AU PREMIER LIVRE
Virgil. 6. Eglog. Namque canebat uti
magnum, etc. fueil. il. p. 2.
Car il chantoit comment par la vague du monde Les semences du feu, de la terre, et de l'onde S'assemblèrent en un, et comment toutes choses De ce commencement furent premier escloses. Comme la terre fut de la mer séparée.
Se formant peu à peu toute chose créée.
Lucain au 2. de la guerre Pharsal.
Sire parens rerum, etc. fueil. II. p. 2.
Soit que nature, lors que le monde difforme, Se retirant le feu, prit sa première forme, Establist pour jamais les causes éternelles De tout ce^ qui est, mesmes sujecte à elles Bornant d'un cours fatal ceste grand' masse ronde Par siècles ordonnez qui gouvernent le monde.
Virgil. 6. de l'Eneid. Cui talia fanti, etc. fueil. 12, p. 2.
Parlant ainsi au devant de la porte, Sa face n'eut les traicts de même sorte, Xi mesme teinct : ses cheveux hérissez Dessus le chef ne se tindrent pressez,
Ain.- sa poictrine haletante de rage Horriblement lui grossit le courage ; Ceste fureur plus grand forme luy donne, Rien de mortel sa langue plus ne sonne, Lorsque le Dieu en sa poictrine enflée Sa deité de plus près est soufflée.
Et après.
.1/ Phœbi nondum patiens, etc.
Mais de Phœbus la grand'prestresse enrage Par la caverne, et d'autant que la rage Qui l'aiguillonne, elle \ eut surmonter. D'autant plus fort elle se sent douter, Le cœur despit et le parier félon Rengez par force au plaisir d'Apollon.
JuvENAL, 6. Satir. S-pectant subeuntem, etc. fueil. 13. p. 1.
Elles contemplent Âlceste,
Qui d'un magnanime geste S'ose à la mort présenter, i'i;ir son mari racheter :
Mai i telle recompen: e Leur fut permise, je pense Que perdre elles voudroyent bien ! es leurs pour un petit chien.
Properce. Fcelix Eois lex funeris, etc., fueil. 14, p. 1.
Heureuïe Joy funèbre aux maris nue l'Aurore De ^es chevaux colore !
Car estant mis le feu pour les obsèques faire
Dans le lict mortuaire, De- espouses adonc la tourbe eschevelee,
Pi ur \ ivre estre bruslee Pieteuse combat. C'est honte de survivre,
El son mari ne suivre.
Celles qui ont vaincu, se jettent violentes
Dans les flammes ardentes, Et a\c< leur- maris bruslent de grand courage Visage sur visage.
Lucre, livre I. /Eneadum genitrix, etc. fueil. 23, p. 1 et
O la mère d'Enee, ancestre des Romains La seule volupté des Dieux et des humains,
Qui peuples l'air, la terre et la mer navigable, Et tout cela qui est sous le ciel habitable, Saincte et grande Venus, d'autant que ton amour Fait que tous animaux viennent en ce beau jour, Les nues et les vents, ô Déesse, te fuyent, La campagne en fleurit, et les ondes en rient, Et la mer qui par loy douce et calme se rend, Luit dessous ta clarté, qui sur elle s'estend.
Et peu APRES Qnœ quonîam rerum naturam, etc.
Et pour re que toy seule entretiens la nature, Et que sans toy ne sort aucune créature, Aux i ayons du beau jour, et que rien entre nous Ne peut estre sans toy, qui soit aymable et doux : Pource ta deité maintenant je désire Estre compagne aux vers, que je pretens d'escrire.
PON'TAN. I; de l'Uranie.
His Cytherea suit m posait, etc.
Là Cytheree fit son astre e^tincelcr, Astre, duquel conçoit la mer, la terre, et l'air : Et dont tous animaux à procréer s'incitent, Et d'un doux mouvement secrettement s'agitent.
AU MESME LIVRE, fueil. 30, p. 2
Ordine certo fert natura vices, etc.
