‹ Translations, inscriptions et poésies diversesChapitre 4 sur 72 · CAMILLE · texte numérisé non relu

CAMILLE

Telle que l'ancienne Camille Ausonienne Superbe apparaissoit,

Lorsqu'avecques les armes La presse des gendarmes Hardie elle froissoit.

Io, io, victoire, Io, triomphe et gloire.

Telle contre les vices

Au milieu des délices Porte le chef vainqueur Ceste Minerve forte Qui sur sa face porte Une chaste rigueur.

Io, io, victoire, Io, triomphe et gloire.

L'honneur est son pennache, La chasteté sa hache :

Et l'amour vertueux Est sa Méduse énorme Qui en pierre transforme Le vice monstrueux.

Io, io, victoire, Io, triomphe et gloire.

De ce mesmc lignage

Le ciel pour tesmoignagc D'un nouveau siècle d'or, Deux Minerves nouvelles Non moins doctes que belles Nous a fii ici naistre encor.

Io, io, victo Te, Io, triomphe et gloire.

L'une est la Navarroise, L'autre la Ferraroise, Ornement de leurs ans.

Qui entre les Princesses Ressemblent deux Déesses Ou deux astres luisans.

Io, io, victoire, Io, triomphe et gloire.

Mainte Princesse encore Par les lettres décore Son sexe et son renom :

Mais nostie Marguerite Sur toute autre mérite De Minerve le nom.

Io, io, victoire, Io, triomphe et gloire.

Telle vierge estoit digne,

Pour sa valeur insigne, D'avoir ce second Mars :

EPITHALAME rr

Ce prince tant adextre, Que Beilone fit naistre Au milieu des soldars.

Io, io, victoire, *Io, triomphe et gloire.

Sa virile jeunesse

N'a suyvi la molesse Des lascifs courtisans '■ Il n'a parmi les Dames Les plaisirs et les flammes, Perdu ses jeunes ans.

Io, io, victoire, Io, triomphe et gloire.

Mais il a sur la dure, Et. sous la couverture Des pavillons appris, Qu'en la poudreuse plaine C'est avecques la peine Qu'on emporte le pris.

Io, io, victoire, Io, triomphe et gloire.

Dessous ce grand Auguste Il a poussé robuste Ses vertus en avant, Il a pris sa doctrine Dessous la discipline D'un maistre bien sçavant.

Io, io, victoire, Io, triomphe et gloire.

Je ne sçay quelle audace Se lit dessus 'sa face; Avec une douceur, Qu'on y voit apparoistre Qui fait assez cognoistre La grandeur de son cœur.

Io, io, victoire, Io, triomphe et gloire.

Donnant bien cognoissance Du lieu de sa naissance, Noble entre les humains, Qui a produit au monde, Comme mère féconde Tant d'Empereurs Germains.

LA MUSIQUE

Mars l'a nourri au milieu des alarmes, Pallas en elle a montré son sçavoir :

Celuy qui veut gloire immortelle avoir Doit assembler les lettres et les armes.

LE POETE

De ces douces merveilles

Ravirent les oreilles

Ces vierges : et alors

De sa diserte langue

Ceste belle harangue

Mercure mist dehors.

Son caducée embrassent

Deux serpens, qui s'enlacent

Se joignant par le bout :

Son chef porte deux ailes,

Deux ses plantes isnelles

Qui le portent partout.

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