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lue que certains réclament pour faire la transfusion avec sécurité n’est pas une condition autrement indispensable. MM. P. Rohmer et B. Tassowatz ont imaginé d’interposer un segment de tuyau de caoutchouc très souple entre l’aiguille abandonnée à elle-même, et maintenue avec suffisamment de solidité par sa seule pénétration, et la seringue qui injecte, de telle façon que les mouvements de la tête ne sont pas transmis à cette dernière. |
Personnellement nous préférons adapter directement la seringue à l’aiguille que nous tenons entre le pouce et l’index de la main gauche dont les autres doigts reposent sur la tête de l'enfant. Avec un peu de souplesse et d'habitude on arrive fort bien à suivre les faibles mouvements de la tête sans nullement déplacer l'aiguille. D'ailleurs, un des avantages essentiels de celle que nous employons est sa petite longueur, de telle sorte que si elle se mobilise au cours de l’intervention c’est dans le sens de la superficie. Le sang n’est pas injecté dans un hémisphère ou dans l’espace inter-hémisphérique, mais superficiellement sous la peau, incident sans conséquence grave, et dont on peut s’apercevoir immédiatement.
La constitution anatomique du sinus apporte un autre avantage à cette méthode. Compris entre l’aponévrose superficielle, la dure-mèêre et la base d’implan-
tation de la faux du cerveau, le sinus est une veine à
parois fibreuses, rigides qui n'éclatent pas sous la pression du sang, qui ne se déchirent pas, et l’on sait, combien souvent chez l'enfant, la transfusion faite au pli du coude est arrêtée par la formation d’un hématome.
Il est quelques cas cependant où la transfusion devient difficile et demande de grandes précautions. Lorsqu'il v a hydrocéphalie ou hypertension manifeste du liquide céphalo-rachidien le sinus est aplati et se laisse transpercer très facilement. La seringue retire un peu de liquide rosé. Il faut se garder d’injecter le sang, mais changer l’aiguille et renouveler la ponction le plus loin possible en arrière. Au cours des grandes déshydratations également, lorsque la fontanelle est profondément déprimée, lorsqu’existe un collapsus vasculaire et que la pression sanguine est très diminuée, la transfusion peut être délicate : l'aiguille est pénétrée dans le sinus et cependant le sang ne monte pas dans la seringue ; il faut se garder de pousser l’aiguille plus profondément mais aspirer : l’issue du sang montre alors qu’on se trouve bien dans le sinus.
Ce que l’on reproche surtout à cette méthode c'est d'être aveugle et partant dangereuse, de permettre sans qu’on puisse la soupçonner l’injectien de tout le sang en dehors du sinus et la formation d’un hématome mortel. Ceci est inexact car un opérateur exercé a
toujours la certitude de faire correctement l'injection
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en éprouvant la résistance du piston de la seringue : légère, continue toujours égale, modifiée uniquement et passagèrement par un cri de l’enfant, elle permet d'affirmer que le sang s'écoule normalement dans le courant circulatoire ; plus forte brusquement, sans que l'enfant ait crié elle doit faire craindre une effraction de laiguille à travers la paroi veineuse et impose la cessation immédiate de l'injection. Il faut changer l'aiguille et ponctionner ailleurs.
Nous avons examiné systématiquement depuis plusieurs mois le crâne de tous les enfants que nous avons transfusés et qui sont morts. La même vérification a été faite dans le service voisin de M. Milhit. Une vingtaine de nourrissons ont ainsi été vus. Tous, sauf deux, avaient un sinus longitudinal supérieur normal, sans aucune altération de la paroi, ni thrombose. Certains avaient reçu plusieurs transfusions, en quelques jours (3 fois 2 transfusions, 2 fois 3 transfusions, 1 fois 4 transfusions).
Chez un prématuré débile de 23 jours entré dans le service de M. Grenet, alors qu'il présentait un état comateux, nous avons constaté un encéphale normal et au niveau de la ponction, sur le bord supéro-interne d’un hémisphère, une petite ecchymose sous-duremérienne large comme une pièce de 50 centimes et qui n'empiétait pas sur la substance cérébrale. Chez un
nourrisson atteint d’encéphalite vaccinale et qui mou-