TARIFS SPÉCIAUX POUR VOYAGEURS
Ces abaissements exceptionnels, et affranchis de la condition réglementaire d'une durée de trois mois, ne sont pas non plus soumis à Thomologation régulière, dont les formalités ne permettraient pas aux décisions d^intervenir en temps utile. Les compagnies sont tenues, seulement, de prévenir le ministre et le service du contrôle, qui peuvent s'opposer, s'il y a lieu, à la mise en marche du train. Il est difficile de contester que ces tolérances constituent des infractions aux prescriptions formelles du cahier des charges ; mais, en admettant qu'il y ait ainsi des services placés, en quelque sorte, en dehors du service régulier, on a pu mettre certains voyages â la portée des classes les moins riches, sans donner aux abaissements une extension ruineuse pour les chemins de fer.
Il ne nous reste à parler que des tarifs spéciaux établis aii profit exclusif des voyageurs exerçant certains métiers ou voyageant dans un certain but. Rien, dans le cahier des charges, n'empêche d'adopter des tarifs de ce genre, car on né peut pas dire que l'on commette une inégalité de traitement, du moment où la réduction est accordée, sans distinction, à tous ceux qui exercent une même profession ou voyagent pour le même objet. Seulement, le contrôle est fort difficile, la définition précise des cas d'application très délicate, et c'est ce qui a empêché d'aboutir, jusqu'ici, les propositions de cette nature faites, par exemple, pour les voyageurs de commerce. Les seuls tarifs de ce genre en vigueur sont ceux qui ontpour but d'attirer les émigrants dans nos ports, ou bien les abonnements à prix réduit pour les élèves des écoles, et surtout pour les ouvriers, dans la banlieue des grands centres industriels.
Les billets d'ouvriers comportent souvent des réductions énormes ; le prix d'un abonnement hebdomadaire, comportant 14 voyages, est souvent compris entre les prix de là 3 voyages ordinaires ; on descend donc à des bases d'un centime ou
même d'un demi-centime par kilomètre. Ces prix très bas, demandés par l'administration dans l'intérêt de l'hygiène, pour permettre aux ouvriers de se loger en dehors des aggloméralions industrielles, sont consentis par les compagnies, même lorsqu'ils sont ù peine rémunérateurs, tant dans un intérêt d'humanité, que parce qu'ils contribuent à la prospérité des usines qui leur fournissent du trafic. La jouissance en est généralement surbordonnée à la production de certificats du maire ou du patron. Souvent aussi, les compagnies accordent la réduction à tous les voyageurs qui font usage de certains trains spéciaux circulant, le matin notamment, aux heures où les ouvriers se rendant à leur travail sont presque les seuls voyageurs. Il existe, en Angleterre, des trains ouvriers dans la banlieue des grandes villes, dans lesquels le parcours â toute distance coûte un penny, et qui ont donné de bons résultats.
On ne doit pas rattacher aux tarifs spéciaux la réduction dos prix au quart du tarif légal, stipulée au profit des militaires et marins par le cahier des charges, et qui leur assure un traitement presque toujours plus avantageux que celui ([ui résulterait des tarifs spéciaux. Le cahier des charges prévoit également que des réductions pourront être accordées aux indigents^ sans que le principe d'égalité de traitement y mette obstacle. Une réduction de 50 pour 100 est accordée, en pratique, à tous les indigents dont le voyage est payé par l'administration, parles institutions de bienfaisance, ou même par des personnes charitables.
En dehors de ces cas, prévus par les tarifs homologués ou par le cahier des charges, toutes les compagnies délivrent normalement des bons de demi-place aux instituteurs primaires, aux membres des congrégations enseignantes, ainsi qu'aux groupes d'un certain nombre de membres de sociétés chorales ou de gymnastique, de délégués se rendant à des congn>s scientifiques, etc., etc. Chaque compagnie accorde la