‹ Translations, inscriptions et poésies diversesChapitre 2 sur 72 · DIANE · texte numérisé non relu

DIANE

Telle que par la presse La vierge chasseresse Marche d'un pied dispos, L'arc en main, et la trousse D'une gente secousse Luy battant sur le dos.

Adieu sœurs, adieu belles, Adieu doctes pucelîes.

Telle parmi sa bande

Se monstre belle et grande Ceste nymphe aux beaux yeux Ceste nymphe céleste^ Qui de face et de geste Ne tient rien que des cieux.

Adieu sœurs, adieu belles, Adieu doctes pucelîes.

Lîne douce planette

De sa face brunette Esclaire le beau teinct :

Mais sa grâce naïfve Qui les aines captive Mille beautez esteint.

Adieu sœurs, adieu belles, Adieu doctes pucelîes.

C'est la Pallas nouvelle Fille de la cervelle De ce grand Roy François :

Des Muses la dixième^ Des Grâces la quatrième, S'il en est plus de trois.

Adieu sœurs, adieu belles, Adieu doctes pucelîes.

Sur son visage peinte Est la chasteté sainte Qui l'amour fait trembler :

Las, mais elle nous laisse.

Pour nouvelle Déesse A Juno ressembler.

Adieu sœurs, adieu belles,

Adieu doctes pucelles. „ Ce n'est pas la première, Ce n'est pas la dernière Que sur ce mesme lieu Hymen nous ravist ores, Et ravira encores Hymen ce cruel Dieu.

Adieu sœurs, adieu belles,

Adieu doctes pucelles.

De la Nymphe Escoçoise

Pour la rendre Françoise, Naguère il vous priva :

Puis la Nymphe Lorraine En beauté souveraine Le cruel enleva.

Adieu sœurs, adieu belles,

Adieu doctes pucelles. Or d'une autre compagne Pour enrichir l'Espagne Vous prive l'inhumain :

Qui vostre Marguerite, Vostre perle d'eslite Vous ravist de sa main.

Adieu sœurs, adieu belles,

Adieu doctes pucelles.

Que ferez-vous pucelles,

Qui dessous vos aisselles Portez le beau carquois ?

Et vous, qui sur Pégase, Animez de Parnase, Les antres et les bois ?

Adieu sœurs, adieu belles,

Adieu doctes pucelles.

L'honneur de vostre troppe Laisse la double croppe Pour suyvre désormais Et Junon et Lucine, Adieu troppe divine, Adieu donc pour jamais.

Adieu sœurs, adieu belles,

Adieu doctes pucelles,

EPITHALAME

Adieu forests ombreuses, Adieu r'ves herbeuses, Adieu tertres bossus, Adieu vives fontaines, Adieu roches hautaines, Et vous antres moussus.

Adieu sœurs, adieu belles,

Adieu doctes pucelles. Adieu lyre dorée

De Phebus adorée, Tes chansons et tes vers, Puisque nostre Princesse En chappeau de Duchesse Change nos lauriers verds.

LA MUSIQUE

Le Prince n'a, tant soit grand son mérite, De s'esjouyr peu de cause et raison, Qui retourné trouve dans sa maison Une si belle et rare Marguerite.

LE POETE

De ceste chansonnette La petite brunette Fit les Dieux resjouyr :

Et puis en ceste sorte Sa voix un peu plus forte Lucrèce fit ouyr.

Page 1