TARIFS ÉTRANGERS
OÙ ces tarifs sont contenus, ne donne qu'un faible moyen de se guider dans ce dédale. Comme ils contiennent presque exclusivement des prix fermes, tout travail général de comparaison serait inextricable. Une refonte qui apportera un peu plus d'ordre et de clarté est en cours, et môme assez avancée en ce qui concerne le groupement des marchandises similaires dans des tarifs de môme numéro. Mais l'adoption de formules plus simples, pour la détermination des prix, présente des difflcultés que Ton n'a pas pu surmonter entièrement jusqu'ici. Cependant l'établissement de barèmes communs à plusieurs réseaux, pour certaines marchandises importantes, tend à se multiplier depuis quelques années.
VIII. — Tarifs appliqués aux marchandises dans quelques pays étrangers. — L'étendue des développements dans lesquels nous avons dû entrer, pour présenter seulement un aperçu de la tarification en vigueur en France, montre combien il serait difficile de donner rapidement une idée des tarifs des divers pays étrangers. Par la nature môme des choses, les tarifs de chaque pays présentent une telle diversité, que la prétention de dresser un tableau général de comparaison serait absolument chimérique.
D'un autre côté, la comparaison des prix moyens payé par tonne et par kilomètre, que nous avons indiqués, pour quelques pays, dans le tableau de la page 385, est absolument dénuée de force probante, parce que les éléments qui composent le trafic ne sont pas les mômes. Selon que les marchandises de faible valeur transportées à bas prix occupent, dans le trafic total, une place plus ou moins prépondérante, que les parcours sont plus où moins longs, les mômes tarifs peuvent donner un prix moyen beaucoup plus bas ou beaucoup plus élevé. Il faut remarquer, en outre, que la connaissance de la taxe moyenne n'apprend rien, si on ne connaît pas les opérations effectuées et les services rendus moyennant cette taxe; or
rimportance de ces opérations et de ces services varie beaucoup avec les conditions des tarifs et les habitudes commerciales : la vitesse des transports, retendue des responsabilités, la part prise par le chemin de fer dans les opérations accessoires de manutention, de magasinage, de camionnage, etc., n'est pas la même dans tous les cas; la rémunération reçue pour ces services accessoires est plus ou moins élevée, elle est tantôt comprise dans le calcul de la taxe moyenne, tantôt laissée en dehors, en sorte que les prix moyens accusés par divers chemins de fer sont très loin de donner une idée des charges supportées par le public pour obtenir les mêmes sei'vices.
On ne saurait donc se mettre trop en garde contre les généralisationshâtives en ces matières. Des comparaisons multiples faites entre les tarifs applicables aux mômes produits, dans lesprincipalesdirections, en tenant comptedesfraisaccessoires et des conditions d'application des tarifs, peuvent seules permettre de se faire une idée de la question.
D'une étude approfondie faite dans son traité des chemins de fer, qui est l'autorité la plus considérable en la matière, M. Picard concluait, en 1887, que nos tarifs étaient, dans l'ensemble, plutôt inférieurs que supérieurs à ceux de l'Allemagne et de l'Autriche, un peu inférieurs à ceux de l'Italie, et notablement plus bas que ceux de l'Angleterre et de Suisse; seule, la Belgique avait sur nous un avantage marqué, qu'elle avait pu cfbtenir sans surcharger son budget, grâce au coût peu élevé des lignes dans ce pays peu accidenté et à l'abondance du trafic. Depuis celte époque, il semble que les réductions ont été plus importantes en France que dans les pays voisins.
Les Ëtats-Unis, où d'une part la majeure partie du trafic se compose de trains complots à très grande distance, et où d'autre part la concurrence est poussée si loin que la majorité des compagnies ne peuvent pas rémunérer leur capital, paraissent avoir des prix moyens très bas. Mais les inégalités