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rate, la prostation ou les phénomènes d’excitation de l’ictère nucléaire, l’anémie avec érythroleucoblastose, l’évolution très rapide vers la mort, demande un traitement d’extrème urgence : l’hémothérapie.
De pronostic moins sombre est l’anémie grave du nourrisson signalée pour la première fois par Buchan et Comrie, puis par Finkelstein, par Lichtenstein, par Eklin étudiée récemment par M. Pehu. Envisagée dans son ensemble, cette affection comporte plusieurs variétés :
L'une constatée dans la syphilis congénitale, réalise le tableau clinique et hématologique du syndrome de von Jaksch-Luzet.
L'autre est constitué par des cas d’anémie survenant chez des nouveaux-nés, dont les mères ont subi pendant la grossesse des privations alimentaires (M. Pearsons, M. Pehu).
Une troisième variété, reliée étroitement à l’anasarque fœto-placentaire et à l’ictère grave du nouveauné entre dans le cadre des érythroblastoses. Cette troisième variété d’anémie qu'individualise son caractère familial, son apparition dès les premiers jours de la vie, son association possible à l’ictère, son aspect hématologique (diminution considérable du taux de l’hémoglobine, érythroblastose discrète, réticulocytose, leucytose modérée) réclame la transfusion au même titre que l’ictère grave familial : le succès de
l’hémothérapie est presque certain dans un tel cas.
Plus rarement Ia transfusion est indiquée par la malformation congénitale liée à la déficience constitutionnelle des plaquettes sanguines (purpura thrombopénique essentiel, hémogénie) qui se traduit parfois par un syndrome hémorragique précoce pouvant revêtir une haute gravité; ou par une crise hémolytique aiguë, au cours de l’affection constitutionnelle et familiale qui est la maladie hémolytique congénitale (MM. R. Debré, Lamy, G. Sée et Mme Saint- Schrameck).
Justiciables également de Ia transfusion, sont les hémorragies abondantes et l’anémie sévère de l’ictère grave infectieux, fébrile, et cyanogène, maladie de Winckel, de Buhl, de Laroyenne et Charrin.
Il est rare, par contre, d’être dans la nécessité de transfuser un enfant convalescent d’une maladie infectieuse, et porteur d’une anémie séquelle sanguine transitoire ; ou un nourrisson soumis à un régime mal équilibré atteint de chloroanémie, d’oligosidérémie très rapidement améliorée par la seule thérapeutique
ferruginée.
* * * L'action du sang au cours des broncho-pneumonies et des pneumonies a été longuement discutée lors du
dernier congrès de la transfusion.
MM. Rohmer et B. Tassowatz déclarent :
» Dans la séance de la Société allemande de Pédiatrie de 1925 le rapporteur Opitz ne comprend pas les broncho-pneumonies dans les indications de la transfusion sanguine. Baumann la rejette dans cette affection pour ne pas surcharger la circulation ; il préfère les mjections intramusculaires quotidiennes de sérum. Adam, Bossert-Buchholtz, Spohn contestent son efficacité et la croient dangereuse. Siegl (de Vienne) ne lui reconnaît aucune action dans les broncho-pneumonies aiguës.
« En France, M. Lesné et Mlle Dreyfus-Sée n’ont constaté aucune amélioration de pronostic dans les broncho-pneumonies graves des enfants du premier âge. Abricosoff également conteste son efficacité.
« Dans la séance de la Société américaine de Pédiatrie de mai 1929, le rapporteur, Grover T. Powers, ne conclut pas quant à la pneumonie. Thomas B. Cooley, de Détroit, a eu des déceptions dans le traitement des broncho-pneumonies aiguës. Carlton, Hacker et Oliver n’ont pas vu de résultats.
« Beaucoup d'auteurs n’ont appliqué la transfusion que dans les broncho-pneumonies chez des enfants anémiques ou dans les formes traînantes. Ceci résulte entre autres de la discussion déjà mentionnée au Congrès américain de Pédiatrie en 1929. Murray, H. Bass, confirmé par Schick rapporte 10 observations
de ce genre, avec 9 guérisons. Lewis B. Flinn commu-
Me
nique le cas d’une fillette de 16 mois, avec bronchopneumonie et anémie sévère (hémoglobine de 17 %). L’injection a été faite le neuvième jour de la maladie ; la transfusion a été suivie de la chute de la température et l'amélioration de l’anémie. Thomas B. Coley et Walter Lester Cass ont eu des déceptions dans les formes traînantes. L. Krahnlich et L. A. Koch ont publié le travail américain le plus important sur ce sujet. Ils ont traité 73 cas, dont 72 avaient moins de 18 mois. Les cas étaient graves avec beaucoup de complications : pleurésies, otites, mastoïdites, pyélites. La transfusion a été faite après échec d’autres traitements ; la chute de la température a souvent manifestement suivi l’injection. Ils n’ont eu que 24,6 % de mortalité.
