RO
Hallé pour un syndrome cholériforme. Sa déshydratation est impressionnante (il ne pèse que 5.500 gr.). selles vertes, liquides, émises en jet ; urines très diminuées, hyperpnée, râles de congestion aux bases, bruits du cœur rapides, pas d’hépatomégalie. Température de 410. Aucun foyer infectieux apparent. Transfusion de 20 gr. et aussitôt après instillation intra-veineuse continue d’une solution de Ringer additionnée de glucose selon la technique préconisée par MM. Schick et S. Karelitz. Diète absolue. Le lendemain l'enfant est amélioré d’une façon considérable. Il a pris 500 gr. et présente un léger œdème des membres inférieurs. On arrête la perfusion. Le 3e jour persiste l’amélioration (prise de 50 gr.), la température est tombée à 37,5. Les jours suivants les œdèmes disparaissent, le poids tombe de 200 gr. .Le 7€ jour l’intoxication acide, la déshydratation, la fièvre apparaissent de nouveau on ne fait pas de nouvelle transfusion, se contentant de prescrire des injections sous-cutanées de sérum bicar-
bonaté. L'enfant meurt le lendemain.
Parmi nos 59 enfants décédés nous comptons donc :
21 vus dans un état préagonique et morts 48 heures au plus après l’hospitalisation.
8 transfusés tardivement après plusieurs Jours d'évolution de la maladie alors qu’existait une né-
phrite ou une dégénérescence graisseuse du foie.
apte
13 porteurs d’un foyer infectieux méconnu ou trop tardivement traité (une broncho-pneumonie avec pleurésie purulente ; douze otites avec mastoïdite).
5 décédés brusquement d’un syndrome malin (3 diphtériques, 2 eczémateux).
{ syphilitiques dont 3 avec B.W. positif.
2 choléras infantiles.
5 enfants virent l’évolution de leur maladie se faire nettement en deux phases, une amélioration considérable survenant après une transfusion malheureuse-
ment non renouvelée.
Parmi les 28 enfants guéris, nous en comptons 9 ayant eu une diarrhée d'apparition brusque, accompagnée d'emblée de caractère de gravité : pâleur, cyanose, refroidissement, agitation ou adynamie, oligurie, selles vertes fréquentes, émises en jet. Tous furent vus le premier jour et traités immédiatement par une injection de sang dans le sinus. L'amélioration fut immédiate, l’intoxication et la déshydratation cédant en 24 heures. Ces 9 enfants quittérent le service après quelques jours d’hospitalisation, la brièveté de ce séjour en milieu nosocomial leur permettant d'éviter une Surinfection malheureusement habituelle.
D'autres, conduits plus tardivement à la crêche ou présentant une diarrhée secondairement aggravée
au cours de l’hospitalisation à l’occasion d’une otite,
lie
d’une rhino-pharyngite, parfois d’une infection pulmonaire ne virent céder leurs troubles qu'après des injections de sang régulièrement répétées. A l’un, présentant une diarrhée cholériforme rebelle, mettant la vie en jeu à chaque instant, l’on fît quotidiennement une transfusion pendant cinq jours, puis, deux nouvelles pour aider la reprise de poids.
Un nourrisson, profondément infecté quoique apyrétique, couvert de pyodermite et porteur d’une double otite, reçut cinq injections de sang en 20 jours. Un troisième, nullement amélioré par quatre injections sous-cutanées de sang matérnel, guérit après 2 transfusions de 25 gr.
La répétition de ces transfusions, possible grâce à l'emploi de la voie sinusale, est certainement l’une des causes de la guérison. Nous avons constaté, bien souvent, qu'une seule injection de sang eût été insuffisante pour faire céder complètement le collapsus cardio-vasculaire, permettre l’élimination de l’eau par le rein, et non plus par les voies respiratoires, et rendre apyrétique de façon définitive, une évolution Jusque là fébrile.
Il semble donc que l’on doive satisfaire à deux conditions essentielles pour obtenir un bon résultat de la transfusion :
D'abord la précocité de l'injection, et nous insistons
encore sur le fait qu’une transfusion trop tardive est
NEMh D SE
inopérante lorsque le rein est lésé histologiquement et que le foie est en dégénérescence graisseuse.
Ensuite, Le rythme, la fréquence des injections de sang ; Nous avons perdu certaines fois le bénéfice d’une transfusion pour ne l’avoir pas renouvelée, alors que, d’autres fois, nous avons obtenu un résultat inespéré grâce à des injections répétées fréquemment, et à dates
rapprochées.