TARIFS
aux relations postales entre tous les pays d'Europe et d'Ame rique, ainsi qu'à une partie de TAsie, de l'Afrique et de l'Océanie. Le prix est de 0 fr.2o pour une lettre. L'affranchissement se fait en timbres du pays d'origine et, sauf dans quelques cas exceptionnels, chaque pays garde les recettes ainsi faites; les frais dos transports intermédiaires sont seulement payés par le pays d'origine aux pays traversés. Un bureau international, créé à Berne, assure l'unité du service dans tous les pays de l'union postale.
Le service télégraphique international est également réglé par des conventions ; le prix des télégrammes se compose des taxes terminales revenant aux pays d'origine et de destination, et des taxes de transit afférentes aux lignes intermédiaires. Il s'élève à mesure que le nombre des territoires traversés augmente; il monte même à des chiffres très élevés, pour les transmissions par câble à grande distance. Le prix, par mot échangé avec la France, est actuellement de 0 fr. 123 pour la Belgique ou la Suisse; 0 fr. lo pour l'Allemagne ;
0 fr. 20 pour l'Autriche, l'Espagne, le Portugal, l'Italie, l'Angleterre ; 0 fr. 2o pour rAutriche-Hongrie ; 0 fr. 40 pour la Russie; 1 fr. 25 pour New-York ; 1 fr. 90 pour la Californie ; 5 fr. 34 pour Buénos-Ayres ; 8 fr. 10 pour la Gualoupe ;
1 fr.63 pour Alexandrie ; 4 fr.50 pour les Indes ; 3 fr. O'ïo pour Saigon ; 6 fr. 73 pour Shangaï.
L'élévation des prix, pour les transmissions par câble, se justifie par les frais considérables qu'entraîne l'établissement de ces câbles. Ceux qui relient Marseille à Alger ont coûté chacun 1.800.000 francs, soit environ 2.100 francs par kilomètre. Entre la France ou l'Angleterre et les États-Unis, chaque câble représente un capital de 13 à 18 millions, soit environ 3.000 francs par kilomètre. Les compagnies qui les possèdent se conforment, pour leur service, aux conditions arrêtées par les conférences internationales, auxquelles plusieurs d'entre elles participent.
111. — Trafic, dépenses et recettes. — Le service des postes et télégraphes occupe, en France, 76.000 agents. Il a transporté, en 1896, près de 900 millions de lettres et cartes postales, un milliard d'imprimés, échantillons, etc. Il a transmis 40 millions de télégrammes, et a délivré des mandats pour "50 millions de francs.
Ses recettes et ses dépenses se chiffrent ainsi qu'il suit :
RocvttPS :
I Postes 17i millions
^ ) Télégraphes 38 —
France , j^^^^p^ones 1:2 -
Articles d'argent 8 —
Algérie, poste et télégraphe 5 —
Total. . . 235 millions
Dépenses :
^, . , . , i France 132 millions
Service général , , , .
^ Algérie 5 —
Téléphones 19 —
Subventions aux services maritimes 26 —
Remboursements, restitutions, non-valeurs. . 6 —
Total. ... 188 millions
Ces chiffres feraient ressortir un bénéfice net de 17 millions. Mais, pour obtenir les résultats financiers réels du service, il faut leur faire subir certaines corrections.
Remarquons, d*abord, que les dépenses d'étahlissemeul des lignes télégraphiques se. confondent, chaque année avec les dépenses d'exploitation. C'est ainsi, par exemple, que les dépenses du service téléphonique, en 1896, comprennent 6 millions pour le paiement du solde du prix de rachat des réseaux pjîvés. Mais il n'y a pas lieu de faire de déduction de ce chef, parce que, si on mettait à part le compte d'établissement, il faudrait faire état, dans les charges annuelles.
RECETTES ET DÉPE/NSES 555
des intérêts du capital représenté par le réseau télégraphique et téléphonique et par le matériel des postes, capital qui peut atteindre 300 millions. Le réseau télégraphique, à lui seul, a coûté environ 180 millions, pourlOo.OOO kilomètres de lignes, portant 403.000 kilomètres de fil. Les 235 kilomètres de tubes pneumatiques existant dans Paris ont coûté 10 raillions. C'est parce que les dépenses d'établissement de ces réseaux ont figuré au budget ordinaire qu'on peut les considérer comme amorties, à charge de maintenir la môme imputation pour les dépenses nouvelles de mémo nature.
Mais d'autres rectifications devraient être apportées dans les comptes. La gratuité des transports par chemin de fer représente une subvention annuelle de 43 millions, qui retombe, d'un autre côté, à la charge du budget, sous forme de garanties d^intéréts ou de subventions, allouées aux compagnies, pour partie, en compensation des charges qu'on leur imposait dans l'intérêt des services publics. Les retraites payées aux agents des postes, sur les crédits afl*ectés au service de la dette publique, excèdent les retenues faites sur leurs traitements de 7 millions environ. Par contre, nous avons vu que les sommes payées aux services maritimes, qui figurent au budget de la poste, sont loin d'être dépensées uniquement dans l'intérêt du service postal ; elles ont, pour les quatre cinquièmes au moins, le caractère de véritables encouragements donnés aux lignes régulières de paquebots, bien plus que celui de rémunération du service rendu.
Enfin, il ne faut pas oublier que la poste transporte gratuitement les papiers de tous les services publics; le concours qu'elle leur prête ainsi paraît se chiffrer par une charge d'environ 20 millions, d'après un rapport sur le budget.
Il faudrait donc, pour établir le bilan exact du service, ajouter cette somme à ses recettes; il faudrait aussi, d'une part, grossir ses dépenses de 50 millions, pour tenir compte dos subventions indirectes qu'il reçoit des chemins de fer et
du chapitre des pensions civiles, et d'autre part, les diminuer d'une vingtaine de millions, pour tenir compte de celles qu'il donne à la marine marchande. Dans ces conditions, on arrive à trouver que Técart entre les recettes et les dépenses rectifiées est négligeable.
Ainsi, au total, ce service, en France, coûte à peu près à l^Etat autant qu'il lui rapporte. La taxe uniforme est largement rémunératrice partout où le trafic est intense ; mais son produit est inférieur à la dépense qu'entraîne la distributioo régulière dans les hameaux dispersés. Dans Tensemble, le service des lettres est lucratif; mais celui des journaux et imprimés est très onéreux, et celui des télégraphes paraît l'être également.
UQtl
Depuis l'adoption de la taxe unique, les tarifs postaux ont subi chez nous diverses modifications, qui ont réagi dans une large mesure sur les recettes. Fixé à G fr. 20 au début, le prix des lettres avait été porté à 0 fr. 25 en 1871. En 1877, le service des postes et des télégraphes donnait 139 millions de recettes brutes, pour 92 millions de dépenses, soit 47 millions de recettes nettes apparentes, comme aujourd'hui. En 1878, la taxe des lettres échangées entre bureaux différents a été réduite à 0 fr. 15, et quelques autres réductions ont été opérées. Le nombre des lettres, qui était de 390 millions en 1877, a passé à 440 millions en 1878, à 490 millions en 1879, à 530 millions en 1880 et à o9o millions en 1881. Ce n'est qu'en 1880, toutefois, que Ton a retrouvé irne recette brute égale à la recette ancienne ; l'augmentation de dépenses corrélative du développement du trafic a été telle, qu'il a fallu dix années pour que la recette nette remontai au chiffre atteint avant la réduction des prix.
Depuis cette époque, les recettes ont continué k croître, en moyenne, de 5 millions par an. Mais les dépenses ont augmenté dans la même proportion, de sorte qu'en 1896, nous