Par un ordre certain toutes choses se muent, Et par ordre certain les Astres se remuent. Causant divers effets, et parfaisans leurs cours, Comme il est ordonné, font leurs tours et retours. Les elemens leur font devoir d'obéissance, Et craignent violer la loy de leur puissance. Voilà comment du ciel la nature despend Et aux lois qu'il escrit humble et serve se rend.
LE MESME AUTHEUR aux Météores, fueil. 30, p. 2. Principio genus omnc anhudntutn, etc.
Pour le commencement, tout cela que nous sommes De poissons, et d'oyseaux et de bestes et d'hommes. Toute herbe florissant, tout haut arbre croissant, Est des quatre elemens en ce monde naissant. Aussi tous animaux de là prennent leurs vies, Et là, quand par la mort leurs âmes sont ravies,
Se réduisent encor : mais leurs commenccmens
Demeurent éternels es premiers elemens :
Ou soit que leurs vertus es choses ils respandent,
Soit qu'ils cèdent leurs droits, ou qu'ils les redemandent.
Ou soit que rechangez d'un désir mutuel,
Ils varient entre eux leurs cours perpétuels :
De là toute semence est au monde éternelle,
Eternelle d'autant que la cause en est telle.
L'homme des elemens tient ses complexions,
Comme donnant la loy à nos affections :
Eux sont sujects au ciel, et cela qu'ils nous donnent,
Comme leurs souverains, les Astres leur ordonnent.
AUX MESMES METEORES, fueil. 31, p. I Précipite tamen iii gremio, etc.
Le soleil toutesfois exerce sur la terre Son principal pouvoir, de laquelle il desserre Les semences de tout, l'herbe convertissant En fueilles, et tirant le bouton florissant Du rameau, du bouton l'odorant fruict nous donne Qui avecques le temps sa verdeur assaisonne : En espics hérissez il fait les bleds heureux, De pampre il revestit les raisins plantureux. Tout naist, tout croist par Iuy, et toute créature De cela qu'il produit emprunte sa pasture : Mesme il attire à soy les terrestres vapeurs, Lesquelles il résout en diverses humeurs : En rosée abreuvant la campagne altérée En espesse bruine, ou en pluye azurée.
AUX MESMES METEORES, fueil. 31, p. I
Nimque fer obliquum, etc.
Car les astres errans font cinq cours tous dn-crs Par l'oblique rondeur de ce grand Univers, Et îoulcnt opposez par les Astres insignes, Qui sont vulgairement nommez les douze Signes. Ils ont pour gouverner le Soleil radieux, Le Soleil souverain des hommes et des Dieux, Des longs siècles auteur, de toutes choses père, Qui ciel, et terre, et mer de ses rayons esclaire La Lune l'accompagne, ornement de la nuict, Qui d'une autre clarté douteusement reluit : Dont le père Océan et Thetis la chenue Révèrent estonnez la puissance cognuc
Sur toute la grand' mer, qui ses tours et retours Reigle selon la Lune au variable cours.
De là prennent leur suc les semences des choses, Et de là les humeurs dans nos veines encloses Coulent par tout le corps : de là le sang espars Par les membres molets discourt de toutes pars, Attendrissant les corps d'une influence humide, Pour autant que la Lune au corps humain préside. Le soleil donne vie, agite, et sa chaleur Distille dans les os sa céleste vigueur ; Bref le Soleil sur nous fait office de père. Comme la Lune aussi fait office de mère : Qui d'un char vagabond errant1 de çà, de là, Or' s'attache à ceux-ci, ores laisse ceux-là : Et des Dieux implorans la puissance éternelle, La renverse sur nous, d'une amour maternelle.
FRACAST. in Siphil. fueil. 52, p. 1 /;/ ftrimis tum sol. rutilus, etc.