€ Weston rapporte l'observation d’un enfant de 2 ans, rachitique, atteint de dysenterie bacillaire et d’une pneumonie à pneumocoque III. Le poumon droit était complètement infiltré; la maladie présentait une allure septicémique. Le cinquième jour, l’auteur injecta 200 cc. de sang citraté, et la température tomba en vingt-quatre heures à Ja normale, l’état s’améliora rapidement. Guérison.
€ Rothmann, Sisbury, J. Burns, Ross et Hund, Arthur London ont eu également des résultats favorables. Ribadeau-Dumas et J. Debray rapportent
l'observation d’un enfant de 4 mois avec broncho-
pneumonie au cours de laquelle les signes d’intoxication disparurent après une transfusion de sang, qui enraya également la chute de poids.
«Baumann, de Tubingen, recommande cetraitement dans les pneumonies migratrices, et dans celles qui sont compliquées de pleurésie purulente, à cause de la longué durée de la maladie et de l’épuisement qui en résulte ; mais il évite de faire des injections intraveineuses, pour ne pas surcharger la circulation. Il fait des injections intramusculaires quotidiennes de 10 cc. de sérum humain ».
MM. Rohmer et B. Tassowatz n’admettent pas la nécessité de transfuser toutes les broncho-pneumonies. Parmi celles-ci ils distinguent une forme simple se présentant comme une affection aiguë localisée aux poumons, mais sans retentissement sur l’économie générale, de bon pronostic et qui n’impose pas l’injection de sang; des formes graves, comprenant une forme toxi-infectieuse, une forme « bleue » ou asphyxique avec prédominance des signes de défaillance du cœur droit, une forme blanche où domine le collapsus cardio-vasculaire. La transfusion modifie très favorablement le pronostic de ces trois dernières variétés.
Au même Congrès Lester J. Unger apporte des statistiques également satisfaisantes. La mortalité des
pneumonies et des broncho-pneumonies non compli-
quées chez les enfants de 1 à 2 ans est tombée de 28 % à 0 %. Les mêmes affections aggravées par une complication virent leur mortalité abaissée de 69 % à 53 % chez les enfants de un an, de 52 % à 28 % chez les enfants de 2 ans.
Lester J. Unger conclut :
€ La transfusion n’est pas contre-indiquée par la pneumonie, elle écourte l’évolution de la maladie (pneumonie et broncho-pneumonie), provoque une crise au cours des 48 heures qui la suivent, dans 73 % des cas non compliqués. Elle abaisse la mortalité, ce fait étant surtout frappant chez l'enfant depuis la naissance jusqu'à 3 ans lorsque la pneumonie s’accompagne d’une complication grave, et au cours de la 2e année, lorsque la pneumonie n’est pas compliquée. Le moment le plus favorable pour injecter le sang est entre le 10€ et le 14€ jour de la maladie; la quantité doit être environ 40 à 50 % du volume du sang du malade. Il faut employer le sang entier non modifié par l’adjonction d’anticoagulants.
L'action probable de cette transfusion est la cessation de l’oligémie (diminution de la valeur quantitative et qualitative du sang) qui accompagne la
broncho-pneumonie ».
Parmi les toxi-infections susceptibles d’être amé-
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liorées et guéries par la transfusion, le choléra infantile, ou syndrome cholériforme, ou toxicose déshydratante, occupe la première place.
Robertson Brown, et Simpson, parmi les premiers publient de bons résultats.
Burk et Fischer, Unger, Powers, constatent que la transfusion améliore la circulation sanguine, fait disparaître l’intoxication, permet une hydratation rapide de l’organisme.
Park, Francotte, reconnaissent à la transfusion une action certaine, et voient en elle le traitement le plus efficace du choléra infantile.
W. Baumann, de Tubingen, par contre, n’admet l’utilité de la transfusion qu’au cours des troubles nutritifs graves prolongés et des infections sérieuses et traînantes. Il n’obtient aucun résultat en traitant les intoxications alimentaires, les syndromes cholériformes et les athrepsies aiguës (4 survies sur 29 cas, mortalité de 82 %). Cependant, il est difficile d’opposer l’opinion de Baumann et celles des auteurs canadiens et américains, de comparer leurs résultats en raison des différences de technique, car, alors que ces derniers emploient de grosses quantités de sang (20 à 40 cc. par kgr. de poids corporel} et souvent après exsanguination préalable, Baumann n’injecte habituellement que 20 gr. de sang ou de sérum et préfère à la transfusion proprement dite les injections
intra-musculaires ou intra-péritonéales.
R. Mouchotte