‹ Translations, inscriptions et poésies diversesChapitre 70 sur 72 · BELLIN · texte numérisé non relu

BELLIN

Mais qu'est-ce que je sens? las, je voy, ce me semble. Au bord de ce ruisseau, à l'ombre de ce tremble Quelque divinité: car une horreur je sens,

Qui me fait hérisser, et chanceler mes sens: Une froide sueur s'escoule dans mes veines, Qui me glace le sang, les choses ne sont vaines.

THOINET

Le présage est certain, car je sens comme toy Rouler une frayeur haut et bas dedans moy : J'ay crainte que ce jour ne couve que tristesse.

BELLLN

Hà, Thoinet, je la voy, hà, c'est une Déesse,

Je recognoy ces pas, son visage et sa voix:

Il y a du malheur espandu par ces bois,

Car elle est des Bergers messagère fidelle,

Mais tousjours apportant quelque triste nouvelle.

THOINET

Hà, Pan, Dieu des forests, oncques je n'eus ceste heur

De recevoir de toy quelque douce faveur,

Contre le ciel despit ta puissance est mal heure :

Nous avions entrepris de chanter par gageure

L'un à l'autre à l'envy, mais tousjours le destin

Sur le poinct du plaisir nous tranche le chemin.

BELLJN

Approchons, mon Thoinet, les dieux sont accostables, Nous entendrons au vray ces plaintes lamentables.

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