Premier le clair Soleil, et les Astres aussi Changent la terre, l'air et la mer tout ainsi Comme ils changent de place. Ainsi les elemens Transforment leurs grands corps en divers changemens. Considèrent comment, lorsque le Soleil tourne Ses chevaux au Midi, et de nous se destourne, La terre s'endurcit par l'hyver froidureux, Et couverts de frimats sont les champs plantureux. Et les fleuves encor' bridez de froide glace Arrestent de leurs cours la vagabonde trace Aussi quand de plus près il nous va regardant Sur les champs, sur les bois va les flammes dardant. Sur les prez altérez : et la plaine poudreuse Esprouve de l'esté la force chaleureuse : Et ne faut point douter que l'honneur de la nuict, La Lune, qui au ciel d'un front doré reluit, A laquelle obéit la mer, et toute chose Laquelle dedans soy a quelque humeur enclose : L'Astre Saturnien de tous le plus nuisant Et l'Astre Iovial plus doucement luisant, Le beau feu de Venus, Mars, et toute la bande Des autres feux du ciel, ici-bas me commande : D'un tour perpétuel -changeant les elemens, Et causent çà et là plusieurs grands mouvemens. Surtout quand en un lieu plusieurs d'eux se conjoignent Ou quand d'un divers cours l'un de l'autre ils s'éloignent.
IJ4 (KrYRKS COMPLÈTES DE J. DTT BELLAY
Pont. i. de l'Uranie, fueil. 35, p. 1. Stellœ sefisibus afficiwit variis variosque agitatus, etc.
Le ciel donne aux esprits diverses passions, Diverses volontez, et inclinations A mestiers tous divers, et chaque créature Son esLude et plaisir apporte de nature. Le vouloir toutesfois, où la nécessité Changeant souvent le cours de la fatalité : (( Et souvent nous voyons demeurer sans rien faire a Un bon esprit qui a la pauvreté contraire. » Le destin neantmoins ne s'esmeut pour cela. Ams planté fermement s'arreste tousjours là, Et la nature encor pour quelques actions Ne remonte jamais à ses affections Soit en bien, soit en mal, ains retourne facile Aux choses où elle est volontiers plus habile. S'elle trouve passage, et le contraire effort Des astres opposez ne se trouve plus fort.
HOMER. Odyssée. A. fueil. 90, p. 2 Ten de met? ifhimedeian alors fafacoitin, etc.
Euphimedic après ceste-ci j'apperçou, La femme d'Aloé, disant avoir conçeu De Neptune deux fils, auxquels jadis la vie En la fleur de leurs ans avoit esté ravie : Le fameux Ephialte, et Ote de grand co ur, Que la terre fit croistre en extresme longueur, Et après Orion leur donna l'advantage Sur tous autres humains en beauté de visage. Ils n'avoyent que neuf ans, et si avoyent adonc Neuf coudes de largeur, et neuf brasses de long Ils menassoyenl les Dieux d'une soudaine guerre Ils vouloyent pour le ciel asservir à la terre Mettre Osse sur Olymp', voire plus courageux Dessus Osse planter Pelion l'ombrageux Et l'entrepris^ à chef (peul estre) eussent menée S'ils eussent peu toucher la quatorzième année : Mais celui qu'enfanta 1. atone aux beaux cheveux Le fils de Jupiter les fit mourir tous deux. Ains que du premier poil la toison colorée Eust frizé leur menton d'une barbe dor.ee.
HOMER. Iliad. fueil. 65, p. 1 Presbalios (thygater). Ate} he fantas aâtee, etc.
La fille à Jupiter, Aie la redoutable,
Ate pernicieuse, à chacun dommageable,
Ses pieds sont tendrelets, et ne va point touchant
La terre, ains elle va sur nos testes marchant :
Nous trouble, nous séduit, nous fait dommage extresme.
La cruelle osa bien contre Jupiter mesme
Exercer autrefois son courage odieux,
Bien qu'il soit le meilleur des hommes et des Dieux.
LES VERS CITEZ AU SECOND LIVRE