Il n’a pas encore été fixé de limite précise, reconnue de tous, aux indications médicales de la transfusion sanguine chez le nourrisson, car si certains auteurs les réservent encore à des cas très restreints, tels les hémorragies abondantes ou quelques maladies sanguines graves, d’autres plus nombreux actuellement les reconnaissent en des circonstances plus variées, là où l’anémie et la perte de sang n'interviennent pas.
En effet, on a admis peu à peu d’autre pouvoir de la transfusion que celui de suppléer une perte sanguine, de rétablir la nutrition, la circulation et l’hématose gravement compromises par une diminution de la valeur quantitative ou qualitative du sang. Son action tonique, sur le système cardio-vasculaire et de ce fait, sur la diurèse et la fonction d’excrétion des reins, l'amélioration qu’elle provoque de lhydrolabilité des tissus, de leur faculté de fixer et de retenir l’eau, donc son pouvoir réhydratant et antitoxique, sont
autant de raisons qui la firent pratiquer au cours
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des diarrhées graves, des syndromes cholériformes, des toxicoses deshydratantes du nourrisson. L'apport des antitoxines et des anticorps, contenus dans le sang du donneur, guéri le plus souvent de maladies infectieuses, ou en contact fréquent avec elles, a la valeur d’une sérothérapie polyvalente, chez un enfant infecté dont l’organisme trop jeune n’a pas eu le temps d’établir la prémunition habituelle chez l’adulte. L’indication de la transfusion d’abord appliquée aux septicémies et particulièrement à l’érysipèle du nourrisson, sétendit ainsi aux broncho-pneumonies et aux pneumonies dans certains pays, malgré le risque qui en retarda longtemps la première expérimentation, de la surcharge d’une circulation et d’un cœur déjà défaillants. On reconnut bientôt les bienfaits de l’apport d’albuminoïdes directement assimilables ainsi que celui des hormones et ferments contenus dans le plasma et les globules blancs qui, s’ajoutant à la modification de l’hydrolabilité des tissus, permit la survie et une croissance plus rapide de prématurés et de débiles. Les premiers succès obtenus dans de tels cas par M. Vignes puis par MM. Guéniot et Séguy incitèrent à étendre peu à peu l’usage de la transfusion aux enfants dont un trouble digestif et nutritif aboutit à l’hypothrepsie ou à l’athrepsie, puis à ceux n’ayant qu’une insuffisance d'augmentation pondérale sans trouble fonc-
tionnel apparent.
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Ainsi la transfusion sanguine d’abord considérée uniquement comme une méthode de substitution et réservée aux hémorragies et aux maladies du sang révéla peu à peu ses pouvoirs multiples et devint un moyen thérapeutique, un véritable médicament susceptible d’être employé dans des circonstances très variées. Mais, en même temps que la connaissance de la puissance curatrice du sang, eut cet avantage de multiplier l’usage de la transfusion et de montrer qu'elle permet de guérir ou d’améliorer des maladies rebelles jusqu'alors à tout traitement, elle présenta l'inconvénient de vouloir la faire pratiquer par une extension excessive là où elle ne peut jouer qu’un rôle secondaire, accessoire et certaines fois, là où son action est impossible ou même nuisible.
En ne tenant compte que des cas où son effet bienfaisant peut être obtenu d’une façon certaine, à la condition de respecter quelques conditions techniques (précocité, quantité, répétition de l’injection de sang) il nous semble permis de classer les indications de la transfusion chez le nourrisson en trois groupes :
I. Les hémorragies et les maladies où l’altération du sang est le fait essentiel ;
II. Les toxi-infections, au premier plan desquelles il faut placer les broncho-pneumonies et les syndromes cholériformes ;