‹ Translations, inscriptions et poésies diversesChapitre 3 sur 72 · LUCRECE · texte numérisé non relu

LUCRECE

Telle comme Lucrèce,

Ou que l'honneur de Grèce Pénélope se lit, Sera, mais plus heureuse, Ceste vierge soigneuse De l'honneur de son lict.

O Hymen Hymenee O nuict bien fortunée.

Qu'opposer on ne vienne La Royne Carienne, A celle qui sera En amour conjugale Porcie, et plus loyale Alceste passera.

O Hymen Hymenee Une amour mutuelle Joindra perpétuelle

L'espouse avec l'espoux, Et la chaste Cyprine Bruslera leur poictrine De son feu le plus doux.

O Hymen Hymenee

O nuict bien fortunée.

Point ne sera stérile

Ceste couche fertile, Couche qui nous sera Mainte heureuse gesine Car la chaste Lucine La favorisera.

O Hymen Hymenee

O nuict bien fortunée.

Lucine secourable

Luy sera favorable, Comme ja tant de fois Nostre Juno seconde Elle a rendu féconde Au Juppiter François.

O Hymen Hymenee

O nuict bien fortunée.

Los fils dès leur bas aage Porteront au visage Le portraict paternel :

Les filles sur leur face Rapporteront la grâce Et l'honneur maternel.

O Hymen Hymenee

De cette race heureuse Sur toutes généreuse Nos enfans et nepveux D'une longue mémoire Raconteront la gloire A ceux qui naistront d'eux.

O Hymen Hymenee

O nuict bien fortunée.

L'aigle dessous son aile N'esclost la colombelle Les animaux peureux Des fiers lyons ne naissent Et les couards ne laissent Des enfans généreux.

O Hymen Hymenee

O nuict bien fortunée.

De ce saint mariage

Tout sinistré présage

EPITHALAME

Soit escarté bien loin Puis que de ceste heureuse Douce nuict amoureuse Le ciel a pris le soin O Hymen Hymeneo O nuict bien fortunée.

La chaste Cytheree

Y vienne ceinturée :

Et les petits amours

Y volettent sans cesse Autour de la Princesse En mille et mille tours.

O Hymen Hymenee D'estoiles couronnée Qui plus que le jour luict :

Nuict que la Cyprienne Advouë toute sienne O bienheureuse nuict.

O Hymen Hymenee O nuict bien fortunée.

Phœbus, soit qu'il esclere Dessus notre hémisphère, Ou soit que de son feu L'autre monde il resveille, Une couple pareille N'a point encore veu.

LA MUSIQUE Pour son renom rendre clair et insigne Il n'eust sçeu mieux sa valeur esprouver, Et si neust peu au ciel même trouver De sa vertu recompense plus digne.

LE POETE Ici la blondelette

Faite plus merveillette Ses deux lèvres ferma :

Puis d'une voix guerrière Camille la dernière Ces beaux vers anima.

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