‹ Translations, inscriptions et poésies diversesChapitre 46 sur 72 · SUR LA STATUE DE DIDON PRIXS DAUSONE · texte numérisé non relu

SUR LA STATUE DE DIDON PRIXS DAUSONE

Passant, je suis de Didon la semblable, Tirée au vif d'un art emerveillable.

Tel corps j'avoy non l'impudique esprit. Qui saintement par Virgile est descrit : Car oncq' Enee, onques les nefs Troyennes Ne prindrent port aux rives Libyennes.

Mais pour fuir d'Iarbe la fureur.

Mon estomac pudique n'eut horreur Du chaste fer dont je fus transpercée.

Non d'une rage, ou amour offencee.

De telle mort me plaist bien le renom, Puisquen vivant je n'ay blessé mon nom. J'ay veu mes murs et j'ay vangé Sichee Puis de ce fer ma poitrine ay fichée.

Qui t'avoit doncq' ô Virgile, incité D'estre envieux sur ma pudicité ?

Croyez, lecteurs, cela que les histoires Ont dit de moy, non les fables notoires De ces menteurs, qui d'art laborieux Chantent l'amour des impudiques Dieux, Appropriant à la divine essence Des corps humains l'imparfaite naissance.

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